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Full text of "L'art du livre; étude sur quelques-uns des dernières créations en typographie, ornamentation de textes, et reliure, exécutées en Europe et en Amérique"

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L'ART  DU  LIVRE 


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LART 
DU  LIVRE 


ÉTUDE  SUR  QUELQUES-UNS  DES 
DERNIÈRES  CRÉATIONS  EN  TYPO- 
GRAPHIE. ORNAMENTATION  DE 
TEXTES,  ET  RELIURE,  EXÉCUTÉES 
EN  EUROPE    ET  EN  AMÉRIQUE 


REDACTEUR  :  CHARLES  HOLME 


MCMXIV 

..LE  STUDIO"  LTD. 

LONDRES,  PARIS,  NEW  YORK 


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H  75 


anô^'i 


NOTE  PRÉLIMINAIRE 

▼  E  REDACTEUR  tient  à  exprimer  ses  remerciements  aux  per- 
I  sonnes  ci-dessous  désignées,  qui  lui  ont  prêté  leur  obligeant  con- 

I  cours  pour  la  préparation  de  ce  volume  :  MM.  les  Administra- 

"      ^   teurs  delà"  Kelmscott  Press", qui  l'ont  autorisé  à  reproduire 
les  pages  composées  avec  les  trois  sortes  de  caractèresdessinéespar  William 
Morris,  et  M.  Emery  Walker,  qui  lui  a  offert  sa  précieuse  collaboration 
pour  la  reproduction  des  caractères  grecs  Proctor  ;  M.  Lucien  Pissarro, 
qui  lui  a  permis  de  reproduire troispagescomposéesàla  "Eragny  Press"; 
M.  C.  H.  Stjohn  Hornby,  grâce  auquel  une  page  a  été  composée  spéciale- 
ment à  la  "  Ashendene  Press  "  pour  ce  volume  ;  M.  Philip  Lee  Warner, 
pour  l'autorisation  de  reproduire  deux  pagesde  la  "  Riccardi  Press"  ;  MM. 
Chatto  et  Windus,  pour  la  page  de  la " Florence  Press"  ;  MM.  Methuen 
et  Cie,  pour  la  page  imprimée  en  caractères  "Ew^ell"  ;  MM.  H.  W. 
Caslon  et  Cie,  pour  la  page  composée  avec  leur  nouveau  caractère 
"Kennerley  "  ;   MM.  P.  M.  Shanks  et  fils,  pour  la  page  en  caractères 
"Dolphin";    M.   F.  V.   Burridge,  pour  les   deux   pages  composées 
spécialement  à  l'Ecole  centrale  des  Arts  et  Métiers  de  Londres  ;   MM. 
George  Allen  et  Cie,  pour  la  reproduction  de  deux  pages  dessinées  par  M. 
WalterCrane;  M.  PercyJ. Smith, pour l'en-têtecomposépar lui;  la"Cu- 
alaPress",la"VincentPress",la"ReigatePress",M.B.T.Batsford,MM. 
J.  M.  Dent  et  fils,  MM.  George  Routledge  et  fils,  MM.  Siegle,  Hill  et 
Cie,  pour  l'autorisation  de  reproduire  diverses  pages  de  leurspublications  ; 
et  M.  J.  Walter  West,  pour  la  reproduction  de  deux  pages  dessinées  par 
lui.  JCLe  rédacteur  doit  également  des  remerciements  aux  divers  relieurs 
qui  lui  ont  prêté  des  volumes  pour  ses  illustrations,  et  à  M.  Emile  Lévy, 
qui  lui  a  prêté  des  photographies  de  reliures  de  M.  Douglas  Cockerell  ;  à 
M.John  Lane,  qui  l'a  autorisé  à  reproduire  des  dessins  de  couvertures 
par  Aubrey  Beardsley  ;  et  à  MM.  George  Newnes,  pour  les  pages  de 
gardedessinées  par  M.  Granville  Fell.  M  Le  rédacteur  exprime  également 
sa  reconnaissance  envers  les  éditeurs,  imprimeurs, fondeurs  de  caractères, 
relieurs  et  décorateurs  de  livres,  d'Amérique  et  d'Europe,  qui  ont 
obligeamment  mis  à  sa  disposition  les  documents  reproduits  dans  les 
divers  chapitres,  et  notamment  à  MM.  Klingspor  frères,  la  Fonderie 
Bauer,  MM.  Emil  Gursch,  D.  Stempel,  Genzsch  et  Heyse,  G.  Peignot 
et  fils,  L.  Pichon,  et  Jules  Meynial,  qui  ont  fait  composer  des  pages  de 
typographie  spécialement  pour  ce  volume. 


TABLE  DES  MATIERES 

PAGE 

La  Typographie  Anglaise  par  Bernard  H.  Newdigate  3 

La  Reliure  de  luxe  en  Angleterre  par  Douglas  Cockerell  69 

L'art  du  livre  en  Allemagne  par  L.  Deubner  1 27 

L'art  du  livre  en  France  par  E.  A.  Taylor  179 

L'art  du  livre  en  Autriche  par  A.  S.  Levetus  203 

L'art  du  livre  en  Hongrie                               231 

L'art  du  livre  en  Suède  par  August  Brunius  243 

L'art  du  livre  en  Amérique  par  William  Dana  Orcutt  259 


Vil 


GRAND  E-BRET  AGN  E 


LA  TYPOGRAPHIE  ANGLAISE.     PAR 
BERNARD  H.  NEWDIGATE 

POUR  bien  juger  en  matière  de  typographie,  il  faut  avoir  au 
moins  quelques  notions  sur  les  premières  formes  qui  ont  pré- 
cédé nos  caractères  modernes.  Jetons  donc  un  coup  d'oeil  sur 
l'histoire    de   l'imprimerie   anglaise.  JS  Les    premiers   livres 
imprimés,  tels  que  la  Bible  de  Mayence  et  les  Psautiers,  étaient  en 
caractères  gothiques,  lesquels,  d'une  manière  générale,  reproduisaient 
l'écriture  des  copistes  allemands.   Mais,  en  Italie,  le  gothique  ne  satis- 
faisait pas  aux  exigences  des  humanistes  ;  et  ceux-ci  firent  adopter  une 
écriture  où  les  majuscules  étaient  imitées  ou  tout  au  moins  inspirées  des 
lettres  romaines  anciennes,  dont  les  antiques  inscriptions  des  monu- 
ments offraient  encore  tant  d'admirables  exemples.  Pour  les  minuscules, 
ils  revinrent  au  bel  alphabet  qui,  aux  XP  et  XIP  siècles,  avait  été  petit 
à  petit  tiré  des  minuscules  carolines  du  IX%  et  était  devenu  l'alphabet- 
type  de  la  plus  grande  partie  de  l'Europe  latine.  Lorsque  les  Allemands 
Sw^eynheim  et  Pannartz  introduisirent  l'imprimerie  en  Italie,  ils  em- 
ployèrent d'abord  des  caractères  romains,  fort  beaux,  mais  un  peu  lourds, 
qui  avaient  un  aspect  gothique  très  apparent.  Il  semble,  de  fait,  que 
cet  aspect  gothique  était  un  peu  trop  marqué  pour  le  goût  raffiné 
des  humanistes  de  cette   époque  ;   et,  lorsque   ces  deux  imprimeurs 
passèrent  à  Rome,  on  adopta  des  lettres  plus  conformes  à  l'écriture  des 
hommes  de  la  Renaissance.    D'autres  imprimeurs  italiens  avaient  des 
fontes  composées  à  la  fois  de  caractères  gothiques  et  de  caractères  ro- 
mains. Le  grand  imprimeur  vénitien  Jenson,  par  exemple,  employait 
parallèlement  les  uns  et  les  autres,  ainsi  que  beaucoup  de  ses  confrères  ; 
mais  le  romain  finit  par  être  seul  adopté,  en  Italie  d'abord,  puis  en 
Espagne  et  en  France,  et  plus  tard  en  Angleterre.    D'autre  part,  en 
Allemagne,  berceau  de  cet  art,  un  gothique  dégénéré  s'est  maintenu 
jusqu'à  aujourd'hui.  Cependant,  dans  ce  pays  l'usage  des  caractères  ro- 
mains s'est  de  plus  en  plus  répandu  depuis  un  certain  nombre  d'années, 
en  dépit  des  tendances  nationalistes.  M  Le  romain  qu'employaient  les 
premiers  imprimeurs  italiens  est  donc  le  prototype  d'où  procèdent  tous 
les  autres  caractères  romains.  On  peut  suivre  les  étapes  de  son  développe- 
ment, représentées  par  les  fontes  qu'employèrent  Aldus  à  Venise,  Fro- 
ben  à  Bâle,  les  Estienne  à  Paris,  Berthelet  et  Day  à  Londres,  Plantin  à 
Anvers,  les  Elzévir  à  Leyde  et  Amsterdam,  et,  en  général,  tous  les  im- 
primeurs du  X  VIP  siècle  et  de  la  plus  grande  partie  du  X  VHP.  Pendant 
toute  cette  époque  les  caractères  conservèrent  cet  aspect  que  les  im- 
primeurs modernes  qualifient  d'ancien,*  et  qu'ils  tenaient  de  l'écriture 

*  Dans  tout  cet  article  nous  avons  employé,  à  propos  des  caractères  typographiques,  le  quali- 
ficatif "  ancien  "  par  opposition  à  "moderne"  :  ce  choix  est  justifié  par  l'ordre  historique  de  leur 


des  humanistes  de  la  Renaissance  italienne.  Au  XVIP  siècle  les  lettres 
de  l'alphabet  romain  commencèrent  à  présenter  certaines  particularités 
lorsqu'elles  étaient  tracées  par  les  graveurs  sur  cuivre  qui  illustraient 
alors  les  livres.  Employant  le  burin  au  lieu  de  la  plume,  ils  avaient,  na- 
turellement, une  ligne  plus  fine  ;  ils  modifiaient  un  peu  aussi  les  courbes 
des  lettres,  qui  devenaient  plus  tendres,  moins  arrondies.  Par  exemple, 
la  queue  de  l'R,  qui  dans  les  fontes  de  Jenson  tombe  en  formant  un  angle 
d'environ  45°  avec  la  ligne,  se  rapproche  plus  de  la  verticale  avec  cer- 
tains graveurs  du  XVIP  siècle,  comme  dans  l'R  moderne,  dont  nous 
cherchons  à  reconstituer  la  formation.  Jusqu'à  quel  point,  et  à  partir 
de  quand,  les  écritures  des  graveurs-illustrateurs  modifièrent-elles  les 
caractères  typographiques  .?  C'est  une  question  qui,  pour  qu'on  la  ré- 
solve, nécessite  encore  bien  des  recherches.  Un  témoignage  matériel 
nous  en  est  offert  par  1'"  Horace  "  qu'imprima  John  Fine  en  1733.  Le 
texte  de  ce  livre,  au  lieu  d'être  composé  en  typographie,  fut  tiré  sur  des 
planches  de  cuivre  gravées.  Comme  date,  il  précède  d'une  soixantaine 
d'années  les  premiers  livres  anglais  imprimés  en  caractères  "  genre 
moderne  "  ;  mais  on  y  peut  déjà  découvrir,  dans  la  coupe  des  lignes  et 
dans  la  forme  même  des  lettres,  beaucoup  d'éléments  caractéristiques  du 
genre  moderne.  On  verra  bien  ce  que  sont  ces  éléments,  en  comparant 
un  alphabet  genre  ancien  à  un  alphabet  genre  moderne  : 

ABCDEFGHIJKLMNOPQRSTUV 
ABCDEFGHIJKLMNOPQRSTUY 
WXYZ     1234567890 
WXYZ     123456Ï890 

abcdefghijklmnopqrstuvwxyz 
abcdefghijklmnopqrstuYwxyz 

La  tendance  "moderne  "  s'observe  dans  certains  éléments  des  caractères 

succession,  et,  pour  quiconque  n'est  pas  familier  avec  le  vocabulaire  typographique,  il  est  le  plus 
naturel.  Mais  il  est  bon  de  faire  remarquer  qu'en  typographie  française  la  véritable  désignation 
du  genre  de  caractère  que  les  Anglais  appellent  "ancien",  c'est  le  terme  "elzcvir  "  (du  nom  des 
célèbres  imprimeurs  hollandais  Elsevier).  Cette  sorte  de  fonte  n'est  pas  la  plus  employée  par  les 
éditeurs  français,  elle  est  un  peu  considérée  comme  un  caractère  de  luxe  ;  en  Angleterre,  au  con- 
traire, elle  est  d'un  usage  presque  général.     C'est  pourquoi,  bien  qu'au  fond  le  terme  "  elzévir  " 

IT^  .r^       ^''^'^^'  °"  "*'î"^  ^"  l'employant  de  faire  croire  qu'il  s'agit  d'un  caractère  spécial. 

N.  du  Tr.  '^ 


dessinés  par  Baskerville,  qui  imprima  son  premier  livre  en  1757  ;  mais 
elle  n'est  pas  aussi  prononcée  que  dans  1'  '*  Horace  "  de  Pine,  gravé 
trente-quatre  ans  auparavant.  Les  éditions  de  Baskerville  eurent  une 
vogue  énorme,  non  seulement  en  Angleterre,  mais  aussi  dans  le  reste 
de  l'Europe,  où  elles  exercèrent  une  influence  considérable  sur  le  style 
de  la  typographie  d'alors.  Parmi  ceux  qui  subirent  cette  influence,  se 
trouve  Jean-Baptiste  Bodoni,  savant  et  imprimeur  de  Parme  ;  cette  ville 
a  récemment  célébré  le  centenaire  de  sa  mort.  C'est  à  Bodoni  plus  qu'à 
tout  autre  que  l'on  doit  le  caractère  moderne.  Il  créa  un  grand  nombre 
de  fontes,  dont  les  lettres  avaient  un  "  œil  "  étroit  par  rapport  à  la  hau- 
teur, des  lignes  excessivement  fines,  et  les  courbes  et  boucles  serrées  qui 
caractérisent  ce  genre.  Comme  Baskerville,  il  imprimait  ses  livres  avec 
un  soin  extrême,  sur  de  grandes  pages,  avec  une  composition  très  massée  ; 
et,  bien  que  parfois  l'on  protestât  contre  la  laideur  de  ses  lettres,  ses  livres 
furent  au  goût  de  l'époque,  et  ses  caractères  furent  copiés  par  tous  les 
fondeurs  anglais  d'alors.  La  manière  nouvelle  supplanta  complètement 
l'ancienne,  qui  remontait  à  l'invention  même  de  l'imprimerie  ;  et,  de- 
puis lafin  du  X  VHP  siècle  jusqu'au  milieu  du  XIX^,  on  imprima  presque 
exclusivement  avec  les  caractères  "  modernes  ".  M  Les  caractères  "  an- 
ciens ",  plus  authentiques,  eurent  leur  revanche  en  1843,  lorsque  l'édi- 
teur William  Pickering  projeta  avec  son  ami  l'imprimeur  Charles 
Whittingham  de  publier  une  belle  édition  de  Juvénal  dont  les  exem- 
plaires devaient  servir  de  cadeaux  d'adieu  aux  élèves  d'Eton  ;  et  le 
livre  devait  être  imprimé  avec  le  caractère  alors  démodé  qu'avait 
créé  William  Caslon  vers  1724.  Avant  cette  dernière  époque  beau- 
coup d'imprimeurs  anglais  allaient  en  Hollande  chercher  la  plupart 
de  leurs  caractères  ;  mais  ceux  de  Caslon  surpassèrent  en  beauté 
tous  ceux  que  l'on  avait  jusqu'alors  employés  en  Angleterre,  et  ils 
servirent  aux  plus  beaux  tirages,  jusque  vers  la  fin  du  XVIIP  siècle, 
où  ils  furent  supplantés  par  les  "modernes  ".  Avant  la  publication  du 
Juvénal,  un  roman  intitulé  "  Le  Journal  de  Lady  Willoughby  ",  et 
dont  l'action  se  passait  au  temps  des  guerres  civiles,  fut  également 
imprimé  en  caractères  anciens  des  fontes  William  Caslon,  ce  qui  donnait 
au  texte  un  aspect  bien  en  rapport  avec  le  sujet.  C'était  l'époque  de 
Pugin  et  de  la  renaissance  du  gothique  ;  et  le  public  s'éprit  de  ce  livre 
imprimé  avec  les  mêmes  caractères  que  l'on  avait  abandonnés  un  demi- 
siècle  auparavant.  Les  fondeurs  sont  généralement  prompts  à  adopter 
les  modes  nouvelles  ;  et  au  bout  de  peu  de  temps  tous  les  fondeurs  anglais 
avaient  fait  établir  des  poinçons  et  fabriquer  des  caractères  ayant  cet 
aspect  analogue  à  l'ancien  modèle  Caslon,  mais  modifié,  que  l'on  appelle 
"néo-ancien  ".  M.  Adeney,  de  l'Imprimerie  de  Reigate,  a  employé  une 
fonte  "néo-ancienne"  pour  la  "Britannia"  de  Camden,  dont  un  extrait 
est  reproduit  à  très  petite  échelle  p.  ^j.   On  se  rendra  compte  de  son 

S 


aspect,  et  de  ses  différences  ou  de  ses  ressemblances  avec  le  véritable 
caractère  ancien,  en  comparant  les  deux  modèles  ci-dessous  : 

ABCDEFGHIJKLMNOPQRSTUV 

ABCDEFGHIJKLMNOPQRSTUV 

WXYZ  1234567890 
WXYZ  1234567890 
abcdefghijklmnopqrstuvwxyz 

abcdefghijklmnopqrstuvwxyz 

La  faveur  dont  l'ancien  caractère  reconstitué  et  le  néo-ancien  jouirent 
au  milieu  du  siècle  dernier  n'a  pas  diminué  depuis.  Le  caractère  mo- 
derne que  nous  a  donné  Bodoni  s'emploie  encore  presque  exclusivement 
pour  certains  genres  d'ouvrages,  et,  pour  certains  autres,  concurremment 
avec  les  caractères  anciens  et  néo-anciens  ;  de  sorte  que  l'imprimeur  est 
obligé  de  pouvoir  se  servir  des  trois  sortes.  Pour  les  livres,  actuellement, 
le  caractère  moderne  est  beaucoup  moins  employé  que  les  deux  autres. 
JS  Pendant  les  cinquante  ans  qui  s'écoulèrent  après  que  les  Whittingham 
eurent  remis  en  honneur  les  caractères  Caslon,  il  ne  se  produisit  guère 
d'événement  important  en  ce  qui  concerne  les  dessins  de  caractères.  Mais 
vers  1 890  William  Morris,inspiré  à  la  suited'une  conférencede  M.  Emery 
Walker  sur  l'œuvre  des  anciens  imprimeurs,  entreprit  de  créer  des  carac- 
tères typographiques.  Dans  la  "  Note  by  William  Morris  on  his  aims  in 
founding  the  Kelmscott  Press  ",  qui  fut  imprimée  après  sa  mort,  il  défi- 
nit ainsi  le  but  qu'il  se  proposa  d'atteindre  en  imprimant  des  livres,  et  le 
style  qu'il  chercha  à  donner  à  ses  fontes  :  "Je  commençai  à  imprimer  des 
livres  dans  l'espoir  de  produire  quelque  chose  qui  put  avoir  de  légitimes 
prétentions  à  la  beauté,  et  qui  en  même  temps  fut  facile  à  lire  et  ne  pré- 
sentât pas  des  lettres  dont  la  forme  excentrique  put  fatiguer  l'œil.  J'ai 
toujours  beaucoup  admiré  la  calligraphie  du  moyen  âge  et  les  premières 
impressions  qui  l'ont  remplacée.  Quant  aux  livres  du  XV^  siècle,  j'ai 
remarqué  qu'ils  devaient  toujours  leur  beauté  aux  seuls  mérites  de  la 
typographie,  aussi  bien  quand  ils  étaient  dépourvus  de  ces  ornements 
qu'on  y  a  parfois  ajoutés  avec  tant  de  prodigaHté.  Et  l'idée  même  de 
mon  entreprise  a  été  de  créer  des  livres  qu'on  aurait  plaisir  à  regarder 
en  tant  que  travaux  d'impression. .  . .  M  Passons  aux  caractères.  Poussé 
par  l'instinct  plutôt  que  par  la  réflexion,  je  commençai  par  me  procurer 
6 


une  fonte  de  romain.  Ce  que  je  voulais,  c'était  du  caractère  d'une  forme 
pure  ;  sévère,  sans  excroissances  inutiles  ;  compact,  sans  épaississement 
ou  amincissement  de  la  ligne,  défauts  que  présentent  habituellement  les 
caractères  modernes  et  qui  rendent  la  lecture  peu  facile  ;  enfin,  sans  ce 
resserrement  dans  le  sens  de  la  ligne  que  l'on  a  introduit  depuis  un  certain 
temps  pour  des  raisons  d'économie.  Il  n'y  avait  qu'une  source  d'où  l'on 
put  tirer  des  exemples  de  ce  romain  parfait  :  c'était  l'œuvre  des  grands 
imprimeurs  vénitiens  du  XV^  siècle,  parmi  lesquels  Nicolas  Jenson  a, 
de  1470  à  1476,  donné  les  caractères  les  plus  conformes  à  l'esprit  du 
romain.  J'ai  étudié  ce  caractère  avec  beaucoup  de  soin,  je  l'ai  fait  photo- 
graphier avec  agrandissement,  et  je  l'ai  redessiné  bien  des  fois  avant  de 
commencer  à  créer  moi-même  ;  de  sorte  que,  si  je  crois  en  avoir  saisi 
l'esprit  même,  je  ne  l'ai  pas  copié  servilement;  de  fait,  mon  romain, 
surtout  en  minuscule,  rappelle  le  gothique  plus  que  ne  le  fait  le  Jenson. 
M  Au  bout  de  quelque  temps,  je  m'aperçus  qu'il  me  fallait  du  gothique 
aussi  bien  que  du  romain  ;  j'entrepris  donc  d'adapter  le  gothique  de  telle 
sorte  qu'on  ne  put  plus  l'accuser  d'être  difficile  à  lire,  critique  qu'on  lui 
adresse  si  fréquemment.  Et  je  sentis  que  cette  critique  ne  pouvait 
raisonnablement  porter  sur  les  caractères  qui  ont  servi  pendant  les  vingt 
premières  années  d'existence  de  l'imprimerie  ;  je  vis  que  SchoefFer  à 
Mayence,  Mentelin  à  Strasbourg  et  Giinther  Zainer  à  Augsbourg 
évitaient  les  extrémités  pointues  et  l'aspect  trop  compact  qui,  plus 
tard,  donnèrent  lieu  aux  critiques  dont  il  est  question  ci-dessus.  .  .  . 
Sérieusement  attaché  à  mon  intention,  je  dessinai  un  modèle  qui,  me 
semble-t-il,  est  aussi  lisible  que  le  romain,  et  que,  à  parler  franchement, 
je  préfère  au  romain.  Il  est  de  la  force  qu'on  désigne  par  l'expression 
'grand  premier';  mais  plus  tard  je  fus  obligé,  pour  l'impression  du 
Chaucer  sur  deux  colonnes,  de  créer  une  fonte  gothique  du  même  genre, 
de  la  force  qu'on  désigne  par  le  symbole  'Pica'  ".  M  Des  pages  impri- 
mées avec  chacune  des  trois  fontes  de  Morris  sont  reproduites  ici,  grâce 
à  la  bienveillante  autorisation  des  gérants  de  l'établissement  qu'il  a  créé. 
Il  est  intéressant  de  comparer  le  "  Golden"  de  Morris  (c'est  ainsi  qu'il 
appelait  son  romain,  d'après  le  titre  de  la  "  Golden  Legend  "qu'il  imprima 
avec  ce  caractère)  au  romain  des  imprimeurs  italiens,  qu'il  avait  étudié 
avec  tant  de  soin  avant  de  créer  son  modèle.  Le  "Golden  "  est  plus  lourd 
comme  aspect  que  le  Jenson  ;  et,  assurément,  il  n'a  pas  la  souplesse  et  la 
grâce  qu'ont  généralement  les  caractères  italiens.  Nous  pouvons,  par 
exemple,  faire  remarquer  les  petites  lignes  horizontales  qui  terminent 
les  jambages  de  l'M  et  de  l'N  majuscules,  et  donnent  à  ces  lettres  une  cer- 
taine gaucherie.  Par  contre,  les  deux  fontes  de  gothique  que  Morris 
dessina  peuvent  être  classées  parmi  les  plus  belles  qu'on  ait  jamais  pro- 
duites. Il  faut,  pour  juger  les  lettres  de  W.  Morris,  les  voir  dans  le 
cadre  de  riches  bordures  qu'il  avait  composées  à  cet  effist.  Si  l'on  y  ajoute 

7 


les  dessins  de  Burne-Jones  gravés  sur  bois  par  W.  H.  Hooper,  on  a  avec 
le  Chaucer  de  la  "  Kelmscott  Press"  le  plus  magnifique  livre  qui  ait 
jamais  été  imprimé.  Jff  Le  "  Golden  "  de  Morris  a  été  copié  en  Amérique 
et  réexpédié  dans  son  pays  d'origine  sous  divers  noms.  Sous  des  formes 
assez  dégénérées,  il  a,  pendant  un  certain  temps,  été  en  faveur,  pour  des 
travaux  occasionnels,  auprès  des  imprimeurs  qui  ignoraient  ou  connais- 
saient mal  la  "  Kelmscott  Press  "  ;  mais  la  lourdeur  de  ses  lignes  et  son 
peu  de  conformité  avec  les  modèles  reconnus  l'ont  empêché  de  devenir 
d'un  usage  général.  L'intérêt  que  provoquèrent  les  livres  imprimés  par 
Morris  amena  beaucoup  de  gens  à  céder  à  la  tentation  d'installer  une  im- 
primerie privée  ou  de  créer  des  fontes  particulières,  lorsque,  à  la  mort  de 
Morris  en  1 896,  la  "  Kelmscott  Press"  cessa  de  fonctionner.  La  plupart 
de  ces  fontes,  et  les  meilleures,  suivaient  de  près  les  modèles  des  anciens 
imprimeurs  italiens,  qui,  comme  nous  l'avons  vu,  sont  les  prototypes  des 
lettres  d'aujourd'hui.  Déjà,  avant  la  fondation  de  la  "  Kelmscott  Press", 
M.  Charles  Ricketts  avait  donné  des  dessins  où  il  employait  quelques-uns 
des  caractères  néo-anciens  qui  étaient  alors  d'usage  général.  Lorsque  les 
livres  de  la  "Kelmscott  Press"  apparurent,  il  fut  aussi  pris  d'enthousiasme 
pour  cette  magnifique  typographie  des  anciens  imprimeurs  italiens,  et  il 
dessina  pour  lui-même  lecaractère  "Vale".  Cedernier,par  sa  massivité  et 
son  aspect  général,  a  une  très  grande  ressemblance  avec  le  "Golden",  dont 
il  est,  à  certains  égards,  un  perfectionnement.  M.  Ricketts  fit  ensuite  re- 
fondre le  même  caractère,  mais  en  plus  petit,  pour  son  édition  de  Shake- 
speare :  d'où  le  nom  d'  "Avon  "  qui  lui  a  été  donné.  Il  dessina  encore  un 
autre  modèle,  dont  l'intérêt  vient  de  ce  qu'il  servit  à  certaines  expériences 
pour  la  réforme  de  l'alphabet.  Dans  le  "  King's  ",  comme  M.  Ricketts 
l'appela,  beaucoup  de  minuscules,  telles  que  e^g,  /,  sont  remplacées  par 
des  petites  capitales.  Cette  innovation  contraste  trop  avec  les  traditions 
pour  plaire  ;  et  l'on  ne  s'en  est  servi  que  pour  deux  ou  trois  livres.  Les 
trois  fontes  de  la  "  Vale  Press  "  ainsi  que  leurs  poinçons  et  leurs  matrices 
furent  détruits  lorsque  cette  imprimerie  cessa  de  fonctionner.  M  M.  T.  J. 
Cobden-Sanderson  et  M.  Emery  Walker  fondèrent  la  "Doves  Press  "  à 
Hammersmith  en  1900  ;  ils  dessinèrent  et  firent  fondre  un  caractère  qui 
ressemble  beaucoup  au  romain  de  Jenson,  Il  en  diffère  surtout  par  plus 
de  régularité  dans  les  lignes,  et  aussi  par  l'aspect  carré  de  quelques  lettres, 
bien  qu'il  n'y  ait  pas,  à  cet  égard,  l'exagération  que  l'on  trouve  dans  le 
"Golden  "  de  Morris.  Les  livres  de  la  "  Doves  Press",  à  l'opposé  de  ceux 
delà  "Kelmscott  Press",  sont  absolument  exempts  d'ornements  et  de  dé- 
coration, et  ils  ne  doivent  leur  remarquable  beauté  qu'à  ce  que  Morris 
appelait  la  qualité  architecturale  des  pages  et  aussi  aux  belles  lettrines 
dessinées  par  M.  Edv^ard  Johnston  et  M.  Graily  Hewitt.  Plus  tard,  nous 
aurons  à  revenir  sur  l'œuvre  de  ces  artistes  etdeleur  école.  JS  Le  caractère 
de  la  "  Ashendene  Press  "(p.  23)  est  établi  d'après  celui  qu'employaient 
o 


Sweynheim  et  Pannartz  à  Subiaco  et  qu'ils  ont,  comme  nous  l'avons 
vu,  remplacé  par  un  romain  plus  pur  et  plus  conforme  au  goût  des 
humanistes  de  leur  époque.  Morris  lui-même  avait  dessiné  des  lettres 
d'après  ce  beau  modèle,  mais  jamais  il  ne  les  donna  à  fondre.  C'est  un 
genre  romain,  avec  beaucoup  d'éléments  gothiques.  Le  Dante  in-folio, 
la  "Mort  d'Arthur",  le  Virgile  et  les  autres  livres  que  M.  St.  John 
Hornby  a  imprimés  avec  ce  caractère,  en  noir  et  rouge,  avec  parfois  du 
bleu  et  de  l'or,  sont  de  magnifiques  exemples  de  typographie.  M  Les 
petits  in-8°  de  M.  Lucien  Pissarro  ont  un  charme  particulier,  que  l'on 
ne  trouve  dans  aucun  des  gros  volumes  qui  sont  sortis  des  autres  impri- 
meries particulières.  Les  premiers  livres  qu'il  tira  à  son  "Eragny  Press" 
furent  imprimés  avec  le  caractère  "  Vale"  appartenant  à  son  ami  M. 
Ricketts.  En  1 903  il  commença  à  imprimer  avec  le  caractère  "  Brook"  , 
qu'il  avait  dessiné  lui-même.  Bien  que  nous  n'ayons  à  nous  occuper  ici 
que  de  sa  typographie,  nous  ne  pourrons  faire  autrement  que  de 
rendre  hommage  à  la  grâce  et  à  la  beauté  de  ces  petits  volumes  ; 
qualités  qu'ils  doivent  beaucoup  plus  à  l'admirable  manière  dont  leurs 
différents  éléments  :  caractères,  gravures  sur  bois,  couleurs,  impression 
et  reliure  (le  tout  dû  à  M.  et  Mme  Pissarro  eux-mêmes),  ont  été  com- 
binés, qu'au  mérite  particulier  de  chacun.  J^M.  C.  R.  Ashbee  a  dessiné  lui- 
même  le  caractère  "Endeavour"  (Effort)  pour  la  "Essex  House  Press  ", 
qu'il  a  fondée  à  Upton,  dans  les  faubourgs  de  l'est  de  Londres,  et  qu'il  a 
ensuite  transportée  à  Chipping  Campden,  dans  le  comté  de  Gloucester. 
Ce  caractère  ne  doit  rien  à  ceux  des  premiers  imprimeurs,  et,  en  lui-même, 
il  n'a  rien  qui  plaise  ;  mais,  avec  un  tirage  en  rouge  et  noir,  comme  dans 
le  Livre  de  Chansons  de  Campden,  il  produit  un  très  bel  effet.  Il  a  été 
également  fabriqué  en  plus  grand  pour  le  Livre  de  prières  du  roi  Edward, 
qui  est  l'un  des  essais  les  plus  ambitieux  qu'ait  tentés  une  imprimerie 
particulière.  M  M.  Herbert  P.  Horne  a  créé  trois  fontes,  toutes  inspirées 
du  romain  des  anciens  imprimeurs  italiens.  Le  premier  de  ces  caractères, 
le  "Montallegro"  (p.  265),  a  été  établi  pour  MM.  Updike  et  Cie,  de  la 
"  Merrymount  Press",  à  Boston,  aussi  son  examen  ne  rentre  guère  dans  le 
cadre  de  cet  article.  En  1907  M.  H.  P.  Horne  a  dessiné  pour  MM.  Chatto 
et  Windus  un  caractère  intitulé  "Florence",  avec  lequel  on  a  tiré,  sur  la 
demande  des  éditeurs,  "Le  Roman  de  la  Rose",  "Les  Petites  Fleurs  de  St. 
François",  les  "Chansons  avant  le  lever  du  soleil"  de  Swinburne,"  Vir- 
ginibus  Puerisque  "  (Aux  Vierges  et  aux  Enfants)  de  Stevenson,  ainsi  que 
les  Poésies  du  même,  à  la  "  Arden  Press  ".  Ce  caractère  (p.  3 1  )  a  un  aspect 
net,  et,  à  bien  des  égards,  on  pourrait  le  prendre  comme  modèle  pour  les 
travaux  courants.  Les  majuscules  en  lignes  continues,  comme  Aldus  et 
d'autres  grands  imprimeurs  vénitiens  se  plaisaient  à  les  employer,  sont 
d'un  effet  particulièrement  charmant.  Le  caractère  "Riccardi  Press" 
(pp.  33  et  35)  de  M.  Horne  a  été  dessiné  pour  la  Société  Médicis,  qui  a 

9 


fait  tirer  àla  "  Chiswick  Press  "  nombre  de  belles  éditions,  parmi  lesquelles 
un  Horace,  la  "Mort  d'Arthur"  de  Malory  et  les  "Contes  de  Canter- 
bury  ".  Il  est  un  peu  plus  lourd  comme  aspect  que  le  "  Florence"  et  s'é- 
loigne un  peu  plus  du  genre  humaniste.  Il  a  été  également  fondu  un  mo- 
dèle plus  petit,  qui  a  eu  beaucoup  de  succès.  Il  faut  ajouter  à  la  série  des 
fontes  appartenant  à  des  particuliers  le  caractère  "Ewell",  dessiné  par  M. 
Douglas  Cockerell  pour  MM.  Methuen  et  Cie,  qui  vont  bientôt  pubHer 
le  premier  livre  auquel  il  aura  servi,  une  édition  de  1'  "  Imitation  de  Jésus- 
Christ".  Ce  caractère,  bien  que  compact,  est  fort  gracieux  ;  il  est  inspiré 
d'un  de  ceux  qu'employait  un  imprimeur  de  Rome,  Da  Lignamine.  M 
Une  des  fontes  les  plus  intéressantes,  parmi  celles  qui  appartiennent  à 
des  particuliers,  c'est  le  caractère  grec  "Otter",  dessiné  par  feu  M. 
Robert  Proctor,  et  que  l'on  verra  sur  la  page  de  l'Odyssée  reproduite 
p.  43.  Le  caractère  grec  avec  lequel  sont  composées  la  plupart  de  nos 
éditions  de  classiques  procède  d'une  cursive  introduite  par  Aldus  vers  le 
commencement  du  XVP  siècle,  et  ne  se  recommande  ni  par  la  beauté  ni 
par  la  clarté.  Les  majuscules  surtout  sont  laides,  elles  appartiennent  pres- 
que toujours  à  ce  genre  "moderne"  que  Bodoniacréé.  Proctor  prit  pour 
modèle  la  plus  belle  des  vieilles  fontes  grecques,  celle  qui  a  servi  au 
"Complutensian  Polyglot"  imprimé  en  15 14.  -^  Parmi  les  fontes  que 
l'on  vend  pour  les  travaux  courants,  aucun  n'a  autant  été  en  faveur  que  le 
"Caslon  ancien",  dans  les  différents  "corps"  ;  et  ce  qui  témoigne  éloquem- 
ment  de  son  mérite,  c'est  qu'à  présent,  près  de  deux  siècles  depuis  sa 
création,  on  l'emploie,  pour  les  beaux  livres,  plus  que  tout  autre  carac- 
tère. Le  texte  de  ce  numéro  spécial  du  Studio  est  imprimé  en  "Caslon 
ancien",  ainsi  que  les  pages,  composées  à  l'Ecole  centrale  des  Arts  et 
Métiers,  qui  sont  reproduites  aux  folios  45  et  47.  La  renommée  de  ses 
caractères  créa  à  Caslon  des  rivaux,  outre  Baskerville.  L'un  d'eux  fut 
Joseph  Fry,  médecin  de  Bristol,  qui  se  fit  fondeur  en  1764,  et  créa  une 
série  de  caractères  un  peu  analogues  à  ceux  de  Baskerville.  Mais  quel- 
ques années  plus  tard,  semble-t-il,  les  caractères  Caslon  recouvrèrent  leur 
avantage,  et  Fry  mit  sur  le  marché  une  nouvelle  série,  qui  imitait  franche- 
ment les  Caslon.  Ces  deux  séries  de  Fry  ont  été  reconstituées  depuis 
quelques  années  par  MM.  Stephenson  et  Blake,  de  Shefîield,  qui,  en 
1906,  achetèrent  la  fonderie  de  Sir  Charles  Reed  et  fils,  à  laquelle  celle 
de  Fry  avait  été  annexée.  Comme  les  "Caslon  ancien",  ces  séries  furent 
refondues  sur  les  anciennes  matrices,  ou  les  anciennes  matrices  re- 
frappées sur  les  anciens  poinçons,  du  moins  sur  ceux  qui  étaient  restés. 
M  Depuis  que,  vers  le  milieu  du  dernier  siècle,  on  a  composé  des  fontes 
néo-anciennes,  les  nouveaux  caractères  que  l'on  a  fabriqués  pour  les 
travaux  courants  n'ont  presque  toujours  été  que  de  simples  variations 
sur  le  modèle  déjà  en  faveur.  Les  fondeurs  ont  peu  tiré  parti  de  l'abon- 
dance de  beaux  caractères  qu'offrent  les  vieux  livres  italiens,  lorsqu'on 
10 


a  assez  de  goût  et  de  talent  pour  les  adapter  aux  besoins  modernes.  Ce- 
pendant MM.  Shanks  et  fils,  les  fondeurs  de  Red  Lion  Square,  se  sont 
reportés  à  cette  source  pour  en  tirer  leur  série  nouvelle  "  Dolphin  "  (p.  4 1  ) , 
qui  se  recommande  par  bien  des  éléments  de  beauté.  Elle  egt  basée  sur 
le  romain  de  Jenson,  mais  les  traits  sont  un  peu  plus  épais.  Les  poinçons 
ont  été  établis  par  M.  E.  P.  Prince,  qui  a  également  établi  ceux  de 
la  "  Kelmscott  Press  "  et  de  bien  d'autres  imprimeries  particulières. 
Jtf  Une  étude  intelligente  des  modèles  italiens  nous  a  valu  aussi  le 
nouveau  caractère  "Kennerley"  (p.  39),  dessiné  par  un  Américain, 
M.  Goudy,  que  MM.  Caslon  vont  bientôt  mettre  sur  le  marché.  Ce 
caractère  n'est  nullement  la  copie  d'un  modèle  ancien.  Il  est  original  ; 
mais  M.  Goudy  a  si  bien  étudié  le  dessin  des  lettres,  qu'il  a  su  rendre 
à  l'alphabet  romain  une  bonne  part  de  cette  allure  humaniste  que  les 
premiers  imprimeurs  italiens  avaient  héritée  de  leurs  prédécesseurs, 
les  copistes  du  début  de  la  Renaissance.  Outre  la  beauté  du  détail,  ce 
caractère  a  une  beauté  d'ensemble  ;  et  les  lettres,  assemblées  en  mots, 
semblent  se  lier  avec  cette  manière  naturelle  qui  est  si  fréquente  dans  les 
modernes.  Le  "  Kennerley  "  est  d'une  grande  clarté,  il  n'a  aucun  de  ces 
éléments  étranges  qui  risquent  tant  de  déplaire  au  lecteur  moderne. 
Depuis  que  le  premier  Caslon  commença  à  fondre  des  caractères,  vers 
1724,  on  n'a  rien  vu  d'aussi  parfait  dans  la  typographie  anglaise.  J^  Il  y  a 
maintenant  tant  de  livres  composés  à  la  machine  que,  malgré  toutes  nos 
préférences  pour  la  composition  à  la  main,  nous  ne  pouvons  passer  sous 
silence  les  caractères  qui  servent  pour  ce  procédé.  Ces  caractères,  en 
général,  semblent  moins  beaux  que  ceux  qu'on  emploie  à  la  main  ; 
mais  cette  infériorité  est  surtout  accidentelle,  et  tient  sans  doute  à 
ce  que,  pour  l'établissement  des  modèles  ou  la  fabrication  des  poinçons 
—  laquelle  se  fait  également  à  la  machine  —  on  n'a  pas  des  techniciens 
aussi  habiles.  Cependant,  la  Compagnie  des  Monotypes  Lanston  a 
donné  une  ou  deux  très  belles  séries.  L'une  d'elles  est  la  série  "  Imprint  " 
(Empreinte),  adaptée  d'une  des  fontes  qu'employait  au  XVP  siècle 
Christophe  Plantin,  le  célèbre  imprimeur  d'Anvers.  Ces  caractères  sont 
francs  et  clairs,  et  les  pages  qu'ils  permettent  de  composer  sont  à  la  fois 
agréables  comme  aspect  et  faciles  à  lire.  En  outre,  ils  sont  assez  modernes 
pour  ne  présenter  aucun  détail  qui  puisse  surprendre  le  lecteur  ordinaire. 
M  Aucun  art  ne  peut  vivre  en  se  bornant  à  reproduire  des  formes  an- 
ciennes ;  et,  si  l'on  considère  le  rôle  qu'ont  joué  les  fondeurs  d'autrefois 
et  ceux  d'aujourd'hui  dans  l'art  du  livre,  on  ne  peut  s'empêcher  de  voir 
comment  et  d'après  quels  précédents  on  pourra  plus  tard  créer  de  bons 
caractères.  Nous  avons  vu  que  les  premiers  imprimeurs  tiraient  leur  in- 
spiration des  meilleurs  manuscrits  de  leur  époque.  Mais  l'invention  de 
l'imprimerie  tira  l'art  du  copiste.  Toute  source  de  vie  et  de  beauté  pour 
l'art  de  l'écriture  était  tarie  ;  avec  les  lettres  en  plomb,  il  n'y  avait  plus 

1 1 


que  la  tradition  qui  pouvait  leur  donner  ou  leur  conserver  l'élégance. 
Les  changements  qu'elles  subirent  ne  purent  être  que  funestes,  à  moins 
que  ce  fussent  simplement  des  retours  aux  formes  abandonnées  tempo- 
rairement. M  M.  Guthrie,  de  la  "  Pear-tree  Press  "  à  Bognor,  bien 
convaincu  du  sens  fatal  de  cette  tendance  qu'il  considère  comme  inévi- 
table et  irrésistible,  a  renoncé  entièrement  aux  caractères  ;  il  imprime 
ses  livres  sur  des  planches  en  relief,  qu'il  a  gravées  de  sa  belle  écriture. 
Un  pareil  procédé,  assurément,  ne  saurait  s'appliquer  à  la  grande  majo- 
rité des  livres,  en  admettant  même  que  l'on  renonce  aux  beautés  que 
présente  un  livre  bien  imprimé  en  typographie.  Et  rien  ne  justifie  un 
pareil  pessimisme,  car  depuis  quelques  années  l'art  du  copiste  même  s'est 
régénéré  ;  et  la  plupart  des  lecteurs  du  Studio  connaissent  les  beaux 
ouvrages  de  la  section  de  calligraphie  fondée  il  y  a  une  dizaine  d'années 
par  M.  Edv^^ard  Johnston,  et  reprise  par  son  élève  M.  Graily  Hewitt, 
à  la  "  Central  School  of  Arts  and  Crafts  "  à  Londres.  L'imprimeur 
d'aujourd'hui  ne  pourrait-il  se  reporter  à  ces  modèles,  pour  trouver  de 
beaux  caractères  ?  Assurément,  la  typographie  ne  doit  pas  reproduire 
simplement  l'écriture  ;  elle  doit  présenter  sans  fausse  honte  les  particu- 
larités que  lui  impose  la  nature  de  son  métal  et  de  celui  du  poinçon. 
Elle  doit  être  facile  à  lire,  et  d'un  aspect  qui  plaise  ;  de  plus,  elle  doit, 
tout  en  respectant  les  traditions  du  passé,  satisfaire  aux  idées  de  notre 
époque.  Mais  un  calligraphe  dont  l'œil  et  la  main  ont  été  exercés  à 
donner  une  belle  écriture  spécialement  destinée  au  livre  imprimé,  peut 
seul  connaître  les  multiples  subtilités  que  présentent  ces  lettres,  et  trou- 
veras moyens  d'y  satisfaire  dans  lafonte.  Si  lesécoles  d'écriture  peuvent 
donner  de  pareils  techniciens,  elles  rendront  de  grands  services  à  tous 
ceux  qu'intéresse  l'art  du  livre.  Notre  espérance  peut  se  justifier,  car  des 
spécialistes  ainsi  formés  sont  allés  en  Allemagne,  et  y  ont  exercé  une 
sérieuse  influence  sur  la  fabrication  des  caractères  modernes  ;  et,  suprême 
ironie,  les  fondeurs  allemands  envoient  en  Angleterre  des  caractères 
nouveaux  inspirés  de  créations  anglaises  dont  les  fondeurs  de  Grande- 
Bretagne  semblent  n'avoir  jamais  entendu  parler. 


12 


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Qlbtcb  baîm  of  manhind^from  blows  wratbfulfllcd, 
Rouscmccdy  forsootb^and  bîcd  bîm  tbcrctn» 
H  man  by  gfuilt  troublcd»  Tbcn  90on  ît  bcttdcd 
Xbat  tbcrcîn  to  tbc  guc9t  tbcrc  8tood  grialy  tcrror  ; 
Rowcvcr  tbc  wrctcbcd,of  cvcry  bopc  wanîng 

Cbc  ill/9bapcn  wîgbt,  wbcna9  tbc  f  car  gat  bîm, 
XTbc  trca9urc/vat  9aw  ;  of  9ucb  tbcrc  wa9  a  many 
^CIp  în  tbat  cartb/bou9C  of  trca9urc9  of  old, 
Es  tbcm  în  tbc  yorc/day9,  tboucfb  wbat  man  1  know  not, 
tTbc  bu0c  lcavînof9  and  loom  or  a  kîndrcd  of  bîgb  onc9, 
^cll  tbmhîng  of  tbougbt9  tbcrc  bad  bîddcn  away, 
Ocar  trca9urc9«  But  ail  tbcm  bad  dcatb  borne  away 
In  tbc  tîmc9  of  crcwbîlc;  and  tbc  onc  at  tbc  la9t 
Of  tbc  dougbty  of  tbat  folk  tbat  tbcrc  longc9t  tivcd, 
►Cbcrc  waxcd  bc  frîcnd/9ad,yct  wccn'd  bc  to  tarry, 
XTbat  bc  for  a  lîttlc  tbo9C  trca9urc9  tbc  long9omc 
JMîgbt  brook  for  bîm9clf ♦  But  a  burg  now  ail  rcady 
^onn'd  on  tbc  plaîn  nîgb  tbc  wavc9  of  tbc  watcr, 
l^cw  by  a  nc99,  by  narrow/craft9  fa9tcn'd; 
^îtbîn  tbcrc  tbcn  barc  of  tbc  trca9urc9  of  carte 
tlbat  bcrd  of  tbc  rîng9  a  dcal  bard  to  carry, 
Of  gold  f  aîr  bcplatcd,  and  f  cw  word9  bc  quotb  : 


KELM8C0TT  PRESS:  PAGE  FROM  THE  TALE  OF  BEOWULF"  PRINTED 
IN  THE  "TROY"  type  DESIQNED  BY  WILLIAM  MORRIS  (REPRODUCEO 
BY  PERMISSION  OF  THE  TRUSTEES  OF  THE  KELMSCOTT  PRESS) 

17 


NOTE  BY  WILLIAM  MORRIS 
ON  HIS  AIMS  IN  FOUNDING 
THEKELMSCOTTPRESS^^ 
BEGAN  printing  books  with 
thehopeofproducingsomcwhich 
would  hâve  a  defînite  daim  to 
beauty,  while  at  the  same  time 
they  should  bc  casy  to  read  and 

should  notdazzlethccyc^ortrou-' 

ble  thc  intellect  of  the  readcr  by  cccentri^ 
city  of  form  in  thc  letters.  I  hâve  always 
been  agréât  admirer  of  the  calligraphyof 
the  Middie  Ages,  &  of  the  earlier  printing 
which  took  its  place.  As  to  the  fifteenth^ 
century  books,  I  had  noticed  that  they 
were  always  beautifiil  by  force  of  the  mère 
typography,  cven  without  the  added  or^ 
nament,  with  which  many  of  them  are 
so  lavishly  supplied.  Anditwasthe  es^ 
senceofmyundertakin  g  to  produce  books 
which  it  would  be  a  pleasureto  look  upon 
as  pièces  of  printing  and  arrangement  of 
type.  Lookingatmy  adventure  from  this 
point  of  view  then,  I  found  I  had  to  con^ 
sider  chiefly  the  following  things:  the 
paper,  the  lorm  of  the  type,  the  relative 
spacing  of  the  letters,  the  words,  and  the 


.\ 


KELM8C0TT  PRESS:  PAGE  PRINTED  IN  THE  "GOLDEN"  TYPE 
DESIQNED  BY  WILLIAM  MORRIS  (REPRODUCED  BY  PERMISSION 
OF  THE  TRUSTEES  OF  THE  KELMSCOTT  PRESS) 

ï9 


oua  hanno  penne;©  fquameto  cortecda:o  gufcio:  corne  fono  laTeftugine:ouetamcii 
te  hâno  lapelle  pulira:come  fono  leferpi.Taglâdo  laparte  difopra  délie  pêne  no  crefco 
no  :  fueglendole  rimettono:Glinfcd:i  hanno  aie  di  pannicoli  &  cofi  le  rondini  marine 
&  cpipiftrelli: Ma  laie  diquefti  hanno  ledita«Dalla  grofla  pelle efcono  epeli  afperi.  Le 
femme glhâno  piu  fottili.Ecauagli  nel  coUo  ÔC  eleoni  nelle  fpallc  glhanno  maggiori ♦ 
Etafli  glhanno  nelle  gote  drento  ÔC  ne  piedulequali  due  cofe  Trogo  attnbuifce  ancho 
ra  alla  lèpre: &  con  quefto  exemplo  conclude  che  glhuomim  libidinofi  fono  pilofùLa 
lèpre  e  ueloaifima  fopra  tuto  glanfmali»Solo  Ihuomo  mette  epeli  nelleta  apta  agene 
rareîllche  fenon  e:dimofl:ra  ftenlita  cofi  nel  mafchio  comenelk  femina« Epeli  nel  hu 
omo  parte  fingencrano  inficme:parte  poi.  Quegli  che  fono  infieme  con  lui  generati 
n  on  manch  ono  dipoi  come  ne  anchora  molto.  Sonfi  trouatc  alchune  che  quando  get 
tono  ecapelli  diuentano  inualideicome  anchora  nel  fluxo  delmeftruo.  Equadrupedi 
mudano  ogni  anno. Amafchi  crefcono  affai  nel  capo  ÔC  poi  nella barba.  Taglati  non 
rimettono  m  fu  lataglatura  come  rimettono  lherbe:ma  efcon  infiiori  dallaradice.Cre 
fcono  in  certe  malattie  ôc  maxime  nella  tofla  ÔC  nella  uecchiaia  ÔC  ne  corpi  mora.  E  co 
geniri  caggiono  piu  tofto  a  libidinofirMa  enati  aefcono  piu  tofto«  Nequadrupedi  in 
groffano  per  la  uecchiaia  ôc  lelane  diuentano  piu  rade.Edoffidequadrupedi  fono  pilo 
fi:  euentri  fanza  pelo.De  chuoi  debuoi  cocendogli  fifa  opdma  colla. Item  de  ton.  So 
lo  ditutri  glanimali  Ihuomo  mafchio  ha  lepoppemeglaltri  animali  emafchi  hâno  cet 
ti  fegni  dipoppe:  Ma  ne  anchora  le  femine  hanno  lepoppe  fenon  quelle  che  poffono 
nutrire  efigluoli. Quegli  che  generano  huoua  non  hanno  poppetNefluno  animale 
ha  lacfle  fenon  quegli  à)t  generono  animali.Tragluccelli  folo  elpipiftrello.Credo  che 
fia  fauolofo  quello  che  fidice  délie  Streghe  che  mûghino  ellatîle  inboccha  a  fâduUi.E 
nelle  Beftemie  annche  quefto  nome  di  ftreghe:  M4  non  fifa  che  uccello  fi  fia» 

NATVRA.DELLE  POPPE  DEGLANIMALI.CAP.XL. 
a  Lafine  dolgono  lepoppe  dopo  elparto  :  Ilperche  Ifuezano  lafinino  elfexto  me^ 
fe:condona  che  lecaualle  dieno  lapoppa  un  anno.Tutn  glam'mali  che  hâno  un 
ghia  dun  pezo  non  generano  piu  che  due  per  uolta:ne  hanno  piu  che  due  poppe  ôc  ql 
le  nel  pedb'gnonemel  medefimo  luogho  Ihanno  quelle  che  hanno  lunghia  didue  pesa 
ôc  fono  cornute:le  uacche  quattro:le  pécore  ÔC  câpre  due.Quelleche  partorifcono  piu 
che  due  ÔC  hanno  le  dita  nepiedi  hanno  moite  poppe  per  tutto  eluentre  in  due  filari. 
Le  troie  generofehanno  dodid  poppe:le  uulgari  due  meno.Similmente  lecagne.  Al^ 
chune  hanno  quattio  in  mtzo  del  corporcome  fono  lepanthere^Alchune  due  chôme 
fono  le  lioneffe.Lohelephante  folo  ha  duc  poppe  fotto  lebracda  ôc  no  nelpecflo.Nef 
funa  che  habia  dita  nepiedi  ha  poppe  nel  pedtigione.Eporcellini  prima  nati  fucdano 
leprime  poppe  &:benchehabbinolaltrepreflb  alla  bocca:dafchuno  conofce  lefue  in 
quello  ordme  che  e  nato  ôc  cô  quella  fmutrifce  ôc  non  con  altta.Et  leuato  un  porcellTo 


PAGE  FROM  THE  "PLINY"  PRINTED  AT  VENICE  BY  NICOLAS  JENSON  IN   1476 

21 


SICCOME  DICE  IL  FILOSOFO  NEL  PRINCIPIO 
dcilà  Prima  Filosofia  *  tutti  gli  uomini  natumlmente  dcsi^ 
dcrano  di  sapere/  La  mgione  di  cbe  puotc  essere,  cbe 
dascuna  cosa,  da  pïX)vvidcnza  di  propria  natum  impinta, 
è  inclinabile  alla  sua  perfezione*  Onde,  accioccbè  là  scu 
enza  è  Pultima  perfezione  della  nostm  anima,  nella  quale 
st^  la  nostm  ultima  félicita,  tutti  natumlmente  al  suo  desiderio  siamo 
soggetti,  Vemmente  da  questa  nobilissima  perfezione  molti  sono 
privati  per  diverse  cagioni  cbe  dentro  dall'uomo,  e  di  fiiori  da  esso, 
lui  rimuovono  dall'abito  di  scienza*  ([^Dentro  dalPuomo  possono 
essere  due  difetti  e  impedimenti  :  Tuno  dalla  parte  del  corpo,  Paltro 
dalla  parte  delPanima.  Dalla  parte  del  corpo  è,  quando  le  parti  sono 
indebitamente  disposte,  siccbè  nulla  ricevere  pu6  ;  siccome  sono  sor^ 
di  &i  muti,  e  loro  simili*  Dalla  parte  dell'anima  è,  quando  la  malizia 
vince  in  essa,  siccbè  si  fa  seguitatrice  di  viziose  dilettazioni,  nelle 
quali  riceve  tanto  inganno,  cbe  per  quelle  ogni  cosa  tiene  a  vile»  Di 
fuori  dall'uomo  possono  essere  similmente  due  cagioni  intese,  Tuna 
délie  quali  è  induttrice  di  nécessita,  Taltm  di  pigrizia*  La  prima  ê 
la  cum  famigliare  &i  civile,  la  quale  convenevolmente  a  se  tiene  degli 
uomini  il  maggior  numéro,  siccbè  in  ozio  di  speculazione  essere  non 
possono*  L'altm  è  il  difetto  del  luogo  ove  la  persona  ê  nata  e  nudrita, 
cbe  talom  satà  da  ogni  studio  non  solamente  privato,  ma  da  gente 
studiosa  lontano*  ^Le  due  prime  di  queste  cagioni,  cioè  la  prima 
dalla  parte  di  dentro  êz  la  prima  dalla  parte  di  fUori,  non  sono  da 
vitupemre,  ma  da  scusare  sz  di  perdono  degne;  le  due  altre,  awe^ 
gnacbè  l*una  più,  sono  degne  di  biasimo  e  d'abominazione*  Mani^ 
festamente  adunq^  puo  vedere  cbi  bene  considem,  cbe  pocbi  riman^ 
gono  quelli  cbe  all'abito  da  tutti  desidemto  possano  pervenire,  ôC 
innumembili  quasi  sono  gl'impediti,  cbe  di  questo  cibo  da 
tutti  sempre  vivono  affamati*  O  beati  que'  pocbi  cbe 
seggono  a  quella  mensa  ove  il  pane  degli 
Angeli  si  mangia,  e  miseri  quelli 
cbe  colle  pécore  banno 
comunecibo! 


A8HENDENE   PRESS:   PAGE  PRINTED   IN   GREAT  PRIMER  TYPE  MODELLED  UPON 
THE  TYPE   USED   BY  SWEYNHEIM   AND   PANNARTZ  AT  SUBIACO   IN   1465 

23 


FOR  THE  LIBERTY  OF 
UNLICENC'D  PRINTINQ. 

tllP  V*  WHO  TO  STATES 
XIJlLi  JL  &  QO VERNOURS 
OF  THE  COMMONWEALTH 
DIRECT  THEIRSPEECH,HIQH 
COURT  OF  PARLAMENT,  OR 
WANTING  SUCH  ACCESSE 
IN  A  PRIVATE  CONDITION, 
WRITE  THAT  WHICH  THEY 
FORESEE  MAY  AD VANCE  the 
PUBLICK  QOOD;  I  SUPPOSE 
THEM  AS  AT  THE  BEQIN/ 
NINQ  OF  NO  MEAN  ENDEA/ 
VOUR,  NOT  A  LITTLE  AL/ 
TER'D  AND  MOV'D  INWARD/ 
LY  IN  THEIR  MINDES:  SOME 
WITH  DOUBTof  WHAT  WILL 
BE  THE  SUCCESSE.  OTHERS 
WITH  FEARE  OF  WHAT  WILL  BE  THE  CENSURE;  SOME 
WITH  HOPE,  OTHERS  WITH  CONFIDENCE  OF  WHAT  THEY 
HAVE  TO  SPEAKE.  AND  ME  PERHAPS  EACH  OF  THESE 
DISPOSITIONS,  AS  THE  SUBJECT  WAS  WHEREON  I  EN/ 
TER'D,  MAY  HAVE  AT  OTHER  TIMES  VARIOUSLY  AFFECT/ 
ED;  &  LIKELY  MIQHT  IN  THESE  FOREMOST  EXPRESSIONS 
NOW  ALSO  DISCLOSE  WHICH  OF  THEM  SWAY'D  MOST, 
BUT  THAT  THE  VERY ATTEMPT  OF  THIS  ADDRESSE  THUS 
MADE,  AND  THE  THOUQHT  OF  WHOM  IT  HATH  RE/ 
COURSE  TO,  HATH  QOT  THE  POWER  WITHIN  ME  TO  A 
PASSION,  FARRE  MORE  WELCOME  THEN  INCIDENTALL  TO 
A  PREFACE,  WHICH  THOUGH  I  STAY  NOT  TO  CONFESSE 
ERE  ANY  ASKE,  I  SHALL  BE  BLAMELESSE,  IF  IT  BE  NO 
OTHER,  THEN  THE  JOY  AND  QRATULATION  WHICH  IT 
BRINQS  TO  ALL  WHO  WISH  &  PROMOTE  THEIR  COUNTRIES 
LIBERTY;  WHEREOF  THIS  WHOLE  DISCOURSE  PROPOS'D 
WILL  BE  A  CERTAINE  TESTIMONY,  IF  NOT  A  TROPHY.  FOR 
THIS  IS  NOT  THE  LIBERTY  WHICH  WEE  CAN  HOPE,  THAT 


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ERAGNY  PRESS:  OPENING  PAGE  OFTHE  "  AREOPAGITICA  "  PRINTED  IN  THE 
TYPE,     WITH      BORDER     AND      INITIAL     LETTER     DESIGNED     BY     LUCIEN 


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ERAGNY  PRESS:    OPENING    PAGE    OF    COLERIDQE'S  "  CHRI8TABEL"    PRINTED   IN   THE 
"BROOK"  TYPE.WITH  border  and  initial  LETTER  design ED  BY  LUCIEN  PISSARRO 


29 


FROM  BOCCACCIO'S  LETTER  TO  PE- 
TRARCH.  DESCRIBING  HIS  VISIT  TO 
FRANCESCA.PETRARCH'S  DAUGHTER. 
AT  VENICE.  IN  THE  YEAR  MCCCLXVII. 
6-  TELLING  OF  ELETTA.  FRANCESCA^S 
LITTLE  DAUGHTER. 

WE  sat  chatting  in  your  garden,  and  some 
of  your  friends  who  were  there  joined 
in  the  talk.  Francesca  most  graciously 
pressed  me  to  make  myself  at  home,  and  profFered 
me  your  books  à  ail  your  belongings,-all  she  had 
Iwastoconsidermine:  but  not  fora  momentdid  she 
forget  the  modest  demeanour  of  the  perfect  wife. 
Shewas  welcoming  me,  when,  lo,  there  before  me 
was  your  dear  little  Eletta,  my  little  friend  !  How 
gracefully  she  came  along  I  One  could  not  hâve  ex- 
pected  such  grâce  in  so  young  a  child.  Before  she 
could  know  who  I  was,  she  smiled  at  me  so  s weetly. 
What  joy  was  mine  when  I  saw  her  I  What  a  hunger 
seized  my  heart  as  I  held  her  in  my  arms  !  At  first  I 
thought  it  was  my  own  girlie-the  little  maid  once 
mine.  Need  I  say  more  ?  You'll  hardly  believe  me. 
But  ask  Doctor  William  of  Ravenna  and  our  friend 
Donatus.  They  know.  Your  little  Eletta  is  the  very 
image  of  my  lost  one.  She  has  the  same  laugh,  the 


FLORENCE  PRESS:  PAGE  FROM  BOCCACCIO'S  "OLYMPIA"  SET  IN  ENQLISH 
TYPE  DE8IQNED  BY  HERBERT  P.  HORNE,  AND  PRINTED  AT  THE  ARDEN  PRESS. 
LETCHWORTH,  FOR  MESSRS.  CHATTO  AND  WINDUS 

31 


THE  SONNETS  OF  MR.  WILLIAM 
SHAKESPEARE:  TO  THE  ONLIE  BE- 
GETTER  OF  THESE  INSUING  SON- 
NETS, MR.  W.  H.,  ALL  HAPPINESSE 
AND  THAT  ETERNITIE  PROMISED 
BY  OUR  E VER-LIVING  POET  WISH- 
ETH  THE  WELL-WISHING  ADVEN- 
TURER  IN  SETTING  FORTH.-T.  T. 
THE  FIRST  SONNET  FOLLOWETH 


ROM  FAIREST  CREATURES  WE  DE- 
SIRE INCREASE.  THAT  THEREBY 
BEAUTY'S  ROSE  MIGHT  NEVER  DIE. 
BUT  AS  THE  RIPER  SHOULD  BY  TIME  DE- 
CEASE,  HIS  TENDER  HEIR  MIGHT  BEAR  HIS 
MEMORY:  BUT  THOU.  CONTRACTED  TO 
THINE  OWN  BRIGHT  EYES.  FEED'ST  THY 
LIGHT'S  FLAMEWITHSELF-SUBSTANTIAL 
FUEL.  MAKING  A  FAMINE  WHERE  ABUND- 
ANCE  LIES.  THYSELF  THY  FOE,  TO  THY 
SWEETSELFTOOCRUEL.  THOUTHATART 
NOW  THE  WORLD'S  FRESH  ORNAMENT 
&  ONLY  HERALD  TO  THE  GAUDY  SPRING. 
WITHIN  THINE  OWN  BUD  BURIEST  THY 
CONTENT  AND.  TENDER  CHURL.  MAK'ST 
WASTE  IN  NIGGARDING.  PITYTHE  WORLD. 
OR  ELSE  THIS  GLUTTON  BE.  TO  EAT  THE 
WORLD'S  DUE.  BY  THE  GRAVE  AND  THEE. 
f  HERE  FOLLOWS  SONNET  THE  SECOND 


RICCARDI   PRESS:   PAGE   FROM     "SONNETS  OF  SHAKESPEARE"   PRINTED   IN   14  AND  11    POINT  OAPITALS  DE8IQNED 
BY     HERBERT     P.    HORNE.      BORDER    FROM    BERNARD  PIOTOR    AND    ERHARDT    RATDOLT'S"  APPIANUS,"    1477 


33 


Marius  the  Epicurean 

stream  of  moving  lights  across  the  white  Forum,  up  the  great 
stairs,  to  the  palace.  And,  in  effect,  that  night  winter  began, 
the  hardest  that  had  been  known  for  a  lifetime.  The  wolves 
came  from  the  mountains;  and,  led  by  the  carrion  scent, 
devoured  the  dead  bodies  which  had  been  hastily  buried 
during  the  plague,  and,  emboldened  by  their  meal,  crept. 
before  the  short  day  waswell  past,  over  the  walls  of  the  farm- 
yards  of  the  Campagna.  The  eagles  were  seen  driving  the 
flocks  of  smaller  birds  across  the  dusky  sky.  Only,  in  the 
city  itself  the  winter  was  ail  the  brighter  for  the  contrast, 
among  those  who  could  pay  for  light  and  warmth.  The  habit- 
makers  made  a  great  sale  of  the  spoil  of  ail  such  furry  créa- 
tures as  had  escaped  wolves  and  eagles,  for  présents  at  the 
•Saturnalia':  and  at  no  time  had  the  winter  roses  from  Car- 
thage  seemed  more  lustrously  yellow  and  red. 

CHAPTER  XIII.  THE  «MISTRESS  AND  MOTHER* 
OF  PALACES 

"yV  FTER  that  sharp,  brief  winter,  the  sun  was  already  at 
/^\  work,  softening  leaf  and  bud,  as  you  might  feel  by  a 
yiy^  faint  sweetness  in  the  air  ;  but  he  did  his  work  be- 
hind  an  evenly  white  sky,  against  which  the  abode  of  the 
Caesars,  its  cypresses  and  bronze  roofs,  seemed  like  a  picture 
in  beautiful  but  melancholy  colour,  as  Marius  climbed  the 
long  flightsof  steps  to  be  introduced  to  the  emperor  Aurelius. 
Attired  in  the  newest  mode,  his  legs  wound  in  dainty  'fasciae  ' 
of  white  leather,  with  the  heavy  gold  ring  of  the  •  ingenuus,* 
and  in  his  toga  of  ceremony,  he  still  retained  ail  his  country 
freshness  of  complexion.  The  eyes  of  the  '  golden  youth  '  of 
Rome  were  upon  him  as  the  chosen  friend  of  Cornélius,  and 
the  destined  servant  of  the  emperor;  but  not  jealously.  In 
spite  of,  perhaps  partly  because  of,  his  habituai  reserve  of 
manner,  he  had  become  'the  fashion,*  even  among  those  who 
felt  instinctively  the  irony  which  lay  beneath  that  remark- 
able  self-possession,  as  of  one  taking  ail  things  with  a  différ- 
ence from  other  people,  perceptible  in  voice,  in  expression, 
and  even  in  his  dress.  It  was,  in  truth,  the  air  of  one  who, 
entering  vividly  into  life,  and  relishing  to  the  fuU  the  deli- 
cacies  of  its  intercourse,  yet  feels  ail  the  while,  from  the  point 


RICCARDI  PRESS  :  PAGE  FROM  WALTER  PATER'S  "  MARIUS  THE  EPICUREAN, 
PRINTED  IN  11    POINT  FOUNT  DE8IQNED  BY    HERBERT   P.    HORNE 

35 


CAPITVLVM  VI.INTERROGATIODE  EX. 
ERCITIO  ANTE  COMMVNIONEM 
VOX  DISCIPVLI 

CVM  TVAM  DIGNITATEM,  DOMI. 
ne,  et  meam  uilitatem  penso^ualdecontremi" 
SCO  et  in  me  ipso  confundor.  Si  enim  non  ac«* 
cedo  uitam  fugio,  et  si  indigne  me  ingessero 
offensam  incurro,  Qtiid  ergo  faciam,  Deusmeus^auxi" 
liator  meus  in  necessitatibus  meis  ?  Tu  doce  me  uiam 
rcctam^propone  breue  aliquod  exercitium  sacrae  com*» 
munioni  congruum,  Vtile  est  enim  scire  qualiter  scili- 
cet  deuote  ac  reuerentertibi  praepararedebeocor  me- 
umad  recipiendum  salubriter  tuum  sacramentum,  seu 
etiam  celebrandum  tam  magnum  et  diuinum  sacrifici" 
um, 

capitvlvmvii.de  DISCVSSIONE  PRO- 
PRIAE  CONSCIENTIAE  ET  EMENDATI. 
ONISPROPOSITO 
VOXDILECTI 

SVPEROMNIACVMSVMMAHVMILI. 
tate  cordis  et  supplici  reuerentia,  cum  plena  fidc 
etpia  intentione  honoris  Dei  ad  hoc  sacramentum 
celebrandum  tractandum  et  sumendum  oportet 
Deisacerdotemaccedere.  Diligenter  examina  conseil 
entiam  tuam ,  et  pro  posse  tuo  uera  contritione  et  humilî 
confessione  eam  munda  et  clarifica,itautnil  graue  ha^ 
béas  aut  scias  quod  te  remordeat  et  liberum  accessum 
împediat.  Habeas  displicentiam  omnium  peccatorum 
tuorumingeneraIi,etproquotidianiscxcessibusmagis 
in  specîali  doleas  et  gemas.  Et  si  tempus  patitur,  Dec 
in  secreto  cordis  cunctasconfitere  passionum  tuarum 
miserias*  Ingemisce  et  dole  quod  ita  carnalis  adhuc  es 
et  mundanus,  tam  immortificatus  a  passionibus,  tam 
plenus  concupiscentiarum  motibus,  tam  incustoditus 


ABERDEEN  UNIVERSITY  PRESS:  PAGE  FROM  THE  "DE  IMITATIONS 
CHRISTI"  PRINTED  IN  THE  "  EWELL"  TYPE  DESIQNED  BY  DOUGLAS 
COCKERELL  FOR  MESSRS.  METHUEN  AND  CO. 

37 


A  NOTE  ON  THE  SPECIMENS  OF  LETTERING,  ILLUMI^ 
NATION,  PRINTING  AND  BOOKBINDING  SHOWN  AT 
THE  EXHIBITION  OF  ARTS  6?  CRAFTS  HELD  AT  THE 
NEW  GROSVENOR  GALLERY,  BOND  ST.,LONDON,  W. 

|T  the  Exhibition  of  Arts  and  Crafts 
nothing  gives  such  complète  satisfac^ 
tion  as  the  fine  spécimens  of  writing 
done  by  Mr.  Edward  Johnston  and  by 
Mr.  Graily  Hewitt,  and  other  disciples 
of  the  school  of  lettering  which  he  has 
established.  The  importance  of  thèse 
exhibits  is,  of  course,  not  to  be  gauged 
by  the  actual  beauty  of  the  spécimens 
themselves,  though  in  many  cases  that 
is  very  great  indeed.  If  we  encourage 
fine  writing,  it  is  not  because  we  wish  to  hang  on  our  walls  written 
and  gilded  texts  firom  the  Psalms,  or  to  treasure  in  our  cabinets  finely 
illuminated  passages  from  Keats  or  from  the  Book  of  Job  ;  it  is  because 
fine  writing  will  give  us  fine  lettering,  wherever  lettering  is  used, 
whether  in  our  printed  books,  or  on  the  hoardings  in  the  streets, 
or  in  the  advertisement  columns  of  our  newspapers,  or  on  the  monu- 
ments and  memorials  in  our  graveyards  and  churches.  It  is  the  chief 
glory  of  the  school  that  the  fine  lettering  which  is  taught  there  has 
abready  begun  to  penetrate  to  ail  thèse  places.  It  is  also  finding  its 
way  into  the  typefounders'  spécimen  books,  and  it  is  well  for  the 
future  of  printing  that  it  should  do  so.  Just  as  in  the  first  years  of 
printing  the  typefounders  produced  beautifiil  letter  because  the  fine 
writing  of  their  day  gave  them  their  inspiration  and  their  models, 
so  in  this  modem  school  of  writing  we  hâve  the  best  hope  for  the 
inspiration  and  the  models  which  will  enable  our  typefounders  to 
give  us  fine  letter  in  the  future.  The  value  of  the  work  of  the  school 
to  the  printer  is  shown  at  the  Grosvenor  Gallery  in  the  versai  and 
initial  letters  written  for  the  splendid  quarto  Virgil  printed  by  Mr. 
Hornby  at  the  Ashendene  Press,  in  the  fine  books  from  the  Doves 
Press,  in  the  exhibit  of  type4etter  designed  by  Miss  Zompolides 
and  used  at  the  Arden  Press  in  printing  their  folio  volume  on  "The 
Gold  and  Silver  of  Windsor  Castle,"and  in  other  works  of  merit. 


PAGE  PRINTED  IN  THE  "  KENNERLEY  "  TYPE,  14  POINT.  DESIGNED  BY  FREDERICK 
W.  GOUDY  AND  CAST  BY  H.  W.  CASLON  AND  CO.  LTD.  INITIAL  LETTER  BY 
PAUL  WOODROFFE,  LENT  BY  THE  ARDEN  PRESS 

39 


A  NOTE  ON  THE  SPECIMENS  OF  LETTERING,  ILLUM. 

INATION,  PRINTING  AND  BOOKBINDING  SHOWN  AT 

THE  EXHIBITION  OF  ARTS   AND    CRAFTS   HELD  AT 

THE  NEW  GROSVENOR  GALLERY,  BOND  STREET,  W. 

T  the  Arts  and  Crafts  Exhibition  nothing 
gives  such  complète  satisfaction  as  the  fine 
examples  of  writing  done  by  Mr.  Edward 
Johnston  and  by  Mr.  Graily  Hewitt,and  by 
other  disciples  of  the  school  of  lettering  of 
which  he  is  the  founder.  The  importance  of 
thèse  exhibits  is,  of  course,  not  to  be  mea^ 
sured  by  the  beauty  of  the  spécimens  them^ 
selves,  although  in  many  cases  that  is  very 
great  indeed.  Ifwe  encourage  fine  writing,  it 
is  not  because  we  wish  to  hang  on  our  walls 
written  and  gilded  texts  from  the  Psalms  or 
to  treasure  in  our  cabinets  finely  illuminated  passages  from  Keats  or  the 
book  of  Job;  it  is  because  fine  writing  will  give  us  fine  lettering,  wherever 
letter  is  used,  whether  in  our  printed  books,  or  on  the  hoardings  in  the 
streets,  or  in  the  advertisement  columns  of  our  newspapers,  or  on  the 
monuments  and  memorials  in  our  graveyards  and  churches.  The  glory 
of  the  school  is  that  the  fine  lettering  which  is  taught  there  has  already 
begun  to  penetrate  to  ail  thèse  places.  It  is  also  finding  its  way  into  type^ 
founders*  spécimen  books,  and  it  is  well  for  the  future  of  English  printing 
that  it  should  do  so.  Just  as  in  the  first  years  of  printing  the  typefounders 
produced  beautiful  letter,  because  the  fine  writing  of  their  day  gave  them 
their  inspiration  and  their  models,  so  in  this  modem  school  of  writing  we 
hâve  the  best  hope  for  the  inspiration  and  the  models  which  will  enable 
our  typefounders  to  give  us  fine  letter  in  the  future.  The  valueof  the  work 
of  the  school  to  the  printer  is  shown  at  the  Exhibition  in  the  versai  and 
initial  letters  written  for  the  splendid  quarto  Virgil  printed  at  the  Ashen^ 
dene  Press  by  Mr.  Homby,  in  the  fine  books  from  the  Doves  Press,  in  the 
framed  exhibit  of  type^letter  designed  by  Miss  Zompolides  and  used  at 
the  Arden  Press  in  printing  their  folio  volume  on  "The  Gold  and  Silver 
of  Windsor  Castle.'*  So  far,  however,  the  school  has  not  produced  a  letter 
suitable  for  printing  the  text  of  a  book.  We  feel  sure  that,  if  training  and 
study  be  directed  to  that  end,  there  may  be  designed  under  its  influence 
founts  of  type^letter  as  graceful  in  the  lower<case  as  in  the  majuscules, 
which  shall  fulfil  ail  the  requirements  of  modem  printing.  The  true  lines 
of  development  would  seem  to  be  those  of  the  Italian  humanistic  letter  of 
the  fifteenthcentury,  which  gave  the  early  printers  their  first  roman  letter. 
CBook  illustration  is  not  so  well  represented  at  the  Exhibition  as  we 
should  hâve  wished.  Many  of  the  exhibits  show  a  lack  of  the  sympathy 
which  should  attach  the  drawingto  the  printed  page  which  it  is  to  accom^ 
pany.  It  is,  perhaps,  diffîcult  to  bring  the  ordinary  three^colour  book 


PAGE   PRINTED  IN  THE  "DOLPHIN  OLD  STYLE"  TYPE.   12   POINT 
DESIGNED  AND  CAST  BY   P.   M.  SHANKS  AND  SONS 


41 


OAY^^€IAC  BIBAOC  A€YT€PA.  lOA- 
KH^ICDN  ArOPA.  THAeMAXOY  AnO- 
AHMIA 

*Hjuioç  a*  HpiylNSia  çocnh  poAo2^ciKTvXoç  'HeSç, 
âpu\n  àp*  Ig  evNHçii^  'O^vc^hoç  çIXoç  vîoç, 
eÎJUiaTa  lo'cyàjui.SNoo  irspl  Aè  gîçoç  ogv  eér  oSjulcp, 
Txoacx  A'  VTTO  XiTTapoïcyiN  lAHcyaro  KaXà  iréAiXa, 
6h  a*  ïjulsn  6K  ecxXotJUioio  06^  iNaXîyKioç  ônthn» 
aïvj/a  Xè  KHpvK8(ycyi  XiyvçeoYyoïcn  KsXsvcys 
KHpyjccyBm  ayopHNXs  KotpH  KOJuiocoNTaç  Axaiovç» 
oî  jxèn  BKHpvaaoH,  toi  X'  AysipoNTo  JiàX  wKa. 
avTcxp  Itts!  P>  hy^P^sn  ojaHyspseç  t  lyeNONTo, 
6h  pi  ÏJUL6N  8ÎÇ  ayopHN,  TTaXàui;!  X*  8X3  xot^KsoN  lyxoç, 
ovK  oïoç,  axta  t^  y  8  kvn8Ç  ttoXqç  âpyoî  Ittonto. 
e8(m8atHN  A*  âpa  t^  y8  xàpw  kcxt6X6V8n  AenNH» 

TON  h!  âpa  TraNT8Ç  XaOl  87T8px6iJl8NON  eH8VNTO* 

8J8TO  X*  In  TTcrrpoç  ûcSkcp,  8!^n  Xè  yépoNTSç» 
roxax  Z!  lïteie'  Hpcoç  Aîyvrmoç  ffpx*  ayop8V8iN, 
oç  Xh  yHpàï  KV90Ç  8HN  Kat  javpta  i^Xh* 
kqî  yàp  Tov  91X0Ç  vîoç  ojui'  aNTieécp  'OXv^hï 

''IXlON  8ÎÇ  SVTTÛîXON  IBh  KOlX^Ç  SNl  NHVCTtN, 

>\ntiçoç  aîxJUiHTHC  TON  X*  aypioç  8KTaN8  KvkXcùvJ/ 
In  oiTHÏ  yXa9vp^,  in/juiaTON  X'  cânXi^cyaTO  XopTTON» 
Tp8Î<;  Xe  ot  âXXot  8<;aN»  kqI  ô  julIn  juiNHCTHpmN  ôjaiX8tt 
fcvpvNOJUt-oç,  Xvo  X'  aîsN  Ixon  TraTpoDÏa  Ipyœ 
âXX'  ovX*  (Sç  TOV  XHe8T*  ôXvp6jui8No<;  Kat  àx^vcoN. 

TOV  ô  y8  XoCKpV  xlû>N  àyopHCîaTO  Kai  JU18T881TT8^ 


OXFORD  UNIVERSITY  PRESS:  PAGE  FROM  THE      ODY8SEY,"  PRINTED 
IN  THE  "OTTER"  TYPE  DE8IGNED  BY  ROBERT  W.  PROCTOR 


43 


Vy  V  H/that  long  since  hast  to  thy  mighty  powre 

Perforée  subdude  my  poore  captived  hart, 

And,  raging  now  therein  with  restlesse  stowre, 

Doest  tyrannize  in  everie  weaker  part; 

Faine  would  I  seeke  to  ease  my  bitter  smart 

By  any  service  I  might  do  to  thee. 

Or  ought  that  else  might  to  thee  pleasing  be. 

And  now  t'  asswage  the  force  of  this  new  flame, 

And  make  thee  more  propitious  in  my  need, 

I  meane  to  sing  the  praises  of  thy  name, 

And  thy  victorious  conquests  to  areed, 

By  which  thou  madest  many  harts  to  bleed 

Of  mighty  Victors,  with  wyde  wounds  embrewed, 

And  by  thy  cruell  darts  to  thee  subdewed. 

Onely  I  feare  my  wits  enfeebled  late 

Through  the  sharpe  sorrowes  which  thou  hast  me  bred, 

Should  faint,  and  words  should  faile  me  to  relate 

The  wondrous  triumphs  of  my  great  god-hed  : 

But,  if  thou  wouldst  vouchsafe  to  overspred 

Me  with  the  shadow  of  thy  gentle  wing, 

I  should  enabled  be  thy  actes  to  sing. 

Come,  then,  O  come,  thou  mightie  God  of  Love, 
Out  of  thy  silver  bowres  and  secret  blisse, 
Where  thou  doest  sit  in  Venus  lap  above, 
Bathing  thy  wings  in  her  ambrosiall  kisse, 
That  sweeter  farre  then  any  Nectar  is; 
Come  softly,  and  my  feeble  breast  inspire 
With  gentle  fiirie,  kindled  of  thy  fire. 


LONDON  COUNTY  COUNCIL  CENTRAL  SCHOOL  OF  ARTS  AND  CRAFTS  :  PAGE  FROM 
EDMUND  SPENSER'3  "  FOUR  HYMNSON  EARTHLY  AND  HEAVENLY  LOVE  AND  BEAUTY  " 
PRINTED   IN   CASLON  TYPE.     WOODCUT  INITIAL  BY  W.  F.   NORTHEND,  STUDENT 

45 


QUE  LI  QUENS  BOUGARS  DE  VALENCE  F  AISOIT 

guère  au  conte  Garin  de  Biaucaire  si  grande  et  si  mervel- 
leuse  et  si  mortel,  qu'il  ne  fust  uns  seux  jors  ajornés  qu'il  ne 
fust  as  portes  et  as  murs  et  as  bares  de  le  vile  a  .c.  cevaliers 
et  a  .X.  mile  sergens  a  pié  et  a  ceval;  si  li  argoit  sa  terre  et 
gastoit  son  païs  et  ocioit  ses  homes.  ^  Li  quens  Garins  de 
Biaucaire  estoit  vix  et  fraies  si  avoit  son  tans  trespassé.  Il 
n'avoit  nul  oir,  ne  fil  ne  fille,  fors  un  seul  vallet.  Cil  estoit 
tex  con  je  vos  dirai.  Aucasins  avoit  a  non  li  damoisiax  ;  biax 
estoit  et  gens  et  grans  et  bien  tailliés  de  ganbes  et  de  pies  et 
de  cors  et  de  bras.  Il  avoit  les  caviax  blons  et  menus  recer- 
celés  et  les  ex  vairs  et  rians  et  le  face  clere  et  traitice  et  le 
nés  haut  et  bien  assis,  et  si  estoit  enteciés  de  bones  teces, 
qu'en  lui  n'en  avoit  nule  mauvaise,  se  bone  non.  Mais  si 
estoit  soupris  d'amor  qui  tout  vaint,  qu'il  ne  voloit  estre 
cevalers  ne  les  armes  prendre  n'aler  au  tornoi  ne  fare  point 
de  quanque  il  deust.  Ses  père  et  se  mère  li  disoient:  ^  Fix, 
car  pren  tes  armes  si  monte  el  ceval  si  deffént  te  terre  et 
aïe  tes  homes.  S'il  te  voient  entr'ex,  si  defenderont  il  mix 
lor  cors  et  le  avoirs  et  te  tere  et  le  miue.  ^  Père,  fait  Aucas- 
sins,  qu'en  parlés  vos  ore  ?  Ja  dix  ne  me  doinst  riens  que  je 
li  demant,  quant  ère  cevaliers  ne  monte  a  ceval,  ne  que  voise 
a  estor  ne  a  bataille,  la  u  je  fiere  cevalier  ni  autres  mi,  se  vos 
ne  me  donés  Nicholete,  me  douce  amie  que  je  tant  aim. 
^Fix,  fait  li  pères,  ce  ne  poroit  estre.  Nicolete  laise  ester  ; 
que  ce  est  une  caitive  qui  fu  amenée  d'estrange  terre,  si 


LONDON  COUNTY  COUNCIL  CENTRAL  8CHOOL  OF  ARTS  AND  CRAFTS  :  PAGE  FROM     AUCA8SIN 
AND  NICOLETTE,"  IN  OLD  FRENCH.  PRINTED  IN  CASLON  TYPE,  WITH  DECORATIVE  HEADINQ 


47 


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•THEFIRSTBOOK 
OFTHEFAERIE 
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•COÎfi^AYNlNO  THELEOEWI^ 
OF  THE  KNIÔHT  OF  THE  RED- 
•CRQSÔ;  QROrHOLINE55E«^ 
•BY-  EDMUND-.5PE1HÔER^ 
•EDlTEDBYTHOMASTWlôE* 
.SMDPORTRXïEDlMAôEBffiô 
•  or  DEôlûNÔ  BP  WAlTERClUVriE 


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•LOMDOH:  OEOROEALLEN- 
•  WlôKINHOUÔE*  156  OmR.' 
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TITLE-PAQE  BY  WALTER  CRANE  FOR  THE  FIRST 
BOOK  OF  "THE  FAERIE  QUEENE"  (SIZE  OF 
ORIGINAL  WOOD-ENQRAVINQ  10X7i  INCHE8) 

50 


{Re^oduced  hy permission  o/Masrs, 
Gearge  Allen  and Co, Ltd.) 


{Re^oducedhy  permission  ef  Messrs. 
Getrge  AlUn  and  Co.  Ltd.) 


FULL-PAOE  ILLUSTRATION  BY  WALTER  CRANE  FOR 
THE  F1R8T  BOOK  OF  "THE  FAERIE  QUEENE."  (StZE 
OF  ORIGINAL   WOOD-ENQRAVINQ  9iX7i  INCHE8) 


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DESIGN     FOR     A     TITLE-PAGE.       BY     REGINALD     L.     KNOWLES. 
PUBLISHED  BY  MESSRS.  GEORGE  ROUTLEDGE  AND  SONS,  LTD. 


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FRONTISPIECE  TO  AYMER  VALLANCE'S  "OLD  COLLEGES  OF  OXFORD" 
DESIQNED  BY  HAROLD  NELSON  FROM  SUGGESTIONS  BY  AYMER  VALLANCE 
PUBLISHED  BY   MESSRS.   B.  T.   BATSFORD  LTD. 


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^ANATOLE    FRANCE 


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THE  FRINCESS  OF  THE  DWARES 


RETOLD  IN  ELNGLISn  BV 
PETER  WRIGHT  &^ILLU3TRA- 
TED  By  CHARLE5  R0BIN50N 


I,ONDON  .  J.M.Denrc^  Sons  Lid.Bedrord  ë>t  W.C 
NEW  yORK  X.RDtjtlon  &  Co 

1912 


TITLE-PAGE  DESIQNED  BY  CHARLES  ROBINSON 
FOR    MESSRS.  J.  M.   DENT  AND  SONS  LTD. 

62 


THE  BIRTH  LIFE  AND  ACTS  OF  KING  ARTHUR  OF  HIS 

NOBLE    KNIGHTS  OF  THE   ROUND   TABLE  THEIR 

MARVELLOUS    ENQUESTS  AND   ADVENTURES 

THE   ACHIEVING    OF    THE    SAN    GREAL 

AND   IN  THE  END  LE   MORTE  DAR- 

THUR   WITH  THE  DOLOUROUS 

DEATH    AND     DEPARTING 

OUT  OF  THIS  WORLD 

OF    THEM    ALL. 


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THE  TEXT  AS  ^RïT- 

TEN  BY  SIR  THOMAS  MALORY 

AND  IMPRINTED  BY  WILLIAM  CAXTON 

AT    WESTMINSTER    THE    YEAR    MCCCCLXXXV 

AND  NOW  SPELLED  IN  MODERN  STYLE.      WITH  AN 

INTRODUCTION    BY    PROFESSOR    RHYS    AND    EMBELLISHED 

WITH  MANY  ORIGINAL  DESIGNS  BY   AUBREY   BEARDSLEY.      MDCCCCIX. 


TITLE-PAQE  DE8IQNED  BY  AUBREY  BEARDSLEY 
FOR    MESSRS.  J.  M.  DENT  AND  SONS  LTD. 


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DESIGN    FOR  A  TITLE-PAGE.    BY  THOMAS   DERRICK 
PUBLISHED     BY     MESSRS.    SIEGLE,    HILL    AND    CO. 


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ail  tkmo«  ivom  xnÂ.  ouL^ 
nrke  cru  cp  ^  ckUxl  tnj  tkc  ro  acU 
luxu  tkc  crcxk  ofx  UunbcruvO'CArt, 

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W  tkcclcepe  crFrou  ruwtrt^. 

Luroruç  opuJ^^lvak.pc^tnu^09U^ 

^  T  kuru>cr  to  cntuxL  tk^m.  xn^u>  aovcl 


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Ipor  rrai  arwiro^i^P  tpur  UTUu>ct}ut^bloeeaTrt« 
'a^ix>ee  uvtkc  cL^^p^  op  tnu  rmxjrt . 


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OUALA  PRESS  :PAQE  DESIQNED  BY  CHARLES  BRAITHWAITE 

68 


LA   RELIURE  DE   LUXE  EN  ANGLE- 
TERRE.    PAR  DOUGLAS   COCKERELL 

C [PRESSION  "reliure  de  luxe"  ou  "reliure  fine"  que  l'on 
emploie  dans  le  commerce,  signifie  que  l'artisan  a  opéré  de  son 
mieux  avec  les  meilleurs  matériaux.  Elle  peut  être  simple  ou 
décorée  ;  mais,  quel  qu'en  soit  le  genre,  il  faut  qu'elle  soit  ce 
que  l'artisan  sait  donner  de  mieux.  Les  livres  imprimés  sont  générale- 
ment des  ouvrages  faits  à  la  machine,  et  il  semblerait  rationnel  qu'il 
en  fût  de  même  pour  leurs  couvertures  ;  c'est  effectivement  le  cas 
des  emboîtages  avec  lesquels  la  plupart  des  livres  anglais  sont  publiés. 
On  a  une  tendance  à  croire  que  le  prix  de  la  reliure  doit  être  en  rapport 
avec  le  prix  du  livre  ;  mais  comme  les  volumes  sont  imprimés  par 
milliers,  et  que  les  belles  reliures  ne  peuvent  être  exécutées  que  séparé- 
ment, à  la  main,  et  au  prix  de  beaucoup  de  soin,  il  est  inévitable  qu'en 
général  une  pareille  reliure  soit  beaucoup  plus  coûteuse  que  le  livre 
qu'elle  recouvre.  Cet  état  de  choses  existe  probablement  depuis  qu'on 
a  pu  imprimer  à  bon  marché  et  cependant  il  y  a  toujours  eu  des  gens  qui 
attribuaient  à  certains  livres  une  valeur  assez  haute  pour  qu'ils  méri- 
tassent d'être  décorés  et  reliés  richement.  Car  un  véritable  bibliophile 
estime  un  volume  autrement  qu'à  son  prix  de  librairie,  et  il  peut  tenir  à 
ce  qu'une  œuvre  d'un  de  ses  auteurs  favoris  soit  précieusement  recou- 
verte. Certains  livres  demandent  à  être  richement  garnis  en  raison  de 
leur  nature  et  de  leur  emploi.  Les  livres  liturgiques,  par  exemple,  se 
prêtent  très  bien  à  l'ornementation,  pourvu  qu'elle  soit  de  bon  goût. 
Ils  donnent  simplement  une  note  somptueuse,  dans  une  grande  église  ou 
dans  une  cathédrale  ;  il  faut  les  apprécier  en  fonction  du  milieu,  et  non 
isolément.  M  On  a  à  présent  une  tendance  à  estimer  la  décoration  en 
raison  inverse  de  son  abondance,  à  demander  qu'elle  soit  concentrée  en 
certains  endroits,  laissant  vide  la  plus  grande  partie  de  la  surface  de 
l'objet.  C'est  une  manière  fort  raisonnable  de  comprendre  la  reliure, 
mais  ce  n'est  pas  la  seule.  On  peut  donner  une  reliure  satisfaisante  avec 
peu  ou  pas  d'ornementation,  on  ne  risque  guère,  dans  ce  cas,  d'aboutir  à 
un  désastre  complet.  Couvrir  toute  la  surface  d'une  reliure  avec  des 
ornements  et  des  dorures,  c'est  beaucoup  plus  difficile,  si  l'on  veut  un 
résultat  satisfaisant,  mais  c'est  possible,  et  cela  vaut  la  peine  qu'on  le 
fasse  si  on  le  réussit.  Jff  Actuellement,  il  y  a  en  Angleterre  beaucoup  de 
relieurs  qui  sont  capables  d'exécuter  des  ouvrages  tout  à  fait  supérieurs  ; 
et,  heureusement,  il  y  a  chez  nous  et  en  Amérique  des  amateurs  de  livres 
qui  ont  assez  de  goût  et  assez  de  moyens  pour  leur  donner  des  com- 
mandes. Il  est  probable  que  si  quelqu'un  avait  la  hardiesse  de  consacrer 
cent  ou  deux  cent  mille  francs  à  la  reliure  des  plus  beaux  livres  que  l'on 
fabrique  actuellement,  il  trouverait,  s'il  répartissait  judicieusement  les 

69 


dépenses,  qu'il  aurait  acquis  une  bibliothèque  destinée  à  devenir  célèbre 
dans  le  monde  entier.  Un  fait  intéressant,  c'est  la  renaissance  de  l'usage 
des  armoiries  sur  les  reliures  ;  lorsque  certaines  bibliothèques  modernes 
seront  dispersées,  les  noms  des  propriétaires  des  livres  seront  rappelés 
comme  ceux  des  détenteurs  primitifs  de  tant  de  livres  armoriés  qui  nous 
viennent  du  passé.  Mil  y  a.  des  qualités  qui  sont  communes  à  tous  les 
livres  bien  reliés.  Bien  entendu,  les  volumes  d'un  genre  tout  à  fait  par- 
ticulier doivent  être  traités  d'une  façon  spéciale  ;  mais  on  peut  dire, 
d'une  façon  générale,  que  chaque  page  doit  pouvoir  s'ouvrir  franche- 
ment jusqu'au  fond.  Cela  veut  dire  que  toutes  les  feuilles  ou  planches 
séparées  doivent  être  fixées  au  moyen  d'onglets,  qu'il  ne  faut  tolérer  ni 
collage  sur  bord  ni  remplissage,  et  que  le  dos  doit  être  parfaitement 
souple.  Les  cahiers  doivent  être  cousus  avec  des  cordons  souples,  dont 
les  bouts  doivent  être  solidement  fixés  aux  plats  ;  le  dos  doit  être  couvert 
d'une  bande  solide,  par  exemple  en  cuir,  ce  qui,  tout  en  protégeant  les 
cordons,  donne  plus  de  force  à  la  reliure.  Une  belle  reliure  peut  encore 
se  distinguer  par  divers  caractères  de  raffinement  et  de  soin,  mais,  si  elle 
n'a  pas  les  qualités  que  nous  avons  indiquées,  il  y  a  des  chances  pour 
qu'elle  ne  constitue  pas  un  ouvrage  satisfaisant.  Un  livre  bien  relié  doit 
pouvoir  s'ouvrir  aisément  et  rester  ouvert,  se  fermer  aisément  et  rester 
fermé.  On  peut  relier  n'importe  quel  livre  de  telle  façon  qu'il  ne  s'ouvre 
pas,  mais  il  y  a  des  livres  que  l'on  ne  peut  relier  de  telle  façon  qu'ils  s'ou- 
vrent et  se  ferment  doucement.  Jff  La  reliure  n'est  qu'une  partie  de  l'in- 
dustrie, si  vaste,  du  livre,  et,  pour  obtenir  un  livre  parfait,  il  faut  que  les 
artisans,  dans  chaque  partie,  aient  la  même  idée  de  ce  que  doit  être  un 
livre,  et  que  chacun  d'eux  contribue  à  la  réalisation  de  cet  idéal.  Mal- 
heureusement, il  arrive  trop  fréquemment  que  les  imprimeurs  se  con- 
tentent de  la  perfection  du  tirage  ;  il  résulte  de  là,  par  suite  d'erreurs  dans 
le  choix  du  papier  ou  de  l'imposition,  que  le  relieur  a  à  affronter  des  diffi- 
cultés qui  ne  s'imposaient  pas  et  qui  parfois  sont  insurmontables.  Un 
livre  qui  ne  s'ouvre  pas  aisément,  et  qui,  lorsqu'on  veut  le  fermer,  reste 
entr'ouvert  comme  une  huître,  n'est  pas  d'un  maniement  agréable  ;  et 
lorsque  l'on  remarque  ces  défauts,  on  les  met  généralement  sur  le  compte 
du  relieur.  Parfois  il  le  mérite,  mais  le  plus  souvent  la  faute  en  est  due  au 
'  papier.  Pour  ouvrir  un  livre,  il  faut  courber  un  certain  nombre  de  pages  ; 
et  lorsque  le  papier  est  si  raide  qu'un  folio  seul  ne  peut  s'abaisser  par  son 
propre  poids,  le  livre  ne  pourra  s'ouvrir  convenablement  si  on  le  relie  de 
la  manière  habituelle.  On  peut  relier  un  paquet  de  cartes  à  jouer  en 
fixant  chacune  sur  un  onglet,  de  façon  à  former  une  sorte  de  volume 
qui  s'ouvre  et  se  ferme  aisément  ;  mais  si  la  chose  est  réalisable,  cela  ne 
justifie  pas  la  fabrication  de  livres  qui  exigent  un  procédé  aussi  forcé 
pour  se  prêter  à  une  reliure  satisfaisante.  Jff  Lorsque  William  Morris 
fonda  l'Imprimerie  Kelmscott,  il  ne  rénova  pas  seulement  l'imprimerie 
70 


artistique  ;  il  établit  un  mode  de  reliure  tout  à  fait  rationnel,  et  les 
éditeurs  qui  suivirent  son  mouvement  l'appliquèrent,  de  sorte  que  nous 
avons  en  Angleterre  quantités  de  livres  bien  imprimés  qui  sont  dignes 
d'avoir  une  magnifique  reliure,  sans  imposer  au  relieur  d'obstacles  inu- 
tiles. JS  M.  Cobden-Sanderson  a  beaucoup  contribué  à  rétablir  l'usage 
du  dos  collant  ou  souple.  Le  cuir  est  fixé  directement  au  dos  des  cahiers, 
et  contribue  ainsi  aies  maintenir  solidement  ensemble.  Jusqu'à  ces  cent 
dernières  années,  tous  les  livres  reliés  en  cuir  avaient  des  dos  collants  ; 
vint  alors  l'usage  du  dos  creux.  Un  dos  collant  doit  se  retourner  quand 
on  ouvre  le  livre  ;  c'est-à-dire  que,  convexe  lorsque  le  livre  est  fermé,  il 
doit  devenir  concave  quand  on  l'ouvre.  Cela  produit  un  certain  écrase- 
ment du  cuir,  écrasement  qui  est  funeste  à  la  dorure  ;  mais  quand  le 
livre  est  bien  relié  l'inconvénient  n'est  pas  grave,  et  il  ne  faut  pas  que  l'on 
sacrifie  à  l'ornementation  des  questions  importantes  en  ce  qui  concerne 
la  structure.  JffLe  dos  creux  n'écrase  pas  le  cuir,  aussi  est-il  préféré  par 
les  gens  du  métier  ;  en  outre  il  est  plus  aisé  de  couvrir  proprement  un 
dos  creux  qu'un  dos  collant  ;  mais  les  efibrts  auxquels  donnent  lieu 
l'ouverture  et  la  fermeture,  qui  devraient  se  répartir  également  sur  tout 
le  dos,  sont,  dans  le  cas  du  dos,  localisés  aux  jointures  ;  de  sorte  qu'en  cas 
endroits  le  cuir  est  sujet  à  se  briser  s'il  n'est  pas  spécialement  renforcé, 
comme  c'est  le  cas  des  registres  bien  reliés.  JS  Si  les  dos  souples  —  lors- 
qu'ils justifient  vraiment  cette  appellation  —  sont  incontestablement  les 
meilleurs,  quelques  relieurs  mettent  au  dos  une  doublure  qui  le  raidit  au 
point  qu'aucun  mouvement,  ou  presque,  n'est  possible,  lorsque  le  livre 
est  ouvert.  Cela  évite  l'écrasement  du  cuir  et  laisse  la  décoration  intacte, 
mais  le  livre  ne  s'ouvre  pas,  et  un  dos  aussi  raide  ne  vaut  rien.  Dans  le 
choix  du  cuir,  on  tient  compte  surtout  de  sa  force  et  de  sa  souplesse  ; 
cependant  bien  des  relieurs  sacrifient  délibérément  cette  dernière  qualité, 
pour  s'assurer  une  netteté  parfaite  ou  pour  pouvoir  cacher  des  défauts.Jtf 
Il  est  de  mode,  dans  certains  milieux,  de  considérer  le  travail  comme 
parfait  lorsque  les  plats  ont  un  bord  bien  régulier.  On  ne  peut  y  arriver 
qu'en  rognant  le  cuir  comme  du  papier,  ce  qui  lui  laisse  peu  de  force.  Il 
est  naturel  qu'un  objet  recouvert  de  cuir  ait  des  bords  mous  et  arrondis, 
et  il  n'est  pas  rationnel  d'exiger  qu'une  matière  n'ayant  rien  de  commun 
avec  le  bois  puisse  être  égalisée  comme  une  planche.  Les  bords  d'un  plat 
recouvert  de  cuir  doivent  avoir  une  surface  parfaitement  plane,  et 
n'importe  quel  bon  ouvrier  saura  éviter  de  donner  un  aspect  trop  gauche. 
C'est  seulement  quand  ils  sont  extrêmement  fins,  ce  qu'admirent  tant 
les  profanes,  qu'ils  prêtent  à  critique.  Pour  les  tranches,  la  mode  a  adopté 
deux  partis  extrêmes  :  quelques  bibliophiles  veulent  qu'elles  restent  in- 
tactes, d'autres  exigent  qu'elles  offrent  une  surface  unie  comme  celle 
d'un  métal.  Les  bords  de  pages  inégaux,  à  barbelure,  sont, avec  le  papier 
à  la  main,  un  inconvénient  inévitable,  dû  au  mode  de  fabrication  de  ce 

71 


papier.  Les  anciens  relieurs  égalisaient  légèrement  ces  bords,  parce 
qu'autrement  ils  auraient  présenté  un  aspect  désagréable,  ils  auraient 
gêné  pour  tourner  les  pages,  et  auraient  emmagasiné  la  poussière.  Par- 
fois, on  ne  touchait  pas  aux  pages  qui  étaient  plus  courtes.  Les  gens 
de  métier,  en  Angleterre,  appellent  ces  pages  des  "  preuves  ",  parce 
qu'elles  prouvent  qu'on  n'a  pas  rogné  à  tort  et  à  travers.  Pour  dorer  les 
tranches  d'une  façon  bien  uniforme,  le  relieur  doit  rogner  au  ciseau  les 
pages  les  plus  basses,  ce  qui  amène  souvent  à  réduire  exagérément  le 
format  ;  mais  on  peut  réaliser  un  compromis,  en  égalisant  légèrement 
chaque  signature  et  en  la  dorant  séparément,  avant  que  toutes  soient 
cousues.  De  cette  façon,  les  tranches  ont  un  aspect  plus  riche  et  cepen- 
dant naturel,  et  n'ont  pas  besoin  d'un  rognage  trop  excessif  M  Dans  ces 
derniers  temps  on  s'est,  en  Angleterre,  livré  à  de  sérieuses  recherches 
portant  sur  les  matériaux  de  reliure.  La  Commission  des  cuirs  de  reliure 
de  la  Société  Royale  des  Arts  a  établi  des  modèles,  de  sorte  que  les 
relieurs  peuvent  se  procurer  des  peaux  qui  ne  se  détériorent  pas  au  cours 
du  travail  ;  et  l'on  prépare  maintenant,  dans  notre  pays,  des  cuirs  excel- 
lents pour  la  reliure.  Les  fabricants  sont  arrivés  à  donner  au  cuir  toutes 
les  teintes  désirables,  pourvu  qu'elles  n'aient  rien  d'extravagant,  sans  re- 
courir à  l'acide  sulfurique  ;  il  y  a  seulement  quelques  nuances  claires  de 
fantaisie  que  Ton  ne  peut  obtenir  avec  les  cuirs  non  traités  à  l'acide.  Il 
est  d'ailleurs  véritablement  avantageux  que  l'on  ne  puisse  se  procurer  ces 
nuances  de  fantaisie  sur  du  cuir  non  travaillé  normalement,  car  elles  se 
fanent  presque  toujours,  et  les  livres  ainsi  reliés  ont  généralement  l'air 
d*être  destinés  à  ne  pas  servir.  -*f  II  y  a  différentes  manières  de  décorer  les 
livres  reliés  en  cuir  ;  mais  la  plus  fréquemment  employée,  de  beaucoup, 
c'est  l'estampage,  avec  ou  sans  dorure  ;  et  c'est  des  reliures  estampées 
que  nous  nous  occupons  ici.  L'estampage  ordinaire  se  fait  à  chaud  ;  les 
meilleurs  instruments  pour  ce  travail  sont  analogues  à  des  sceaux  :  lors- 
qu'on les  applique,  ils  forment  un  creux  sur  lequel  l'ornement  se  dé- 
tache en  relief.  Les  instruments  qui  servent  pour  la  dorure  sont  fabriqués 
de  telle  sorte  que  l'ornement  et  l'or  viennent  plus  bas  que  la  surface  du 
cuir  ;  on  peut  employer  aussi  ces  ornements  sans  mettre  d'or,  mais  la 
décoration  qu'on  obtient  alors  n'a  guère  le  caractère  qu'elle  présentait  à 
la  meilleure  époque,  c'est-à-dire  à  la  fin  du  XV^  siècle.  L'estampe  avec 
dorure  nous  vint  de  l'Orient,  et  pendant  très  longtemps  les  motifs  con- 
servèrent un  style  asiatique.  Les  reliures  anglaises,  avec  dorures  du 
XVIP  et  du  XVIIP  siècles,  ont  souvent  un  étrange  cachet  oriental.  M 
La  décoration  des  reliures  de  luxe  en  Angleterre  descendit  presque  à  son 
plus  bas  niveau  vers  le  milieu  du  dernier  siècle.  Le  talent  technique  ne 
manquait  jamais,  mais  l'ornementation  avait  perdu  toute  vitalité,  et  les 
reliures  ornementées  de  cette  époque  sont  pour  la  plupart  des  copies  ou 
des  imitations  d'ouvrages  anciens.  William  Morris  composa  quelques 
72 


très  beaux  modèles  de  reliure  toutes  couvertes  d'estampages  avec  dorures, 
dont  chacun  représentait  une  plante  complète.  Son  ami  M.  Cobden- 
Sanderson,  qui  abandonna  le  droit  pour  apprendre  le  métier  de  relieur, 
créa  des  ouvrages  dont  la  décoration  délicate  n'a  pas  été  surpassée.  Avant 
lui,  il  y  avait  eu  quelques  essais  pour  combiner  les  poinçons  de  façon  à 
former  des  ensembles.  Les  motifs  de  M.  Cobden-Sanderson  étaient  d'un 
caractère  très  simple  ;  chaque  fleur,  chaque  feuille,  chaque  bourgeon 
était  marqué  à  l'aide  d'un  poinçon  spécial.  Il  les  combinait  pour  donner 
l'impression  de  la  végétation  naturelle,  sans  jamais  enfreindre  les  limites 
et  les  conventions  qu'imposait  la  tradition  de  son  métier.  M.  Cobden- 
Sanderson  arriva  à  des  résultats  uniquement  grâce  au  génie  qu'il  déploya 
pour  employer  normalement  des  éléments  simples.  Il  usait  très  modéré- 
ment des  incrustations,  et  l'aspect  de  ses  belles  reliures  est  déterminé 
uniquement  par  l'effet  de  l'or  sur  le  cuir.  Le  genre  de  motif  qu'il  a  créé 
s'est  répandu  dans  tout  le  commerce,  principalement  grâce  à  l'enseigne- 
ment donné  dans  les  diverses  écoles  techniques  ;  et  il  est  maintenant 
assez  rare  de  trouver  une  reliure  soignée  de  date  récente  où  l'on  n'ait  pas 
cherché  à  combiner  les  divers  poinçons  de  façon  à  constituer  un  ensemble. 
M  L'emploi  de  poinçons  composés  (c'est-à-dire  formant  eux-mêmes  un 
dessin  complet,  et  ne  pouvant  se  combiner  à  aucun  autre)  est  maintenant 
restreint  aux  reliures  bon  marché.  Les  coins  et  les  rosaces  qui  ornent  le 
dos  des  livres  pour  distributions  de  prix  sont  des  exemples  inférieurs, 
mais  bien  connus,  de  l'emploi  de  ces  instruments.  Avec  l'apparition  du 
style  Cobden-Sanderson  a  coïncidé  une  reviviscence  très  active  de  l'usage 
des  entrelacs  pour  les  dorures.  Ces  lignes  enchevêtrées,  lorsqu'elles  ne  le 
sont  pas  avec  exagération,  peuvent  être  fort  belles  ;  mais  là,  comme  dans 
la  plupart  des  autres  métiers,  les  artisans  qui  ont  beaucoup  de  talent 
cherchent  presque  l'impossible  ;  et  quelques-uns  des  motifs  nouveaux  à 
entrelacs  sont  manques  parce  que  trop  recherchés.  M.  Charles  Ricketts 
a  dessiné  quelques  excellentes  reliures  avec  dorures  pour  l'Imprimerie 
Vale.  Elles  ont  à  peine  soulevé  l'attention  qu'elles  méritaient,  et  leur 
style  ne  s'est  pas  répandu,  probablement  parce  qu'il  n'est  pas  aisé  de 
reproduire  la  délicatesse  et  le  raffinement  extrêmes  avec  lesquels  M. 
Ricketts  sait  manier  les  lignes  fines.  Ces  reliures  ont  une  harmonie  qui 
leur  vaut  d'être  classées  àpart.  M.  Cobden-Sanderson  et  M.  Ricketts  ont, 
avec  des  manières  bien  différentes,  montré  tous  les  deux  que  la  dorure 
peut  donner  une  fort  belle  décoration  sans  dépasser  les  limites  qu'impose 
au  métier  la  tradition,  et  que  les  plus  belles  reliures  qu'on  produit  ac- 
tuellement ont  fait  reconnaître.  L'estampage  avec  or  est,  par  sa  nature, 
un  mode  d'expression  très  limité,  mais,  pour  en  trouver  exactement  les 
limites,  il  faut  du  sentiment  et  du  goût  plutôt  que  du  savoir.  Certaine- 
ment, dans  quelques-unes  des  reliures  de  luxe  que  l'on  exécute  actuelle- 
ment, on  a  dépassé  ces  limites  ;  et,  si  les  résultats  montrent  la  dextérité 

73 


extraordinaire  de  l'artisan,  ils  sont  moins  heureux  que  bien  d'autres 
ouvrages  moins  ambitieux.  M  II  n'y  a,  à  présent,  aucune  école  caracté- 
ristique, en  ce  qui  concerne  l'estampage  à  froid  ;  mais  parfois  ce  procédé 
est  appliqué  avec  succès.  M.  William  Morris  a  dessiné  une  reliure  re- 
marquable,en  peau  deporc  blanche,pourla  grande  édition  du  "  Chaucer" 
de  l'Imprimerie  Kelmscott.  De  nombreux  exemplaires  en  ont  été  reliés 
sur  ce  modèle  aux  ateliers  de  reliure  de  la  "  Doves  Press  "  ;  mais  la 
plupart  des  essais  qu'on  a  tentés  pour  exécuter  des  ouvrages  du  même 
genre  ont  assez  peu  réussi.  Jff  On  s'est  livré  à  beaucoup  d'efforts  pour 
ressusciter  l'art  du  cuir  modelé  et  l'appliquer  à  la  décoration  des  livres  ; 
mais  bien  que  cette  méthode  puisse  donner  d'excellents  résultats,  on  ne 
peut  dire  qu'en  général  les  reliures  de  ce  genre  qui  ont  figuré  aux  ré- 
centes expositions  soient  réussies.  Tout  travail  exécuté  sur  le  cuir  avant 
que  le  livre  soit  relié  est  presque  condamné  à  un  échec,  parce  que,  si  le 
cuir  est  modelé  avant  d'être  appliqué  sur  le  livre,  le  relieur  ne  peut  le 
manier  avec  la  liberté  nécessaire.    Mais  on  peut  donner  au  cuir  un 
modelé  suffisant  une  fois  que  le  livre  est  relié,  si  ce  cuir  est  suffisamment 
épais  ;  d'ailleurs  un  modelé  trop  en  relief  ne  convient  pas  à  la  plupart 
des  livres.  Jff  Beaucoup  de  vieilles  reliures  comportaient  de  belles  mon- 
tures en  métal  et  des  fermoirs.  Lorsque  l'on  met  des  fermoirs  à  des  livres 
modernes,  il  faut  qu'ils  ne  dépassent  pas  les  plats,  de  façon  à  ne  pas  abîmer 
les  volumes  voisins.  Les  fermoirs  qui  forment  saillie  et  les  cabochons  ne 
conviennent  qu'à  des  livres  qui  sont  destinés  à  rester  sur  un  lutrin.  M 
Lorsqu'on  traite  des  reliures  décorées,  on  est  exposé  à  cette  erreur 
fréquente,  qui  consiste  à  généraliser  des  cas  particuliers  ;  on  ne  saurait 
mettre  trop  d'ornements  sur  un  objet  aussi  petit  qu'une  couverture  du 
livre  si  ces  ornements  ont  assez  de  valeur.  Un  livre  bien  relié  avec  un 
bon  cuir  peut  être  tout  à  fait  beau  et  satisfaisant,  grâce  à  la  qualité  du 
travail,  de  la  matière  et  de  la  couleur.  Un  livre  tout  couvert  de  belles 
dorures  peut  être  de  tout  aussi  bon  goût  et  beaucoup  plus  beau  ;  mais, 
si  une  reliure  simple  comporte  assez  peu  de  chances  de  non-réussite, 
il  y  a  par  contre  des  risques  effrayants  quand  la  couverture  est  abondam- 
ment ornementée.     Il  y  a,  assurément,  toute  une  série  de  gradations 
entre  une  reliure  toute  unie  et  une  entièrement  couverte  d'or,  mais 
il  y  a  des  qualités  communes  à  toutes  les  sortes  de  décoration  avec 
dorures.  JS"  Il  y  a  peu  de  reliures  qui  soient  tout  à  fait  réussies  sans  que 
l'ornementation  soit  disposée  avec  symétrie.     Tout  essai  pour  repré- 
senter un  paysage,  des  personnages  ou  des  fleurs  naturelles,  est  presque 
condamné  à  ne  pas  réussir.  L'estampage  à  chaud  ne  convient  pas  pour 
rendre  des  sujets  de  ce  genre.     La  lettre  doit  être  bien  dessinée,  et 
sans  excentricités.  La  disposition  d'un  titre  long  sur  un  dos  étroit  peut 
obliger  à  des  coupures  fâcheuses  :  on  ne  doit  s'y  résoudre  qu'à  la  der- 
nière extrémité,  et  lorsque  la  nécessité  de  cette  mesure  est  manifeste. 
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DESIGNED  BY  J.  GREEN 


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INLAY    AND     GOLD    TOOLING.       BY     ZAEHNSDORF 


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FOR   MESSRS.  J.   M.   DENT  AND  SONS   LTD. 

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FOR   MESSRS.    QEORQE   NEWNES,  LTD. 


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INITIAL  LETTERS  DESIGNED   BY  R.  JAMES  WILLIAMS.     FOR  THE  VINCENT  PRESS 

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"COUTE  QUIIL  COUTE"  — DECORATIVE 
DRAWINQ  BY  R.  JAMES  WILLIAMS 


T24 


ALLEMAGNE 


L'ART    DU    LIVRE    EN  ALLEMAGNE 
PAR  L.  DEUBNER 

"  W  A  TYPOGRAPHIE,même  dans  les  éditionsde  luxe,  n'est  pas  un 
I  art,  et  le  compositeur  n'est  pas  un  artiste,  non  plus  que  l'im- 

I  primeur."     Voilà  ce  qu'écrivait  en  1887  Ludwig  Nieper, 

■  ^  directeur  de  l'établissement  qui  s'appelle  aujourd'hui  l'Aca- 
démie Royale  des  Arts  graphiques  et  de  l'Industrie  du  livre  à 
Leipzig;  et  c'est  dans  cette  ville  que  se  tient  actuellement  une  Expo- 
sition internationale  du  Livre,  où  tous  les  aspects  possibles  de  cette  in- 
dustrie sont  représentés,  ainsi  que  tous  les  arts  qui  s'y  rattachent  : 
témoignage  frappant  et  éloquent,  comme  on  n'en  a  peut-être  jamais 
eu  jusqu'ici,  de  la  civilisation  qui  unit  les  nations.  Les  lignes  que  nous 
venons  de  citer,  et  où  l'on  nie  l'influence  de  l'art  sur  le  travail  industriel, 
datent  d'une  époque  où  le  véritable  sentiment  artistique  manquait  com- 
plètement, et  où  l'on  se  contentait  d'imiter  et  de  reprendre  les  styles 
historiques,  en  se  dispensant  d'envisager  les  exigences  d'ordre  pratique 
de  l'industrie.  Aujourd'hui,  l'on  sait  combien  l'influence  réciproque  de 
l'art  et  de  l'industrie,  dans  tous  les  domaines,  a  été  bienfaisante  et 
féconde  pour  l'un  et  pour  l'autre  ;  l'on  sait  aussi  que  c'est  là  le  seul 
moyen  qui  a  permis  de  passer  d'un  simple  embellissement  extérieur 
à  la  forme  artistique,  de  l'ornementation  à  la  véritable  esthétique  du 
livre.  Ainsi,  dans  l'espace  de  vingt-cinq  ans  à  peine,  nous  avons  com- 
plètement changé  notre  conception  de  l'art,  et  de  sa  fonction  ;  il 
faut  laisser  à  ceux  qui  viendront  après  nous  le  soin  d'estimer  plus 
justement  que  nous  ne  le  pourrions  aujourd'hui  l'œuvre  considérable 
qui  a  été  accomplie  au  cours  d'une  génération.  Les  premières 
phases  de  ce  mouvement  de  rénovation  en  Allemagne  remontent  à 
une  vingtaine  d'années.  A  cette  époque,  nous  regardions  avec  envie 
les  publications  qui  sortaient  des  imprimeries  d'Angleterre,  et  nous 
ne  pouvions  rien  montrer  qui  soutint  la  comparaison  avec  le  célèbre 
"Faust"  de  la  "  Doves  Press"  ;  et  si  aujourd'hui  enfin  nous  pouvons 
voler  de  nos  propres  ailes,  il  serait  inexact  d'afiirmer  que  l'art  du 
livre  moderne  en  Allemagne  a  une  origine  absolument  nationale,  et 
de  désavouer  le  précieux  encouragement  et  les  enseignements  que  nous 
devons  particulièrement  à  l'Angleterre.  Et,  bien  que  nous  com- 
prenions parfaitement  que  le  livre  dans  son  ensemble,  avec  des  carac- 
tères, une  décoration,  un  papier  et  une  reliure  constituant  un  tout  bien 
coordonné,  doit  être  une  œuvre  d'art,  ce  n'est  qu'après  une  série 
d'erreurs  et  de  faux  départs  que  nous  sommes  parvenus  au  but.  Ainsi 
personne  aujourd'hui  ne  chercherait  sérieusement  à  défendre  un  ouvrage 
comme  le  catalogue  officiel  de  la  nation  allemande  à  l'Exposition 
de  Paris  en  1900;  de  même  le  caractère  "  Eckmann",  qui  fut  à  un 

127 


certain  moment  l'objet  d'un  enthousiasme  sans  précédent,  et  dans  le 
dessin  duquel  on  avait  cherché  à  concilier  le  "romain"  avec  l'ornemen- 
tation moderne  à  lignes  sinueuses,  est  à  présent  presque  complètement 
oublié.  Ces  productions,  et  bien  d'autres,  que  l'on  accueillit  alors  comme 
des  révélations,  appartiennent  à  ce  genre  d'erreurs  qui  n'est  réellement 
qu'une  exagération  de  la  vérité.  Mais,  sans  de  tels  excès,  et  sans  ces 
idées  extravagantes  qui  se  manifestèrent  alors  si  vivement,  on  n'eût  pu 
réaliser  en  si  peu  de  temps  ce  qui  a  été  effectivement  réalisé  et  ce  qui, 
malgré  des  "ratés  ",  a  conservé  toute  son  importance  dans  l'histoire  de 
la  rénovation  de  l'art  du  livre.  JT  Le  premier  fait  significatif  qui  arriva 
une  fois  qu'on  eut  de  nouveau  reconnu  la  valeur  décorative  de  la  lettre 
typographique,  ce  fut  la  publication  de  quelques  nouveaux  caractères 
dessinés  respectivement  par  Otto  Eckmann  et  par  Peter  Behrens  ;  les 
premiers  minces,  délicats  et  arrondis,  les  autres  hardis,  pleins  de  dis- 
tinction et  anguleux,  mais  tous  présentant  autant  d'aisance  et  de  naturel, 
et  également  faciles  à  lire.  Ce  furent  ces  fontes  qui  marquèrent  vraiment 
l'origine  du  nouveau  mouvement  ;  et  la  fonderie  des  Frères  Klingspor, 
qui  les  a  produits,  s'est  ainsi  placée  à  la  tête  de  tous  ces  établissements 
qui  ont  depuis  enrichi  notre  typographie  de  quantité  de  caractères  nou- 
veaux et  excellents.  On  était  arrivé  à  reconnaître  que  la  lettre  et  l'orne- 
mentation du  texte,  loin  de  pouvoir  être  considérées  comme  une  fin  en 
soi,  doit  être  adaptées  au  style  du  caractère,  afin  que  l'espace  rectangu- 
laire que  représente  une  page  fût  rempli  de  façon  à  donner  un  bon 
effet  général  et  à  satisfaire  l'œil  d'un  lecteur  de  goût.  Il  ne  restait  donc 
qu'à  confier  le  dessin  de  caractères  nouveaux  à  des  artistes  qui  se  fussent 
déjà  signalés  par  leur  mérite  et  leur  originalité  comme  décorateurs  de 
livres  ;  et  comme  aucun  des  nombreux  fondeurs  allemands  ne  désirait 
ou  même  ne  pouvait  rester  en  arrière  dans  un  pareil  mouvement,  il  en 
résulta  qu'en  l'espace  de  quelques  années  les  imprimeries  furent  inondées 
d'une  quantité  de  nouveaux  caractères  "artistiques",  dont  cependant  un 
assez  petit  nombre  ont  pu  subsister  jusqu'à  aujourd'hui.  Dessiner  un 
nouveau  caractère  ou  modeler  à  nouveau  les  anciens  types  de  romain  ou 
de  gothique,  de  façon  non  seulement  à  obtenir  un  aspect  plaisant  mais 
aussi  à  permettre  à  l'œil  de  saisir  aisément  les  groupes  de  mots  formant 
image  ainsi  que  les  lettres  isolément,  et  de  lire  les  lignes  rapidement  et 
commodément,  tout  cela  constitue  une  tâche  d'une  difficulté  singulière, 
et  dont  l'importance  n'a  pas  toujours  été  appréciée  par  ceux  qui  l'ont 
entreprise.  Pour  avoir  une  idée  de  la  multitude  d'obstacles  qu'il  y  avait 
à  surmonter,  il  faut  se  rappeler  que  les  formes  fondamentales  des  lettres 
sont  fixées  rigoureusement,  et  qu'on  ne  peut  modifier  que  légèrement 
r"œil"  du  caractère,  les  proportions  de  ses  éléments  composants, 
l'alternance  des  lignes  verticales,  horizontales  ou  obliques,  la  courbure 
des  majuscules,  l'ampleur  des  boucles  qui  commencent  ou  terminent 
128 


une  lettre  ;  que  la  lettre  imprimée,  à  l'opposé  de  la  lettre  écrite,  est 
assujettie  à  des  lois  établies,  et  que,  pour  avoir  droit  à  la  considération, 
elle  doit,  tout  en  traduisant  la  personnalité  du  dessinateur,  ne  rien  avoir 
de  trop  original,  si  elle  doit  être  d'un  usage  courant.  De  plus,  il  faut 
qu'elle  soit  conforme  à  l'esprit  de  notre  époque,  mais  sans  non  plus  y 
être  trop  assujettie,  afin  de  pouvoir  subsister  plus  tard,  comme  tant 
de  beaux  caractères  que  nous  ont  légués  les  XVIP  et  XVIIP  siècles.  M 
Comme  nous  l'avons  déjà  dit,  il  n'y  a  dans  notre  pays  qu'un  petit  nombre 
de  dessinateurs  de  caractères  typographiques  qui  aient  surmonté  toutes 
ces  difficultés,  et  parmi  leurs  noms  ceux  de  Behrens,  Tiemann,  Koch, 
Kleukens,  Weiss  et  Wieynk  viennent  au  premier  rang.  Peter  Behrens 
était  véritablement  né  pour  être  architecte  ;  après  avoir  commencé  par 
peindre  des  tableaux  de  chevalet  et  décorer  des  livres,  il  bâtit  maintenant 
des  palais,  des  usines,  et  de  gigantesques  maisons  pour  le  commerce.  Au 
cours  des  treize  dernières  années,  il  a  composé  quatre  fontes  ;  ces  créa- 
tions traduisent  toute  l'évolution  artistique  de  son  puissant  tempérament, 
et  ont  un  caractère  si  spontané,  qu'on  ne  se  douterait  nullement  qu'il  a 
fallu  des  années  de  travail  pour  les  améliorer  et  les  perfectionner,  depuis 
les  premières  ébauches  jusqu'à  la  fonte  proprement  dite.  A  côté  de  la 
première  fonte  de  Behrens,  à  laquelle  ses  formes  austères  et  anguleuses 
donnent  un  aspect  architectural,  sa  fonte  "  italique  "  ou  "  Kursiv  " 
(p.  141),  créée  six  ans  plus  tard,  paraît  plus  décorative,  avec  ses  lignes 
d'allure  douce  et  régulière  ;  dans  ses  caractères  "  romains  "  les  mieux 
réussis,  toute  la  vigueur  imposante  de  sa  dernière  phase  est  clairement 
traduite,  et  dans  ses  plus  récents,  les  caractères  "  Mediœval  "  (p.  140), 
qui  ont  été  fondus  il  y  a  quelques  semaines  seulement,  l'élément  orne- 
mental, avec  la  beauté  uniforme  des  lignes,  domine  davantage,  et 
remplit  parfaitement  son  rôle,  qui  est  de  représenter  les  traits  typiques 
de  la  typographie  de  la  Renaissance  italienne.  JX  Un  autre  caractère 
"  Mediasval  ",  qui  surpasse  pour  la  beauté  et  la  clarté  de  la  forme 
celui  que  nous  venons  de  mentionner  a  été  dessiné  par  Walter  Tiemann 
(pp.  146  et  147),  qui  est  professeur  à  l'Académie  Royale  d'Art  gra- 
phique de  Leipzig,  et  qui  se  consacre  presque  exclusivement  à 
l'avancement  de  l'art  des  caractères  et  du  livre.  Ce  type  de  lettres, 
comme  tous  les  autres  dûs  à  cet  artiste,  est  assez  impersonnel,  et  il  y  a 
plus  de  raison  que  de  sentiment  dans  l'inspiration  ;  mais  sa  discrétion 
froide  et  distinguée  lui  donne  un  mérite  tout  à  fait  exceptionnel.  De 
plus,  il  est  complètement  indépendant  des  prototypes  classiques  et  de 
leurs  imitations  Romanesques  ;  ses  diverses  séries  ont  toutes  beaucoup 
d'effet,  et  leur  emploi  n'est  pas  restreint  aux  éditions  à  tirage  limité  ;  de 
fait,  c'est  actuellement  un  de  nos  caractères  les  plus  répandus.  M  Les 
caractères  romains  dessinés  par  F.  W.  Kleukens  (pp.  151,  153  et  156) 
comptent  aussi  parmi  les  plus  heureuses  productions  de  notre  école. 

129 


mais 


Ils  sont  exempts  de  toute  excentricité,  leurs  formes  sans  prétention  n 
distinguées  sont  séduisantes,  et  même  les  variétés  minces  destinées  à 
l'ornementation  ont  une  clarté  qui  plaît.  Malgré  le  peu  d'épaisseur  des 
traits,  les  lettres  de  cette  fonte  svelte  se  combinent  en  formant  des  lignes 
d'une  lecture  facile.  Les  caractères  Kleukens  sont  pratiques  autant 
qu'attrayants  ;  et,  associés  à  une  vaste  série  de  bordures,  de  lettrines  et  de 
vignettes  de  toutes  sortes,  ils  se  prêtent  parfaitement  aux  emplois  les 
plus  divers.  Jff  Les  gracieux  caractères  dessinés  par  Heinrich  Wieynk 
(pp.  149  et  150)  ont  un  charme  beaucoup  plus  personnel,  mais  l'usage 
en  est  beaucoup  plus  restreint.  Leur  style  est  inspiré  du  rococo,  de  cette 
époque  de  charme  badin  et  de  grâce  enjouée  à  laquelle  la  typographie 
française  doit  tant  de  chefs-d'œuvre.  On  retrouve  dans  la  "  Kursiv  "  et 
dans  le  "Trianon"  de  Wieynk  jusqu'aux  inutiles  boucles  et  fioritures  et 
iusqu'à  toutes  les  bizarreries  propres  à  cette  période  ;  et  cependant 
chacune  de  leurs  lignes  a  une  vitalité  et  un  coulant  remarquables  ;  l'effet 
général  en  est  extrêmement  artistique,  et,  comme  le  montrent  les  spéci- 
mens reproduits,  ces  caractères  se  prêtent  admirablement  à  des  emplois 
variés.  Jff  On  a  entrepris  beaucoup  de  tentatives  pour  moderniser  le  vieux 
caractère  "Schwabacher",qui  remonte  au  milieu  du  XV^  siècle,  et  diffère 
de  la  "  Fraktur  "  (gothique  allemand)  en  ce  qu'il  est  plus  compact.  Dans 
ces  essais,  c'est  Rudolf  Koch  qui  jusqu'à  présent  a  le  mieux  réussi  ;  son 
"allemande",  comportant  trois  sortes  de  formes,  a  révélé  une  fois  de  plus 
la  riche  beauté  et  la  solidité  inhérentes  à  tous  les  aspects  du  gothique. 
Dans  ces  lettres  d'un  dessin  hardi  se  traduit  une  virile  gravité  et  aussi  une 
grandeur  simple  qui,  dans  les  initiales  aux  formes  enlevées  et  puissantes, 
devient  vraiment  imposante.  De  plus,  la  composition  en  est  soignée, 
dans  tous  les  détails  ;  et,  malgré  la  vigueur  des  lignes,  ils  sont  d'une 
beauté  très  expressive.  JS  Heinz  Kônig,  lui  aussi,  a  bien  réussi  avec  son 
caractère  "  Schwabacher  "  (p.  152).  Ce  caractère  est  d'une  clarté  re- 
marquable ;  et,  grâce  à  son  mélange  d'éléments  romains  et  gothiques,  il 
est  à  la  fois  solide  et  commode  ;  de  plus,  il  ne  présente  aucune  difficulté 
à  l'étranger.  On  n'y  trouve  pas  les  crochets  ni  les  boucles  qui  dans  le 
gothique  sont  si  souvent  critiqués  par  les  partisans  du  romain  ;  c'est  un 
gothique  expurgé  de  tous  les  détails  inutiles,  et  qui  a  à  la  fois  de  la  gra- 
vité et  des  qualités  décoratives.  M  Parmi  les  gothiques  nouveaux  il  faut 
mentionner  avant  tout  celui  qu'on  appelle  le  "Gothique  Weiss"  et  qui, 
dessiné  par  E.  R.  Weiss,  a  été  de  sa  part  l'objet  de  perfectionnements 
après  de  longues  années  d'une  infatigable  collaboration  avec  la  Fonderie 
typographique  Bauer  et  Cie.  Ce  caractère  a  gardé  un  style  purement 
germanique,  mais  il  est  débarrassé  des  fioritures  que  comportait  le  vieux 
gothique  allemand.  L'aspect  léger  et  dégagé  des  textes  qu'il  permet  de 
composer  leur  donne  une  clarté  qui  est  vraiment  agréable,  de  sorte  qu'on 
peut  les  lire  avec  aisance  et  commodité,  tout  en  éprouvant  la  paisible 
130 


satisfaction  que  causent  la  simplicité  et  la  netteté  de  ce  caractère  ré- 
pondant également  aux  exigences  d'ordre  pratique  et  d'ordre  esthétique. 
La  Maison  d'édition  Tempel  a,  de  même  que  nombre  d'importants 
éditeurs  allemands,  adopté  le  "  Weiss-Fraktur  "  pour  ses  éditions 
modèles  de  classiques  allemands.  M  Lorsqu'il  y  a  à  satisfaire  à  de 
nouveaux  désirs  et  que  de  nouvelles  formes  commencent  à  se  dé- 
velopper, ce  sont  toujours  les  domaines  où  la  production  est  facile  et 
agréable  qui  constituent  les  meilleurs  champs  d'expériences.  Ainsi,  il  y 
a  une  quinzaine  d'années,  le  dessin  de  reliure  était  une  des  occupations 
favorites  des  artistes  qui  s'intéressaient  à  la  réforme  de  l'art  industriel  ; 
et  tous  ceux  qui  ont  des  idées  nettes  à  ce  sujet  n'ont  pas  besoin  qu'on 
leur  rappelle  quelle  sorte  d'ouvrage  on  produisait  alors.  Sous  l'influence 
de  Van  de  Velde  qui  enseignait  que  chaque  ligne  est  une  force,  les  cou- 
vertures et  les  reliures  furent  surchargées  d'un  fouillis  de  lignes,  ce  qui 
exprimait  simplement  la  résolution  qu'on  avait  prise  de  rompre  com- 
plètement avec  les  anciennes  méthodes.  Mais  beaucoup  de  ceux  qui,  au 
début,  pratiquaient  cet  art  plus  ou  moins  en  dilettantes,  en  sont  venus,  à 
force  de  travailler  avec  calme  et  sérieusement,  à  en  résoudre  les  problèmes, 
et  à  se  consacrer  presque  exclusivement  aux  arts  graphiques  et  à  l'indus- 
trie du  livre  ;  de  sorte  qu'à  présent  nous  possédons  de  ce  côté  toute  une 
importante  organisation  :  l'Union  des  artistes  allemands  du  livre,  dont 
l'exposition  collective  est  une  des  plus  intéressantes  sections  de  l'Exposi- 
tion internationale  qui  se  tient  actuellement  à  Leipzig.  Parmi  les  artistes 
dont  l'œuvre  est  représentée  sur  nos  illustrations,  Cissarz,  Ehmcke, 
Kleukens,  Kôster,  Koch,  Renner,  Steiner-Prag,  Tiemann,  Weiss  et 
Wieynk  appartiennent  à  ce  groupe.  M  Johann  Vincenz  Cissarz  s'était, 
dès  1900,  si  bien  signalé  dans  ce  genre,  qu'on  lui  avait  confié  l'organisa- 
tion artistique  de  la  section  de  la  typographie  allemande  à  l'Exposition 
Universelle  de  Paris.  Bien  que  son  catalogue  date  déjà,  c'était  du  moins 
à  cette  époque  un  véritable  modèle,  comme  caractères,  comme  orne- 
mentation, comme  tirage  et  comme  reliure  ;  il  valut  à  l'auteur  un  grand 
nombre  de  commandes,  et  c'est  peut-être  pour  cette  raison  qu'il  se  con- 
sacra principalement  à  l'art  du  livre,  malgré  son  penchant  et  son  talent 
très  marqué  pour  la  peinture  décorative  et  même  monumentale  et  sa  pré- 
dilection pour  l'eau-forte.  De  Dresde  il  passa  à  Darmstadt,  puis  à  Stutt- 
gart ;  là,  ayant  été  nommé  professeur  à  l'Ecole  Royale  d'Art  appliqué, 
il  fut  bien  placé  pour  communiquer  aux  autres  ses  excellents  principes 
sur  le  travail  du  livre,  à  l'intérieur  et  à  l'extérieur  ;  et  il  a  déjà  accompli 
une  carrière  d'éducateur  au  cours  de  laquelle  il  a  rencontré  le  succès.  Bien 
des  tâches  agréables  lui  ont  été  confiées,  non  seulement  des  ouvrages 
d'actualité,  comme  l'établissement  de  diplômes,  d'adresses  à  offrir,  etc., 
mais  surtout  sous  forme  de  travaux  entrepris  pour  les  éditeurs  de  Stutt- 
gart. Si  les  reliures  de  luxe  exécutées  à  la  main  avec  des  matières  coû- 

131 


teuses  ont  l'avantage  au  point  de  vue  artistique,  il  n'en  est  pas  moins  vrai 
qu'au  point  de  vue  économique  et  au  point  de  vue  éducatif  les  reliures  de 
bon  goût,  que  produisent  par  quantités  les  grandes  maisons  d'édition, 
ont  beaucoup  plus  d'importance.  On  verra  représentée  pp.  i68  et  172 
une  série  de  modèles  divers  de  ces  publications  ;  elles  montrent  comment 
le  dessinateur  a  réussi  à  utiliser  l'espace  pour  présenter  son  titre  en  lettres 
hardies  ou  bien  pour  le  couvrir  entièrement  d'ornements  bien  appro- 
priés. M  Hugo  Steiner-Prag,  qui  a  d'abord  été  connu  pour  ses  poétiques 
dessins  de  contes  de  fées  et  de  livres  de  vers,  est  aussi  depuis  quelques 
années  professeur  à  l'Académie  Royale  des  Arts  graphiques  à  Leipzig. 
C'est  à  l'illustration  qu'il  doit  ses  principaux  succès,  mais  les  reliures 
reproduites  pp.  166  et  167  permettront  de  voir  qu'il  a  un  talent  très 
prononcé  pour  l'ornementation  du  livre.  Au  moyen  de  lignes  simples 
et  de  motifs  décoratifs,  généralement  confinés  dans  une  partie  centrale 
dont  les  limites  sont  bien  proportionnées,  il  arrive  à  des  effets  vraiment 
charmants.  M  Karl  Kôster  a  été  autrefois  élève  de  Peter  Behrens  ;  et, 
pour  posséder  toutes  les  ressources  dont  peut  disposer  un  relieur,  il  n'a 
pas  hésité  à  se  soumettre  à  un  apprentissage  en  règle.  Aussi  dans  ses 
travaux,  il  n'a  pas  seulement  visé  à  l'embellissement  extérieur  du  livre, 
qu'il  a  toujours  cherché  à  mettre  en  harmonie  avec  le  contenu,  il  a  aussi 
tenu  compte  du  rôle  pratique  de  la  reliure  en  tant  que  couverture  pro- 
tectrice. Les  nombreuses  reliures  qu'il  a  composées  pour  des  éditeurs 
montrent  bien  le  talent  considérable  qu'il  a  pour  obtenir  des  effets 
délicieux  avec  les  moyens  les  plus  simples.  Ainsi,  dans  les  deux  repré- 
sentées ici,  "Heimkehr  "  (Retour  au  foyer)  et  "  Buch  Joram"  (p.  169), 
trois  lignes  de  lettres  suffisent  à  décorer  et  à  animer  toute  la  surface  ; 
mais  il  sait  parfaitement  aussi  appliquer  de  plus  riches  motifs  décoratifs 
avec  bon  goût  et  discrétion.  De  la  façon  dont  il  a  placé  une  simple 
croix  de  cuir  violet  sur  le  plat  richement  ornementé  de  la  reliure  rouge 
pour  missel  (p.  163),  de  façon  à  avantager  le  plus  possible  la  couleur  des 
améthystes  enchâssées  dans  desmontures  d'argent,  on  peut  déduire  qu'il 
est  à  même  d'imaginer  des  combinaisons  nouvelles  et  originales  de 
formes  et  de  couleurs,  sans  rompre  avec  les  bonnes  traditions.  Dans  sa 
seconde  reliure  de  missel,  la  croix,  qui  domine  tout  le  fond,  couvre  douze 
panneaux  circulaires,  dont  celui  du  centre  est  incrusté  de  cuir  blanc  et 
estampé  d'or.  Les  autres  cercles  sont  bordés  de  cuir  violet,  et,  avec  les 
quatre  améthystes  des  rosettes  des  coins,  le  maroquin  vert  de  mer  et  la 
riche  dorure,  produisent  un  magnifique  effet  de  couleur.  M  Parmi  les 
professionnels  de  l'industrie  du  livre  qui  ont  adopté  les  idées  nouvelles, 
Paul  Kersten  est  peut-être  le  plus  connu,  et  sans  aucun  doute  il  est  celui 
qui  a  le  plus  réussi.  A  une  très  grande  expérience  pratique,  qui  lui 
permet  de  posséder  toutes  les  ressources  techniques,  il  joint  un  sentiment 
artistique  et  un  goût  littéraire  grâce  auxquels  il  a  pu  exposer  dans  des 
132 


livres  écrits  avec  beaucoup  de  jugement  les  idées  qu'il  a  à  cœur.  Il  dirige 
l'Ecole  technique  de  reliure  de  Berlin,  et  cette  situation  le  met  à  même 
d'exercer  une  influence  éducatrice  des  plus  favorables.  Les  illustrations 
des  pages  164  et  165  permettent  de  juger  de  sa  versatilité  en  matière  de 
technique,  et  d'apprécier  ses  méthodes  de  décoration,  qui  ne  se  limitent 
pas  à  un  thème  spécial.  Elles  consistent  toutes  en  reliures  sur  cuir,  où 
le  titre  est  placé  à  part  sur  le  dos  ou  dans  un  panneau  spécial,  et  par 
conséquent  n'affecte  pas  l'ornementation  de  la  couverture.  Dans  les 
reliures  riches,  il  aime  beaucoup  employer  des  couleurs  très  variées,  pour 
le  plaisir  de  donner  de  l'animation  à  l'effet.  Ainsi,  dans  sa  reliure  en 
maroquin  bleu  foncé  dont  le  panneau  central  est  occupé  par  cinq  hexa- 
gones inscrits  dans  des  cercles,  les  fleurs  représentées  sont  en  cuir  rouge, 
vert  et  violet  ;  tandis  que  sur  la  reliure  chamois  des  "  Fleurs  du  mal  " 
de  Baudelaire,  pour  l'ornementation  de  laquelle  il  n'a  pas  fallu  moins  de 
18000  estampages,  avec  ou  sans  or,  des  pièces  de  cuir  de  sept  couleurs 
différentes  ont  été  appliquées.  Mais,  même  avec  une  décoration  aussi 
abondante,  on  n'a  pas  l'impression  d'excès,  et  peut-être  éprouve-t-on 
cette  agréable  sensation  d'assurance  que  sait  donner  une  main  expéri- 
mentée. Trois  couleurs  :  le  noir,  le  rouge  et  le  bleu,  sont  employées 
pour  l'ornementation  de  la  reliure  en  veau,  avec  un  panneau  circulaire 
au  centre,  et  dont  la  décoration  a  été  exécutée  par  un  procédé  spécial  de 
façonnage  et  de  mise  en  couleurs.  Jff  L'œuvre  de  Franz  Weisse  est  d'un 
caractère  beaucoup  plus  simple.  Lui  aussi  sort  du  rang  des  artisans  ; 
à  présent  il  est  professeur  à  l'Ecole  d'Art  appliqué  de  Hambourg. 
L'estampage  à  froid,  simple  mais  hardi,  qui  constitue  la  décoration  de 
sa  reliure  sur  peau  de  porc  (p.  170)  convient  bien  à  la  naïveté  du  "  Sim- 
plicissimus"  de  Grimmelshausen.  Une  particularité  intéressante,  c'est 
l'emploi  du  batik  pour  l'ornementation  florale  qui  couvre  les  plats  et  le 
dos  de  la  reliure  en  parchemin.  M  Les  reliures  sur  cuir,  richement  dé- 
corées, de  F.  A.  Demeter  (pp.  161  et  1 62) ,  dénotent  aussi  la  main  sûre  du 
praticien  expérimenté  qui  sait  profiter  des  beautés  que  comportent  la 
matièreetla technique pourréalisersesidées  artistiques.  Son  ornementa- 
tion, assurément,  n'est  pas  des  plus  originales,  mais  elle  se  distingue  par 
l'habileté  avec  laquelle  sont  traités  les  motifs  floraux  et  par  le  bon  goût 
avec  lequel  ils  sont  appliqués  ;  et,  même  lorsqu'il  couvre  complètement 
le  dos  et  les  plats  d'une  décoration  uniforme,  on  n'éprouve  aucune  sensa- 
tion d'excès.  Un  beau  spécimen  de  ses  ouvrages,  c'est  la  reliure  avec 
motif  de  feuilles  en  or  sur  cuir  vert  réséda.  Demeter  est  aussi  un  profes- 
sionnel de  la  reliure,  et  il  occupe  actuellement  le  poste  de  chef  de  la 
section  d'art  appliqué  aux  établissements  de  reliure  en  gros  de  Hûbel  et 
Denck  à  Leipzig.  Même  ces  grandes  maisons  industrielles,  organisées 
pour  la  production  en  grandes  quantités  de  reliures  bon  marché,  ont  dû 
tenir  compte  du  désir  croissant  que  manifeste  la  clientèle,  d'avoir  des 

133 


livres  possédant  une  valeur  artistique,  et  s'annexer  des  services  spéciaux 
où,  sous  la  direction  de  praticiens  doués  de  sens  artistique,  l'on  prépare, 
non  seulement  les  simples  cartonnages,  mais  aussi  les  reliures  les  plus 
coûteuses  qui  nécessitent  le  travail  le  plus  soigné.  M  Un  des  plus  person- 
nels, parmi  tous  les  artistes  allemands  qui  se  sont  consacrés  à  l'art  du 
livre  moderne,  c'est  Emil  Preetorius.  C'est  un  illustrateur  par  vocation, 
il  pratique  avec  le  même  talent  les  modes  d'expression  les  plus  variés  ; 
même  dans  le  simple  dessin  de  contours  que  constitue  la  silhouette,  il 
sait  donner  un  caractère  et  une  vitalité  intenses.  Les  silhouettes  repro- 
duites ici  (p.  i6o)  sont  empruntées  à  une  édition  populaire  de  "Tartarin 
de  Tarascon  ",  qu'il  a  embellie  et  illustrée  avec  un  sentiment  artistique 
plein  de  raffinement  ;  elles  ne  figurent  que  comme  "  bandeaux"  en  tête 
de  certains  chapitres,  dont  elles  forment  une  sorte  de  résumé  comique. 
Sans  jouer  le  rôle  de  véritables  illustrations,  elles  donnent  certainement 
une  excellente  idée  de  la  façon  heureuse  dont  il  a  su  rendre,  avec  les 
étranges  petits  personnages  noirs,  l'allure  bouffonne  de  ce  curieux  roman. 
Il  aime  aussi  donner  au  lecteur,  sur  les  pages  de  titre,  un  avant-goût  de 
ce  qui  va  suivre,  à  exprimer  graphiquement,  dans  des  dessins  contenant 
parfois  un  grand  nombre  de  personnages,  le  contenu  et  l'esprit  du  livre. 
Ses  personnages  sont  souvent  de  l'époque  "Biedermeier",  du  bon  vieux 
temps  ;  ils  ont  une  allure  tout  à  fait  vieillotte,  mais  sans  rien  de  cette  sorte 
d'effusion  sentimentale  qui  rend  si  souvent  les  "Stimmung",*  comme 
on  appelle  les  scènes  de  cette  époque,  insipides  à  notre  goût  de  modernes. 
Mais,  malgré  sa  prédilection  marquée  pour  les  personnages  de  l'époque 
"Biedermeier",  Preetorius  a  bien  l'esprit  moderne,  ses  dessins  ont  de 
l'austérité  plutôt  que  de  la  faiblesse  sentimentale,  et  même  leurs  défauts 
esthétiques  sont  ceux  qui  correspondent  à  son  art.  M  II  ne  faut  pas 
oublier  de  parler  ici  de  la  part  qu'ont  prise  certains  éditeurs,  doués 
d'initiative  et  d'idées  élevées,  à  développer  le  goût  des  beaux  livres,  qui 
s'est  accru  d'une  façon  si  extraordinaire,  en  Allemagne,  au  cours  des 
dix  dernières  années.  A  cet  égard,  la  maison  Eugen  Diederichs,  d'Iéna, 
mérite  d'être  citée  en  premier  lieu,  pour  la  bienveillance  avec  laquelle 
elle  a  donné  à  tous  ceux  qui  se  sont  acquis  une  autorité  dans  l'industrie 
du  livre,  l'occasion  d'exprimer  leurs  idées  et  de  montrer  leur  talent. 
Cette  maison  favorise  les  multiples  aspirations  intellectuelles  de  notre 
époque  ;  et,  comme  ses  publications  sont  d'un  genre  sérieux,  le  travail 
de  ces  artistes  s'est  surtout  limité  aux  couvertures  et  aux  reliures,  aux 
pages  de  titre,  aux  lettrines,  aux  bordures  ornementales,  et  autres  détails 
décoratifs.  D'autre  part,  il  y  a  des  maisons,  comme  celle  de  Georg 


*  La  "  Stimmung  ",  qu'il  est  impossible  de  traduire  par  un  seul  mot,  désigne  une  sorte  d'état  d'âme 
plus  ou  moins  morbide  que  les  Allemands  se  plaisent  souvent  à  évoquer.  Il  faut  bien  connaître  la 

;tout 

dont 

psychologique. 


pius  ou  moins  moroiae  que  les  Allemands  se  plaisent  souvent  à  évoquer.  11  faut  bien  connaîtr 
mentalité  allemande  et  son  expression  dans  l'art  et  dans  la  littérature  pour  se  rendre  compte  de  ■ 
ce  que  signifie  ce  vocable  si  caractéristique.  Ici  il  signifie,  par  extension,  les  œuvres  d'art  c 
la  "  Stimmung  "  est  le  motif  psychologique.     A^.  </«  Tr. 


Miiller  à  Munich,  qui  ne  se  contentent  pas  seulement  d'une  bonne 
décoration,  elles  s'occupent  très  sérieusement  de  l'illustration,  qui  a 
donné  lieu  à  de  nombreux  et  intéressants  développements,  et  notam- 
ment à  la  renaissance  de  divers  procédés  tombés  presque  dans  l'oubli, 
comme  la  gravure  sur  bois,  la  lithographie  et  l'eau-forte  ;   ces  procédés 
sont  redevenus  très  en  faveur  en  matière  d'illustration.    Les  maisons 
d'édition  Insel,  de  Leipzig,  S.  Fischer,  de  Berlin,  Paul  et  Bruno  Cassi- 
rer,  de  Berlin,  Kurt  Wolff,  de  Leipzig,  et  bien  d'autres,  ont  contribué 
matériellement  à  cette  reviviscence  de  l'Art  de  l'illustration  en  Alle- 
magne. Mais  en  même  temps  il  y  en  a  un  certain  nombre  qui  estiment 
qu'un  livre  bien  imprimé,  d'une  typographie,  d'un  papier  et  d'une 
reliure  impeccables,  n'a  pas  besoin  de  décoration  ni  d'illustration,  et 
que  son  mérite  intrinsèque  dépend  de  la  perfection  que  l'on  apporte  à 
la  partie  technique.    Ainsi  les  célèbres  éditions  de  l'Imprimerie  Hy- 
périon  et  les  magnifiques  publications  de  l'Imprimerie  du  Siècle  de  la 
maison  d'édition  Hans  von  Weber,  de  Munich,  sont  de  magnifiques 
spécimens  de  typographie  allemande  ;  de  même  les  tirages  de  l'Impri- 
merie Janus  de  Leipzig,  exécutés  avec  le  plus  grand  soin  sous  la  direction 
de  Walter  Tiemann  et  de  Cari  Ernst  Poeschel,  ne  craignent  pas  la  com- 
paraison avec  les  livres  qui  sortent  des  meilleures  typographies  anglaises. 
Ces   volumes    ne    sont    im-~ 
primés  qu'à  petits  tirages  de 
cent  cinquante  à  deux  cents 
exemplaires,  et  sont  destinés 
à  des  bibliophiles.   Les  "  Im- 
pressions Rudolf",  publiées 
par  Rudolf  Koch  avec  le  con- 
cours de  Rudolf  Gerstung  à 
OfFenbach  (Maison  d'édition 
Wilhelm     Gerstung),     ont 
beaucoup     de      distinction, 
grâce  à  leurs  caractères  d'un 
cachet  bien  allemand.    Dans 
ces  livres,   dont  le  contenu 
aussi  est   éminemment    na- 
tional, on  s'abstient  expressé- 
ment de  tout  ce  qui  s'écarte 
des    considérations   de   pre- 
mière importance  :   bon  es- 
pacement   des   lettres,    har- 
monie de  la  composition  delà 
page,  dont  les  caractères  sont 
de  la  fonte  Koch,  excellente 


TITLE-PAQE    DESIQNED  BY  PROF.  PAUL  LANQ-KURZ 


135 


exécution  générale.  Ainsi  les  pages  de  titre  sont  dessinées  spécialement, 
et  le  texte  n'est  que  sobrement  orné  des  lettrines  majestueuses  que  com- 
porte la  fonte  ;  mais  les  reliures,  avec  leurs  plats  en  papier  coupés  et  im- 
primés par  l'artiste  lui-même,  témoignent  de  la  mâle  beauté  de  son 
talent.  Plus  sensationnelles  et  plus  luxueuses  sont  les  publications  de 
l'Imprimerie  Ernst  Ludwig  du  Grand  duc  de  Hesse,  dont  la  direction 
artistique  a  été  confiée  à  F.  W.  Kleukcns,  ainsi  que  les  somptueuses 
éditions  de  l'Imprimerie  Pan  de  Berlin,  qui  sont  embellies  de  litho- 
graphies par  Slevogt,  Corinth  et  Pascin,  ou  d'eaux-fortes  par  Geiger  ou 
Walser  ;  mais  ce  genre  d'ouvrages  n'appartient  pas  à  notre  domaine. 
jgfCe  que  l'Allemagne  peut  maintenant  donner  à  l'industrie  du  livre  se 
voit  en  toute  abondance  à  l'Exposition  internationale  qui  se  tient  cette 
année  à  Leipzig.  Si  en  une  douzaine  d'années  à  peine  nous  avons  pu 
sérieusement  nous  risquer  à  inviter  les  pays  civilisés  à  lutter  pacifique- 
ment sur  ce  domaine,  ce  fait  prouve  que  nous  avons  conscience  de  la 
valeur  de  notre  production  et  que  nous  ne  craignons  pas  le  jugement 
universel. 


■•S-.-*" 


ORNAMENT  DESIGNED  BY 
PROF.  F.  W.  KLEUKENS,  FOR 
D.  STEMPEL,  FRANKFURT  A.M. 


136 


^^^i^^  ^;^ii^^^<i^  Pi^-s;;^ 


RICHARD  BOTHS 
NEUER  KLEINER 

REISEFUHRER 

DURCH  PÀRISER 

Ub4DLONDONER 

GALERIEN  UND 

MUSEEN 


R.BOTHPÀS1NG 


Bsas^iss^saaisaraiisasaiisaasaKaBsaiiaa 


THE      ANTIQUA"  TYPE.     DESIQNED  BY  PROF.  PETER  BEHREN8 
CA8T  BY  QEBR.  KLINQSPOR,  OFFENBACH  A.M. 


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■  ♦  ein0crf(^tct  auf  dûs  Jù\^t  des  Çdte  1^08* 

r  €in  0ar  finitrd(^6u<^lctn  uber  die  ttatur  det 

pianctcn  und  6cren  Jnflucn^  unô  fon/tige  Ic^r^ 

famt  DingC;  mit  6ûuern^ptû(tita  und  Kcgcin 

fur  dcn  tncn|<^cn  insgcmefn  Dctfc^eit^  6e- 

3teret  mit  artigen  èilôlein^  fo  Dltd/lcr 

@ebald6c^am  DonHûrenbetg  in 

Ç0I3  0e|<^nittem 

^ufammenge/IeUt  Don 

tnaricDonKcôu>i$ 


1^0$  <- JnfeUi)erte0  in  ttip^i^ 


A  QERMAN  TYPE  DE8IQNED  BY  RUDOLF  KOCH 
CA8T  BY  QEBR.  KLINQSPOR.  OFFENBACH   A.M. 

144 


germon  ^titnm 


£cben  tnic^elongelor^ 


6e(^|lc0  ^apitel 


©e(^|ÏC0Kopîtel  1505-0$ 

6tuUo  6er  ^toeite  "  6iuliono  di  6an 
6oUo,decufun0  na<^  Hont,  bramante 
"^rabmonumcnt  dee  Papflee  "Umge- 
floltung  dcc  aUtn^afiliFo  Don  6t.petcr 
-Rcifenad)  Carroro-einnceÔndcrung 
dwpopflc»  -Jluc^t  -  6<^tctbcn  ^iu^ 
Uo'0  an  6te@tgnorie  oon  ^lotend-^n» 
etbieten  oon  fcitcn  ôe^  ^ultonr- 
nu((ffebr  no<^  Hom  ala  ^efanôter  dec 
KepuMif'^elÔjug  despopltes  gegcn 
6o(o0no  ''^tnnat)me  der  6to6r 

MePonHPde0DotiPan0l>ott(du>^<^d(n 
tDe^rel  der  perfonen  f eine  aUjugro^e 
t>eronderun0  eclitten.  (tcfûte  dorgta'e 
3tDe(f  tooc  die  ^erflcUung  einee  natio^ 
nolen  eintgen  Keic^ee  9etPcfcn,<$iuUo 
dcr  3tDette  tPoUte  ni^te  j^nderea.  ^u<^ 
ec  l)atte  eine  $omtlie,  die  er  gro^  3u 
ma<^en  fuc^te^  ou<^  ii>n  unterfïûl^ten 
6ifl,Jnerd,t)er|TteUun0  und  offfeneCe» 
tooUfatnfeitîDieôiedorgia'e  mu^te  er 
3»if^en  €panien  und  $ranPrei^  die 
t)orteii^ofte|)e  iltitte  ju  {)oUen  fu<^en. 
3n  3toei  punFten  ober  unterf^ied  er  ft<^ 
t>om  Popfle  ^iexander:  er  Ue0  nt<^t 
dur^^ndere^rieg  fûf)ren^rDnôern9O0 
in  ei0enerperfon  3U  $elde  und  »a0  er 
eroberte^  foUte  der^irc^e  0eboren  und 
ni<^t  denHooere'd,  r<^iner  $amiUe.^iefe 
befi^rânfte  er  ouf  Urbine^il>r  Çer3O0« 
tum.  ^l0  er  ftorb,  t)inter(ie0  er  einen 
6<^aé  in  den  <$etoolben  der  €n0el0' 
bur0^  den  feine  Dertoondten  ni<^t  be» 
rût)ren  durfien,  den  f ein  onderer  oto 
der  ûuf  il)n  fol0endepap)l  befl^en  foUte. 
€ine  rou^e,))ol3etDûr  de  lie0t  in  6iu(io0 
Buftreten  und  feine  tDildi)eitartete  nie 
in  ^rouromlfeit  ûue.tDoe  it)n  ober  t>or 
ûUen  onderen  Popf)en  t>or  it)m  und  na<^ 
ii>m  0eadelt  bû^ifî  feine $reude  an  den 
tôerfen  0ro0er  ^ûnfïler  und  derdli<f, 
mit  dent  er  Hé  erf annte  und  3U  f)<^  em« 
por3O0. 

Itnter  den  tltânnern,  die  er  fo0lei<^  no(^ 
Kom  berief,  toar  einer  der  i>ornel)mften 


6iuUano  di  6an  6aUo.^iefer  butte  in 
frû^eren^eiten  (DfHa  fur  il)n,al0  ^ar' 
dinalt>incula,befe(1ti0t.!nan  fe^t  diefe 
dauten  in  den  ^nfon0  der  a<^t3i0er 
^Fat^re.  6an0aU0  fam^  ald  er  damale 
na<^  <Z>ftia  berufen  toard,  au0  Heapel, 
tDo  er  im  f{uflra0e  des  altenîorenjo  dei 
ntedid  einen Palaf)  fur  den  Çer3O0  t>on 
(talabrien,den6ol^nde0^ôni00^baute. 
€r  |el)0rte  3u  den  0lûc(U(ben  îeuten^ 
die  uberaU  Kui^m  und  fûrltlic^es  tDot)!^ 
œoUen  f)nden.3ninailand  toar  er  oon 
£udot>ic0  6for3a  0lân3end  empfan0en 
vorden;  in  Hom  mu0te  er  fur  Ôincula 
einen  Palafl  bauen^^lexanderVl.  be^ 
r<bo^i0te  i^n.  (tefare  6or0ia  desgki^ 
<ben;  in  6aDona;  dem  ^eburt0ott  der 
Hooere,  baute  er  furOincula  toiederum^ 
dem  er  donn  nac^  $ranf rei<b  foi0te;  n>o 
ii)n  der  ^oni0  in  ^ffirction  nal)m;  end» 
Xx^,  na<b  $loren3  surûdf  0e(fet)rt,  œurde 
er  Don  der  2le0ierun0  mit  fortiaufenden 
^rbeiten  oerfei)en,  bi0  it)n  je^t  fein  alter 
donner  abermal0  nac^Kem  befaJ>L 
6an0aUo  ma<^te  denpapft  auf  nti<^el' 
on0el0  aufmerffam;  und  mitten  au0  der 
^rbeit  am  Carton  l)erau0  œurde  diefer 
Sti^i  na<b  Kom  berufen.  Çundert  6cudi 
Heife0eld  3at)tte  mon  il)m  auf  der6teUe 
OU0.  ^r  mujî  3u  f)nfan0  de0  "^o^tfttz 
1505  in  Hom  ein0etroffen  fein. 
^iulio  n)u0te^  tro^  der  ^ile,  mit  der  er 
it)n  »erlan0t  i>atte;  nii^t  0iei<b,n)a0  er 
i^m3utun0ebenfeUte.€ini0e3eit0in0 
daruber  \fi%  bi0  er  il>m  den^uflra0  3u 
einem  foleffalen  ^rabmonumente  er» 
teilte^  da0  er  fur  f)<b  felber  im  6anrt 
Peter  erric^ten  laffen  tooUte.  iltic^eU 
an0ele  entœarf  eine3ei<bnun0  und  der 
Papfl,  ent3u<f  t  daoon,  befa^libni;  in  ^^^ 
6af)liPo  oon  6anFt  peter  fe0Ui<b  den 
beflenpia^  fur  da0  monument  au0fin' 
dig  3U  ma<bem  Diefe  fXt^t,  ein  unge» 
l^eure0fi>erF  au0  denlalteflen^eiten  de0 
Ci>riflentum0,  an  dem  ^al)rl)undecte 
l>indur^  tDeiter0ebaut  œorden  œar^be^ 
foS  eine$ûUe  9on  ^un/lf<^o^en.6iotto 

75 


A  QERMAN  TYPE  DE8IQNED    BY   RUDOLF   KOCH 
CAST   BY  QEBR.    KLINQSPOR.    OFFENBACH   A. M. 


145 


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146 


S'oNPucius  ON  PROPRIETy 

IN  THE  RIGHT  GOVERNMENT  OF  A  STATE 
the  rules  of  propriety  serve  the  same  purpose  as  the  steeW 
yard  in  determining  what  is  light  and  what  is  heavy;  or,  as 
the  carpenter's  line  in  determining  what  is  square  and  what 
is  round.  If  the  weights  of  the  steelyard  be  true,  there  can  be 
no  imposition  in  the  matter  of  weight/  if  the  line  be  rightiy 
applied  there  will  be  no  doubt  about  the  evenness  of  the  sur-- 
face/  if  the  square  and  compass  be  exact  there  will  be  no 
uncertainty  as  to  the  shape  of  the  figure.  When  a  superior 
man  conducts  the  govemment  of  his  State  with  a  discrimina 
ating  attention  to  thèse  rules  of  propriety  he  cannot  be  imposed 
on  by  traitors  and  impostors.  The  cérémonies  of  the  Court 
audiences  at  the  différent  seasons  were  intended  to  illustrate 
the  righteous  relations  between  ruier  and  subject/  the  friendly 
messages  and  inquiries  to  illustrate  the  mutual  honor  and 
respect  between  the  feudal  princes,-  those  of  mourning  and 
sacrifice,  to  illustrate  the  kindly  feelings  of  ministers  and  sons,- 
those  of  social  meetings  in  the  country  district,  to  show  the 
order  that  should  prevail  between  young  and  old,-  and  those 
of  marriage  to  exhibit  the  séparation  that  should  be  maintained 
between  maies  and  females.Those  cérémonies  prevent  the  rise 
of  disorder  and  confusion,  and  are  like  embankments  which 
prevent  the  overflow  of  water.  He  who  thinks  the  old  em^ 
bankments  useless  and  destroys  them  is  sure  to  sufFer  from 
the  désolation  caused  by  the  overflowing  water,-  and  he  who 
considers  the  old  rules  of  propriety  useless  and  would  abolish 
them,  would  be  sure  to  suffer  from  the  calamities  of  disorder. 
If  the  cérémonies  of  marriage  were  discontinued,  the  path  oi 
husband  and  wife  would  be  embittered,  and  there  would  be 
many  instances  of  licentiousness  and  depravity.  If  the  drinking 
cérémonies  at  country  feasts  were  discontinued,  the  order  bet^^ 
ween  old  and  young  would  be  neglected,  and  quarrelsome  liti^ 
gâtions  would  be  fréquent.  If  the  cérémonies  of  mourning  and 
sacrifice  were  omitted  the  kindly  feeling  of  officers  and  sons 


-^ 


THE  "MEDI/EVAL"  TYPE.     DESIQNED    BY  PROF.  WALTER 
TIEMANN,  CA8T   BY    QEBR.  KLINQSPOR,  OFFENBACH  A.M. 


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Sine  preufiifAe 

^ônigstochfer 

^enkwûrdigketten  der  ^arkgrâfin 
von  ^ayreuth 

ôSmcfter  ^riedriSs  des  Grofien 

^erausgegeben  von  Qohannes  Çlrmhrujier 

^it  einem  ^ïldnis  der  ^arkgrâfin 


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ROilhelm  BangQwiefche -Grandi 

Ghanhaufen  bei  ^ûnSen 


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THE  "WIEYNK-KURSIV  TYPE,     DESIQNED  BY  HEINRICH  WIEYNK 
CA8T  BY  THE  BAUERSCHE  QIE8SEREI.  FRANKFURT  A.M. 

ISO 


VOLKSKUNST  UND  VOLKSGUNST 

'  '  UR  der  Kundigc  wcifi  es,  dafi  die  sdiônen  Erzeug- 
nissc  dcr  bâuerlichen  Handfcrtigkcit  so  ziemlidi 
aufgekauft  sind.  Die  Landbcwohner  enlledigten 
sich  mit  Freuden  des  alten  Plunders,  um  dafur 
die  ihrer  Meinung  nadi  vornehmere  stâdtische 
Fabrikware  in  buntestem  Durcheinander  anzusdiaffen.  Der 
Suchf,  es  den  Stâdtem  gleich  zu  lun,  konnte  auch  die  treueste 
Anhânglichkeit  an  sehr  wertvoUe  alte  Erbstiicke  nicht  wider- 
stehen.  So  erleben  wir  die  merkwurdigeTatsache,  bâuerische 
Dielen  mit  al!  den  sdiônen  Gegenstanden  in  einfachster 
Kiinstlerschaft  in  stâdtischen  Wohnrâumen  wiederzufinden 
und  die  Hauser  der  Landbewohner  im  ôdesten  Geschmadc 
protjiger  Kleinstadter  ausgestattet  zu  sehen.  Ailes  dreht  sich  ! 
Der  Vorgang  ist  ein  naturiicher,  Seit  der  Zeit,  da  es  auf 
dem  Lande  als  selbstverstândlich  gilt,  jeden  zur  Verfugung 
stehenden  Wohnraum  fur  klingendes  Geld  an  stâdtische 
Sommcrgâste  zu  vermieten,  mufiten  die  alten  und  schônen 
Erzeugnisse  bàuerischer  Kunsller  auf  Geschmacksmensdien 
der  Stâdte  einen  sehr  grofien  Einflufî  ausiiben.  Daraus  ist 
die  Wechselwirkung  entstanden.  Gcwifi  ist  es  heute  noch 
môglich,  hier  und  dort  in  verlorenen  Winkeln  eine  sdiône 
bemalte  Truhe,  einen  schweren  geschnitjten  Schrank,  sowie 
zinnerne  Bedier,  Teller,  Leuditer,  ja  sogar  nodi  Porzellan 
zu  entded^en,  aber  wer  wirklidi  Volkskunst  finden  will,  der 
wird  in  die  Museen  gehen  miissen,  die  gottlob  vor  den 
Spuraugen  engiisdier  Sammler  nodi  vielcs  gerettet  haben. 
Wir  kônnen  ruhig  sagen,  dalî  der  kunstlerisdie  Betatigungs- 
drang  im  Volke  noch  nicht  verloren  gegangen  ist;  aber  er 
ist  verwirrt,  verstummelt  und  verdorben.  Die  Gesdimacks-- 
verheerungen  der  verflossenen  Stiirevolution  spuken  in  den 
Stâdten  nodi  herum,  es  ist  also  nur  ein  natUrlicher Vorgang, 
wenn  wir  ihnen  jet?t  audi  auf  dem  Lande  iiberall  begegnen. 
Die  beste  Ueberlieferung  kann  allmahUdi  verloren  gehen. 
Setjte  sich  irgend  ein  grolîstadtischer  Prot?  in  cinem  Dorfe 
fcst,  so  genugte  seine  Bau-  und  Lcbensweise  vollkommen, 
um  die  ganze  Gegend  nach  und  nach  kunstlerisch  zu  verôden. 

32 


THE  "SCHLANKE  KLEUKENS-ANTIQUA  "  TYPE.     DESIQNED  BY  PROF. 
KLEUKEN8,  CA8T  BY  THE  BAUERSCHE  QIESSEREI.  FRANKFURT  A.M. 


151 


(§tût))at)tô=^atalÔQ] 


um 


|m  Beginn  det  Stût)îaï)t6=Saîf  on  beeljre  !d) 
mid)  ergebenft  îï)nen  meinen  fiatalog  mit 
det  Bitte  5U  uberreid)en,denfelben  einet  ge= 
fâdigen  Ourd)fid)t  3U  unter3iet)en  und  bei 
Befotgung  det  Einîiduf  e  geneigteft  betûdi= 
pd)tigen  3U  toollen^  Sernet  erlaube  id)  mie, 
îï)nen  an3U5eigen,daf}  fdmtllc^e  Tleuljeiten 
in  deutfd)en  und  englifd)en  Stoff en  fût  die 
Stût)jat)ts=  und  Sommet=Saif  on  am  Cager 
find  und  gebe  id)  auf  den  nad)folgenden 
Blâttetn  einen  hleinen  llbetblidi  ûbet  die 
mafegebendften  ntodelle*  Die  Flnf ertigung 
feiner  î)amen=  und  f^^tren^îTIoden  erfoïgt 
in  eigenet  îTîafjf  d)neiderei  untet  ©arantie 
tadellofet  ausf  ûî)tung  3U  mdfjigen  pteifen* 
aufeerdem  geftatte  id)  mit,  auf  mein  £aget 
fettiget  Damem  und  r^ettemCatdetoben 
l)in3uu>eifen,  das  teid)I)aïtige  Huswat)l  in 
modetnen  Rteidungsftudien  bietet  und  den 
pettDôI)nteîten  anfotdetungen  entfptid)t 
ais  Spe3ialitdt  fû^te  id)  ein  gtofees  Caget 
fâmtlid)et  Spott=Beïileidungen  fût  Haf  en= 
und  IDaff  etf pott  f  omie  fût  ÎToutiftiîi*  Dutd) 
meine  |a^te(angen  £tfaï)tungen  ift  es  mit 
môg(id)/  meinen  Kunden  mit  f  ai^gemdtjen 
Hatfd)lâgen  dienen  und  nut  Oot3ûglid^e6 
bieten  3U  hônnen,  und  ^offe  id),  mit  îï)ten 
gefd)â^ten  Hufttdgen  beel)tt  3U  toetden* 


THE  "8CHWABACHER"  TYPE.     DE8IQNED  BY  HEINZ 
KONIQ,  CA8T  BY  EMIL  QUR8CH.  BERLIN 


seines  Innern,  seiner  Seele.  Wird  das  Ausstellungsmaterial,  von 
diesem  Standpunkt  vereinigt  geordnet  und  bewertet,  wird  dieser 
Gesichtspunkt  auch  dem  ganzen  Untemehmen  gegeniiber  von 
der  Leitung  zur  Geltung  gebracht,  dann  sdiildert  jede  verstand- 
nisvoll  ausgebaute  Abteilung  Natur  und  Seele  in  inniger  Ver- 
kniipfung  und  Wechselwirkung.  So  erhebt  sich  das  in  Leipzig 
geplante  Werk  nicht  allein  zum  Sammeipunkt  ailes  dessen,  was 
bisher  erreicht  ist,  sondern  zur  ungeheueren  ideell  belebenden 
Kraft  f ijr  den  einheitlichen  Vormarsch  unserer  Technik  und  Kultur  I 


DIE 

KINEMATOGRAPHIE  AUF  DER 

BUCHGEWERBEAUSSTELLUNG 

IN  LEIPZIG 


Geradezu  beispielios  ist  die  Entwickiung  der  Kine- 
matographie  gewesen.  Der  armselige  flimmernde 
Kinematograph  um  1900,  der  wie  eine  krankhafte 
Spielerei  von  kleinen  Unternehmern  den  kleinen 
Leuten  in  fragwiirdigen  Buden  und  schlechten  nie- 

drigen  Laden  vorgefiihrt  wurde,  ist  nicht  mehr.  Der  Typus  jenes 
Kinematographen  von  ehedem,  der  brutal,  schreiend  bunt  wie 
seine  Plakate,  auf  die  verworrenen  Sinne  des  niederen  Volkes 
spekulierte,  liegt  in  den  lefjten  Ziigen.  Der  Kinematograph  von 
heute  bannt  sein  Publikum,  das  nicht  mehr  zu  unterscheiden  ist 
von  dem  des  Sprech-Theaters,  in  groljen,  wundervollen  Lichtspiel- 
hausern  mit  der  Gebarde  und  dem  mimischen  Spiel  der  groljten 
Schauspieler,errolltmit  unbeschreiblich  lebenswahremAusdruck 
die  Wogen  des  Meeres  iiber  den  Strand  und  la^t  das  Laub  der 
Silberpappel  leise  im  Winde  zittern,  er  zeigt  mit  einer  Klarheit, 
die  etwas  Schreckliches  hat,  den  Kampf  der  Blutkôrper  mit  den 
Spirochaeten  des  Fiebers  und  la^t  aile  die  komplizierten  Ma- 
schinen,  die  der  Mensch  erfunden,  lautlos  vor  uns  ihre  Arbeit 
verrichten.  Das  Wesen  des  Kinematographen  ist  nicht  mehr  ohne 
Wiirde,  nicht  mehr  ohne  Form  und  inhalt.  Wer  steht  nicht  ailes 
im  Dienste  des  Fiimbildes!  Zuerst  waren  es  die  Buhnenkijnstler, 
auch  dieGroBen  kamen;  dann  dieMaler  und  Wissenschaftier  und 
zulei3t  —  ein  wenig  widerstrebend  zwar  —  die  Literaten.  Einmal 
haben  dem  Kinematographen  die  bedeutenden  Verbesserungen 
geholfen,  mit  der  die  Aufnahme-  und  die  Wiedergabeapparate 
ausgestattetwurden,  auch  dieVerwendung  des  Mikroskopes  und 


THE   "  HELQA-ANTIQUA  "  TYPE.     DESIQNED    BY  PROFESSOR 
F.  W.    KLEUKENS,  CAST    BY    D.  STEMPEL,  FRANKFURT    A. M. 


153 


SdNExro 

DI  ANTONIO  PUCGI  SOVRÀ  IL  RITRÀTTO 

DI  DANTE 


Qucsto  chc  ocstc  di  color  sanguigno,  E  corne  par  ncll'abito  bcnigno, 

posto  scgucnte  aile  mérite  santé,  cosî  nel  mondo  fu,  con  tutte  quante 

dipinse  Giotto  in  figura  di  Dante,  quelle  oirtù,  ch'onoran  chi  daoante 

che  di  parole  fe*  si  beU'ordigno.  le  porta  con  affetto  nello  scrigno. 

Diritto  paragon  fu  di  senten3e:  E  *1  suo  parlar  fu  con  tanta  misura, 

col  braccio  manco  aooinchia  la  scrit^     che  *ncoronô  la  città  di  Firen3e 
perdiè signoreggiô molto  scïen5e.  (tura     di  pregio,  onde  ancor  fama  le  dura. 

Perfetto  di  ïahcjje  è  qui  dipinto, 
com*a  sua  oita  fu  di  carne  cinto. 


THE  "HÔLZL-MEDI/GVAL"  TYPE.     DE8IQNED  BY  EMIL 
HOLZL.  CA8T  BY  D.  8TEMPEL,  FRANKFURT  A.M. 

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WER  BUECHER  LIEST, 
VERDIENT  DEN  PREIS 
VOR  EINEM,  DER  UN' 
WISSEND  IST.UND  DER 
IST  JENEM  VORZUZIE' 
HEHDER  DÀS  GELESE- 
NE  NICHT  VERGISST; 
EIN  SOLCHER  IST  VON 
HOEHERM  WERT,  DER 
DÀS  GELESENE  ÀUCH 
VERSTEHT,  DOCH  HOE- 
HEREN  WERT  ÀLS  DIE 
SER  HÀT  DER  MANN, 
DER  DÀNÀCH  FRISCH 
ANS  HÀNDELN  GEHT 


INDISCHER    SPRUCH 


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THE  "hÔLZL-MEDI/CVAL"  TYPÉ.     DESIQNED  BY  EMIL 
HOLZL.  CAST  BY  D.  STEMPEL.   FRANKFURT  A. M. 

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ZIELE  UND 

ÀUSSICHTEN  DER 

GÀRTENSTÀDT^BEWEGUNG 

VON 

DR.  KÀRLMÀNGOLD 

DRESDEN 

AS  Problem  des  Stadtebaues  ist  heute,  im  Gegensafe  zu 
friiher,  wo  unsere  Stadte  klein  und  ihr  Wachstum  gering 
war,  bei  dem  ungeheueren  Wachstum  derselben  au&eror- 
denllich  dringlich.  Die  schwersten  Mi&stande  liegen  vor: 
die  gro^e  Masse  der  Bevolkerung  ist  von  derNatur  in  einem 
Grade  abgesdilossen,  wie  er  in  der  deutsdien  Gesdiidite 
iibertiaupt  noch  nicht  dagewesen  ist;  die  ganze  Ànlage  der  Stadte  ist 
nicht  entfernt  so  planvoll,  wie  sie  sein  mii&te.  Die  Preise  des  Bodens  sowie 
derWohnungen  sind  ungetieuerlidi  und  vor  allem  audi  der  au|ere  Anblick 
von  einer  schreckenerregenden  Haèlichkeit.  Wohl  tiat  man  durch  Bauord- 
nungen  und  Bebauungsplane,  durdi  Sdiaffung  offentlidier  Ànlagen,  durdi 
Ànlegen  von  Villenstadtteilen  und  Vororten  und  atinliches  metir  Àbtiilfe  zu 
schaffen  versucht,  aber  doch  nur  mit  ganz  ungeniigendem  Erfolge. 
Es  drangt  sich  der  Gedanke  auf  zu  versuchen,  auf  einer  neuen  Grundlage, 
auf  billigem  Land  drau&en,  ganz  neue  Stadte  aufzubauen,  die  nicht  durch 
die  Slinden  der  Vergangenheit  belastet  sind.  Vorstufen  zu  einem  soldhen 
Vorgehen  sind  ja  ohnedies  vorhanden  in  den  Griindungen  so  mancher  gro§en 
Terrain -Gesellschaften,  namentlich  in  Berlin  und  Umgebung,  ferner  in  den 
groèen  Arbeiter-Kolonien  der  Groèindustrie,  wie  z.  B.  in  den  bekannten 
Anlagen  der  Firma  Krupp,  und  endlich  auch  in  einigen  ganz  besonders  her- 
vorragenden  und  umfangreichen  Baugenossensdiafis- Griindungen.  Hier 
reiht  sich  nun  zwanglos  der  Gedanke  der  Gartenstadt  ein,  der  aus  England 
zu  uns  gekommen  ist.  Dort  veroffentlichte  Ende  lô9ô  Ebenezer  Howard,  von 
Beruf  Stenograph  und  jefet  am  Ende  der  fiinfziger  Jahre  stehend,  ein  Buch 
'To  morrow'  (spater  unter  dem  Titel  'Garden  Cities  of  to  morrow',  deutsch 
unter  demTitel'Gartenstadte  inSicht',  Jena.Diederichs),  das  gro&esAufsehen 
erregte.  Es  geht  aus  von  dem  Grundgedanken,  daè  auf  der  einen  Seite  die 
gro6en  Stadte  iiberfiillt,  auf  der  anderen  das  Land  entvolkert  sei  und  dafe  es 
darauf  ankomme,  Stadtund  Land  miteinander  zu  vermahlen  durch  Schaffung 
von  Gartenstadten,  welche  die  Vorteile  des  Landes  mit  denen  der  Stadt  ver- 
einigen.  Eine  solche  Gartenstadt  soll  nur  eine  begrenzte  Gro^e  haben,  etwa 
30000  Einwohner,  dann  soll  ein  dauernd  zu  erhaltender,  gro^er  landwirt- 


THE  "INQEBORQ-ANTIQUA  "«TYPE.     DE8IQNED  BY    PROFESSOR 
F.    W.   KLEUKEN8,     CA8T    BY    D.    STEMPEL,    FRANKFURT    A.M. 


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ORNAMENT8  DESIQNED  BY  PROF.  F.  W.  KLEUKEN8.  FOR  THE  BAUERSCHE  QIESSEREI,  FRANKFURT  A.M. 


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ORNAMENTS  DESIQNED  BY   PROF.  WALTER  TIEMANN,   FOR  QEBR.   KLINGSPOR.  OFFENBACH  A.M. 


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INITIAL  LETTER8  AND  ORNAMENT8  DE8IQNED  BY  PROF.  F.  W.  KLEUKEN8.  FOR  D.  8TEMPEL,  FRANKFURT  A.M. 


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MEAD-PIECE8    BY  EMIL  PREETORIU8  FOR    DAUDET'8  "TARTARIN    DE 
TARA8C0N."     PUBLI8HED  BY  DERQELBE  VERLAQ,  MÏJNOHEN-DACHAU 

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BOOKBINDING    IN   GREEN    MOROCCO,   WITH   GOLD  AND   BLACK  TOOLINQ 
DESIGNED   BY   P.    A.    DEMETER,    EXECUTED   BY   HÙBEL  AND   DENCK 


BOOKBINDING   IN   LEMON   YELLOW  MOROCCO,  WITH  GREEN   INLAY  AND  GOLD  TOOLINQ 
DESIGNED   BY   P.  A.   DEMETER,   EXECUTED   BY   HÙBEL  AND  DENCK 


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BY  PAUL  KERSTEN 


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BOOKBINDING    IN    LEATHER,   WITH    SILVER   CLASPS.      DESIGNED   BY   PROF. 
JOH.  VINCENZ  CISSAR2,   EXECUTED   BY   KARL  STRENGER 


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BOOKBINDINGS  IN   LEATHER,  WITH   GOLD  TOOLING.     DESIGNED   BY   PROF.  JOH. 
VINCENZ  CISSARZ,   EXECUTED   BY  GUSTAV   FROLICH 


BINDING-CASE.      DESIGNED   BY 
PROF.  JOH.  VINCENZ   CISSARZ 


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BLIND  TOOLINQ.     BV  FRANZ  WEISSE 


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BY    FRANZ   WEISSE 


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OESIQNED  BY  PROF.   EMANUEL  VON  SEIDL 


DESIGNED   BY       L" 


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DESIGNED  BY  FRITZ  SCHOLL 


DESIGNED  BY   EMANUEL  JOSEPH   MARGOLD 


BINDINQ-CASES  DESIGNED  FOR 
ALEXANDER  KOCH,  DARMSTADT 


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176 


FRANCE 


L'ART  DU  LIVRE  EN  FRANCE.     PAR 
E.  A.  TAYLOR 

SQU'ON  se  reporte  par  la  pensée  au  temps  jadis  où  l'édition 
et  l'imprimerie  florissaient  en  France,  on  trouve  que  tous  les 
changements  qui  ont  affecté  ces  arts  depuis  quelques  années 
reviennent  à  peu  de  chose.   Parmi  les  vieilles  rues  comme 
il  en  reste  encore  en  France,  il  y  en  a  bien  peu  où  l'on  puisse  passer 
sans  remarquer  une  enseigne  de  relieur-doreur.    Pour  donner  un  exem- 
ple frappant  de  ce  curieux  état  de  choses,  qu'il  suffise  de  rappeler  la 
vente  de  la  collection  du  vicomte  de  la  Croix-Laval,  en  1902,  où  les  livres 
étaient  catalogués,  non  pas  d'après  les  noms  des  auteurs,  mais  d'après 
ceux  des  relieurs.   Mais  cela  n'a  rien  de  surprenant,  si  l'on  considère  la 
qualité  du  travail  d'hommes  tels  que  M.  G.  Canapé,  Chambolle-Duru, 
S.  David,  Charles  Lanoë,  Marius  Michel,  G.  Mercier,  René  Kieffer,  et 
les  ravissantes  décorations  sur  vélin  d'André  Mare.  Cependant  il  n'est 
pas  rare  d'entendre  des  voyageurs  dire  qu'il  n'y  a  pas,  à  Paris,  de  livres 
présentant  un  aspect  attrayant.  A  l'opposé  des  Anglais,  les  Français  se 
préoccupent  peu  des  qualités  de  durée  dont  les  reliures  à  plats  recouverts 
en  toile  ou  en  papier  sont  susceptibles,  et  se  contentent  de  leur  demander 
un  certain  cachet  extérieur  ;  et  les  papiers  de  garde,  tels  qu'on  les  con- 
naît à  l'étranger,  y  sont  jusqu'à  présent  peu  appréciés.  Jff  On  dépense 
beaucoup  de  soins  pour  les  éditions  de  luxe  qui  montrent  l'œuvre  d'ar- 
tistes devenus  populaires,  et  sont  très  belles  comme  papier  et  comme 
typographie  ;  mais  elles  consistent  en  volumes  brochés,  tirés  à  petit 
nombre,  d'une  excellente  exécution,  et  causent  souvent  une  déception, 
à  cause  de  la  disposition  et  de  la  forme  des  pages  et  du  peu  d'harmonie 
entre  le  texte  et  le  caractère,  entre  le  caractère  et  l'illustration.  M  Mais 
ceci  m'amène  à  un  commentaire  sur  l'indépendance  dont  l'imprimeur 
d'autrefois  jouissait  vis-à-vis  des  autres  artisans,  dont  les  métiers  sont 
actuellement  séparés  en  classes  distinctes.  Et  il  est  curieux  que  cet  état 
de  choses  soit  aussi  général,  car  peu  de  villes  sont  attachées  autant  que 
Paris  àleurs  artistes.  Peut-être  la  faute  en  est-elle  à  rartiste,plus enfermé 
dans  son  métier  que  ne  le  voudrait  le  développement  de  l'art.  M  Mais  en 
ces  dernières  années  l'imprimerie  a  réalisé  de  grands  progrès,  qui  sont 
dûs  pour  une  bonne  part  aux  efforts  de  MM.  G.  Peignot  et  fils.  Dès 
1 900  leur  fonderie  a  produit  des  caractères  nouveaux, d'un  style  franche- 
ment moderne  ;  les  meilleurs  exemples,  comme  lettres  et  comme  vi- 
gnettes, en  sont  le  "  Grasset  ",  que  suivirent  1'  "  Auriol  ",  puis  le  "  Bellery- 
Desfontaines  ".  En  même  temps,  comme  ils  désiraient  ne  pas  perdre  ce 
qui  dans  l'héritage  du  passé  convenait  parfaitement  à  notre  temps,  les 
frères  Peignot  publièrent  un  petit  livre  intitulé  "  Les  Cochins  ",  qui 
montre  clairement  les  résultats  obtenus  par  eux.  Cet  ouvrage  n'est  pas 

179 


seulement  un  inventaire  de  leurs  recherches,  il  exprime  aussi  un  ardent 
désir  de  voir  les  éditeurs  et  les  imprimeurs  comprendre  l'importance 
qu'aurait  une  renaissance  de  la  typographie  française,  et  l'influence  qui 
en  résulterait  sur  tous  les  arts  graphiques.  M  Malgré  les  remarquables 
progrès  de  la  gravure  industrielle,  sans  compter  que  la  plupart  des  per- 
fectionnements sont  d'origine  française,  la  gravure  sur  bois,  appliquée 
à  l'illustration,  est  encore  plus  brillante  en  France  qu'en  tout  autre  pays 
européen.  Parmi  les  plus  récentes  publications  de  haut  mérite,  le 
"Daphnis  et  Chloé  "  (p.  190),  imprimé  et  publié  par  M.  L.  Pichon,  est 
tout  à  fait  remarquable  ;  d'ailleurs,  tout  ce  qui  sort  du  modeste  établisse- 
ment de  M.  Pichon  est  d'un  rare  raffinement.  Il  y  en  a  encore  d'autres, 
mais  la  place  ne  nous  permet  pas  d'insister  sur  les  mérites  de  chacun. 
Cependant,  il  ne  faut  pas  que  je  néglige  de  mentionner  la  remarquable 
édition  du  "Grand  Testament  "  de  François  Villon,  que  j'ai  vu  en  pré- 
paration chez  M.  A.  M.  Peignot,  avec  des  illustrations  et  des  caractères 
dessinés  spécialement  par  Bernard  Naudin  ;  ni  les  curieux  petits  volumes 
delà  collection  "Les  Maîtres  du  Livre",  publiée  par  MM.  Georges  Crès 
et  Cie,  sous  la  direction  de  M.  Ad.  Van  Bever  ;  et,  sans  les  efforts  de 
judicieux  et  infatigables  éditeurs  de  livres  de  luxe,  tels  que  MM. 
Lucien  Vogel,  A.  Blaizot,  L.  Carteret,  H.  Floury,  F.  Ferroud,  Jules 
Meynial,  R.  Helleu,  René  Kieffer,  E.  Rey,  Octave  Charpentier,  E. 
Lévy  et  H.  Piazza,  les  bibliophiles  de  Paris  n'auraient  pas  grand  choix. 
Parmi  les  autres  publications,  il  faut  citer,  dans  des  genres  divers,  celles 
des  maisons  OUendorfF,  Larousse,  Hachette  et  Cie,  Fayard  et  Cie, 
Calmann  Lévy,  Plon-Nourrit  et  Cie,  Adrien  Sporck,  L.  Michaud,  E. 
Flammarion  et  A.  Vaillant.  Enfin,  il  ne  faut  pas  que  j'oublie  de  parler 
de  la  puissante  influence  de  la  "  Société  des  Amis  des  Livres",  des  "  Cent 
Bibliophiles",  de  la  "  Société  Normande  du  Livre  illustré", et  de  la  "So- 
ciété du  Livre  d'Art  contemporain";  et,  sans  entrer  dans  un  long  exposé 
pour  chacune,  je  me  contenterai  de  faire  allusion  à  la  prospérité  dontjouit 
la  "Société  des  Amis  <lesLivres",sous  la  présidence  de  M.Henri  Beraldi, 
fondateur  de  la  "  Société  des  Bibliophiles  de  Paris  ",  et  éditeur  distingué. 
Parmi  ses  premières  publications,  les  plus  remarquables  sont  "  Paysages 
Parisiens",  par  Emile  Goudeau,  et  "Paris  au  Hasard",  par  G.  Montor- 
gueil,  tous  deux  illustrés  par  Auguste  Lepère  ;  je  lui  dois  mes  remercie- 
ments pour  le  bienveillant  intérêt  qu'il  a  porté  à  mon  enquête  biblio- 
graphique ;  de  même  au  Président  des  "Cent  Bibliophiles",  M.  Eugène 
Rodrigues,qui  a  généreusement  mis  à  ma  disposition  des  pages  et  des 
illustrations  des  volumes  de  son  admirable  collection.  j^En  somme,  c'est 
à  des  hommes  comme  eux  et  à  des  groupements  comme  ceux  auxquels  ils 
appartiennent  que  la  France  doit  le  haut  rang  qu'elle  occupe  dans  le  culte 
du  livre  et  la  liberté  grâce  à  laquelle  ses  excellents  artistes  et  artisans  nous 
donnent  l'enveloppe,  si  bien  appropriée,  sous  laquelle  nous  conservons 
l'œuvre  des  grands  écrivains. 
180 


Villiers    dç  rvIsle-Ad2vm 


Le 

rîoovcevo  fDonde 

orne    Je  i^  dois   onqin&uK 
en  2  couleurs  de  R€Vlber^ 


|lé,BiS*^SeRÎI7Ain 
Hns 


LE  DERNIER  LIVRE  D'EDOUARD  PELLETAN. 

Voici  donc  le  point  final  mis  à  la  page  et  voici  le  dernier  feuillet 
tourné!  Nul  livre  de'sormais  ne  portera  cette  firme  réputée,  ornée  de 
la  devise  empruntée  à  Thucydide  :  kthma  es  aei.'  De  même  qu'il 
n'y  a  plus  d'éditeur,  il  n'y  aura  plus  d'éditions  Pelletan. 

Avec  quel  amour,  avec  quels  soins,  pourtant,  le  maître  a  travaillé 
à  ce  dernier  fils  de  son  génie!  Cet  ouvrage,  tout  en  gravures  origi- 
nales, était  avec  La  Kotisserie,  toute  en  gravures  de  reproduction,  les 
deux  livres  qu'il  afFedtionnait  le  plus.  Dans  La  Kotisserie  deJa  Keine 
Pédauque,  il  avait  écrit,  en  quelque  sorte,  le  testament  de  la  gravure 
sur  bois  d'interprétation,  et,  par  l'illustration  et  l'habillage  du  texte, 
posé  le  sceau  sur  les  ouvrages  de  cet  ordre.  La  Kotisserie  reste  le  livre 
du  xix^  siècle,  Hésiode  et  La  Terre  (à^  l'Homme  appartiennent  au  xx^ 
Plus  d'illustrations  proprement  dites,  mais  une  suite  de  libres  compo- 
sitions, parentes  du  texte  par  leur  sentiment  général,  —  et  une  page 
renouvelée,  qu'égaient  des  bandeaux  de  couleurs,  qu'une  extraordi- 
naire abondance  de  sujets  décore.  Le  grec  de'Garamond  qui,  depuis 
plus  de  quarante  ans,  dormait  dans  les  casses  de  l'Imprimerie  natio- 
nale, apporte  la  sédu6i:ion  de  son  écriture  fleurie î  en  regard,  les  pages 
de  la  traduétion,  en  caraCtères  romains  de  même  origine, 'se  disposent 
avec  noblesse.  Et,  quand  on  arrive  à  la  partie  moderne,  laspeél 
change.  Le  texte  de  M.  Anatole  France  s'y  déroule  comme  un  fleuve 
entre  les  cent  îlots  des  gravures.  Puis,  çà  et  là,  aux  endroits  choisis, 
de  grandes  compositions  en  pleine  page.  Partout,  un  ordre  évident  et 
une  richesse  non  moins  évidente.  Chaque  livre  de  Pelletan  est  pareil 
à  la  salle  d'un  musée  bien  disposé;  la  salle  d'Hésiode  et  de  La  Terre  <à^ 
f  Homme  est  une  des  plus  somptueuses  et  des  plus  étranges.  Son  grec. 


PAGE  PRINTED  IN  "GARAMOND"  TYPE  (ENGRAVED 
FOR  FRANÇOIS  I  ).  WITH  WOODCUT  BY  PAUL  EMILE 
COLIN,   LENT  BY   MONS.   R.   HELLEU 


LE  TRANSFORrasrfE 


|ES  origines  de  la  terre  à  l'apparition  de  l'homme,  le 
développement  des  formes  est  pareil  à  celui  de  l'arbre. 
Les  organismes  définis  sont  les  feuilles  éparpillées,  les  fruits 
naissants  et  les  fruits  mûrs,  les  fruits  tombés,  les  fleurs 
ouvertes.  Plus  bas  les  rameauK  indistincts,  les  branches 
frustes,  le  tronc  massif,  les  racines  perdues  qui  lient  la 
forme  épanouie  à  la  substance  originelle.  Ainsi,  les  formes 
de  la  Vie  qui  cherchent  l'équilibre  à  la  clarté  de  la  conscience, 
tendent  à  se  différencier  de  la  forme  de  l'univers.  La  terre 
est  nue  à  l'origine,  et  paraît  nue  encore  à  l'heure  où  la  Vie 
essentielle  s'élabore  au  fond  de  la  mer.  Puis,  les  forces  inté- 
rieures se  révèlent  à  sa  surface  en  Végétaux  gras  et  confus, 
en  bêtes  chaotiques  où  le  sol  attache  le  poids  des  alluVions 
primitives  ;  puis  ce  sont  de  hautes  forêts  qui  répandent  dans 
le  ciel  libre  leurs  bras  chargés  de  feuilles  Vertes,  ce  sont 
d'harmonieux  animaux;  l'homme  apparaît,  s'cfforçant  d'or- 
donner son  être,  de  marier  son  r-^thme  intérieur  au  rythme 
entier  de  la  nature  ;  enfin  l'esprit  Veut  s'affranchir,  dominer 
les  lois  de  la  Vie  :  les  lois  de  la  Vie  le  suppriment.  Or,  l'in- 
telligence des  hommes  prend  contact  aVec  la  nature  en  sui- 
vant les  mêmes  chemins.  De  son  éveil  à  son  éclosion,  à  ses 
éclipses  périodiques,  elle  répète  mot  à  mot  l'histoire  des 
âges  confus  qui  l'ont  précédé  sur  la  terre.  L'artiste  primitif 
laisse  engagées  dans  la  forme  du  monde  les  architectures 
transitoires,  hommes,  bêtes  et  plantes,  où  la  substance  de 
la  Vie  fleurit  pour  un  moment.  Dans  leurs  manifestations 
brutes,  tous  les  archaïsmes  se  touchent,  l'esprit  humain  n'a 
qu'un  berceau.  La  forme  des  statues  antiques  est  empri- 
sonnée dans  la  pierre,  comme  ces  monstres  indistincts  que 
le  sol  ne  Veut  pas  quitter  et  dont  il  empâte  toujours  les 
articulations  épaisses.  En  elles,  pesamment,  circule  une  Vie 
torpide  et  muette,  une  chaleur  qui  n'est  pas  flamme  encore  : 
dans  sa  matrice  de  granit,  le  germe  de  l'esprit  tressaille. 


lîmor^r»?,?'^  "^^^'^  "^^C^  -TYPE  DESIQNED    BY  GEORGE 
AURIOL.  CA8T  BY  Q.  PEIQNOT  ET  F1L8.  PARIS 

184 


GIROUETTES 


ES  hommes  saga  comparent  -Oolon- 
liers  leurs  contemporains  à  des 
girouettes  que  te  moindre  -Oentfait 
-^irer  Moi  qui  suis  l'ami  des  girouettes.  Je 
pense  qu'on  a  peut-être  tort  de  les  Juger 
si  légèrement.  1  Lorsque  dans  l'espoir, 
%  soutient  déçu,  de  Sloir  le  ciel  s'éclaircir.  Je 
^  lèi)e  les  ^eux  -^ers  le  petit  peuple  girouet- 
^  tique.  Je  if  ois  le  laboureur  se  diriger  exac- 
tement -^ers  r endroit  que  -Oise  le  chasseur, 
et  le  bateau  Voguer  dans  la  même  direction, 
et  le  léi}rier  courir  au  même  but,  et  la  sirène 
indiquer  du  doigt  le  même  point  mystérieux. 
]IS  II  y  a  donc  entente  absolue  entre  toutes 
les  girouettes.  ]t  Jlimer  le  changement  ne 
me  paraît  pas  si  détestable  que  ça....  L'im- 
portant c'est  que  tout  le  monde  soit  d'accord. 

George  Auriol 


PAGE  PRINTED  IN  ITALIC  FACE  TYPE    DE8IQNED    BY  GEORGE 
AURIOL,  0A8T  BY   Q.  PEIQNOT  ET  FILS,  PARIS 


185 


E  ne  saurais  approuver  cette  lâche 
espèce  d  nommes  qui  mesurent  la 
Jurée  oe  leur  allection  à  celle  oe  la 
félicité  de  leurs  amis;  et  pour  moi, 
tien  loin  o  être  oune  numeur  si 

tasse,  je  me  pique  d  aimer  jusques 

en  la  prison  et  Jans  le  sépulcre.  J  en  ai  rendu  des 
témoignages  putlics  durant  la  plus  cliaude  persé- 
cution de  ce  grand  et  divin  Théophile,  et  j  ai  lait 
voir  que,  parmi  1  inlidélité  du  siècle  où  nous  sommes, 
il  se  trouve  encore  des  amitiés  assez  généreuses  pour 
mépriser  tout  ce  que  les  autres  craignent;  mais, 
puisque  sa  mort  m  a  ravi  le  moyen  de  le  servir,  je 
veux  donner  à  sa  mémoire  les  soins  que  j  avais  des- 
tinés à  sa  personne,  et  taire  voir  à  la  postérité  que, 
pourvu  que  1  ignorance  des  imprimeurs  ne  mette 
point  de  taute  à  des  ouvrages  qui  d  eux-mêmes  n  en 
ont  pas  unCy  elle  ne  saurait  rien  avoir  qui  puisse  éga- 
ler ce  quils  valent.  ...(Quiconque  achètera  ce  digne 
hvre,  sans  doute  sera  contraint  d  avouer  que  c  est  la 
première  lois  qu  il  a  bien  lu  JL  héophile.  JDe  sorte  que 
je  ne  tais  pas  ditliculté  de  pubher  hautement  que 
tous  les  morts  m  tous  les  vivants  n  ont  rien  qui  puisse 
approcher  des  torces  de  ce  vigoureux  génie;  et  si, 
parmi  les  derniers,  il  se  rencontre  quelque  extrava- 
gant qui  juge  que  j  ollense  sa  gloire  imaginaire,  pour 
lui  montrer  que  je  le  crains  autant  comme  je  1  estime, 
je  veux  qu  il  sache  que  je  m  appelle     De  ScUDÉRY. 


M7 


l'il\7J^''^°  '"  "N'COLAS  COCHIN"  TYPE.  ADAPTED 
AND  CAST  BY  Q.   PEIQNOT  ET  FILS,   PARIS 

i86 


Le  Grasset 


*T  L'époque  contemporaine  semble,  par  ses  recherches,  vouloir  trou- 
ver une  nouvelle  expression  du  vrai  et  du  beau.  Cependant,  il  est 
certaines  personnes  chez  lesquelles  le  besoin  d'un  Art  nouveau  ne  se 
fait  pas  sentir  d'une  façon  bien  intense.  «  Nos  aînés,  disent-ils,  nous 
ont  laissé  de  tels  monuments  d'art  que  nous  ne  pouvons  espérer  les 
surpasser.  Pourquoi  ne  pas  nous  en  tenir  aux  interprétations  de  ces 

>T  A  cette  objection,  notre  réponse  semblera  moins  téméraire  en  nous 
aidant  des  déclarations  qu'a  faites  le  grand  critique  Taine,  avec  son 
autorité  indubitable,  dans  sa  Philosophie  de  l'Art.  «  L'œuvre  d'art, 
dit-il,  est  déterminée  par  un  ensemble  qui  est  l'état  général  de  l'esprit 
et  des  moeurs  environnantes.  »  Plus  loin  il  la  définit  ainsi  :  «  11  y  a  une 
direction  régnante  qui  est  celle  du  siècle  ;  les  talents  qui  voudraient 
pousser  dans  un  autre  sens  trouvent  l'issue  fermée;  la  pression  de 
l'esprit  public  les  comprime  ou  les  dévie  en  leur  imposant  une  florai- 
son déterminée.  »  Et  encore  :  «  L'œuvre  de  l'artiste  à  laquelle  auront 
contribué  secrètement  des  millions  de  collaborateurs  inconnus  sera 
d'autant  plus  belle  qu'outre  son  travail  et  son  génie  elle  contiendra  le 
génie  et  le  travail  du  peuple  qui  l'entoure  et  des  générations  qui 

AissoNs  donc  aux  Elzévir,  aux  Foumier  le  Jeune  et  aux  Didot 
la  gloire  d'avoir  si  merveilleusement  résumé  l'art  typogra- 
phique des  xvi',  xviii*  et  xix*'  siècles,  et  que  notre  œuvre  à 
nous  soit  comme  une  résultante  de  la  période  contemporaine.  Ce  qui 
a  toujours  été  le  caractère  dominant  de  Tart  français,  c'est  ce  souci  de 
la  clarté,  de  la  précision,  qui  fait  que  dans  ses  diverses  manifestations 
l'imagination  n'a  jamais  empiété  sur  le  domaine  de  la  raison.  Or,  en 
observant  le  type  dessiné  par  Eugène  Grasset,  ne  retrouvons-nous 
pas  l'indice  de  toutes  ces  qualités  ?  Tout  d'abord,  il  est  simple,  c'est-à- 
dire  qu'il  n'y  arien  qui  soit  superflu,  rien  qui  ne  vise  pas  uniquement 
à  donner  à  chaque  lettre  ses  caractères  distinctifs.  C'est  pour  ainsi 
dire  la  synthèse  de  la  lettre  indiquée  au  pinceau,  sans  déviations, 
sans  inutilités,  mais  d'un  trait  sûr  et  ferme  qui  ne  laisse  rien  au  hasard. 


TYPE  AND  ORNAMENTS   DESIGNED  BY  GRASSET 
CAST  BY  Q.  PEIGNOT  ET  FILS,  PARIS 


187 


C'êiaii,  il  m'en  sozivieni,  par  une  nuit  d'automne. 

Triste  et  froide,  à  peu  près  semblable  à  celle-ci; 

Le  murmure  du  vent,  de  son  bruit  monotone. 

Dans  mon  cerveau  lassé  berçait  mon  noir  souci. 

J'étais  à  la  fenêtre,  attendant  ma  maîtresse; 

Et,  tout  en  écoutant  dans  cette  obscurité. 

Je  me  sentais  dans  L'âme  une  telle  détresse, 

Q^'iL  me  vint  le  soupçon  d'une  infidélité. 

La  rue  où  je  logeais  était  sombre  et  déserte; 

Quelques  ombres  passaient,  un  falot  à  la  main  ; 

Q^and  la  bise  soufflait  dans  la  porte  entrouverte. 

On  entendait  de  loin  comme  un  soupir  humain. 

Je  ne  sais,  à  vrai  dire,  a  quel  fâcheux  présage 

Mon  esprit  inquiet  alors  s'abandonna. 

Je  rappelais  en  vain  un  reste  de  courage. 

Et  me  sentis  frémir  lorsque  L'heure  sonna. 

Elle  ne  venait  pas.  Seul,  la  tête  baissée, 

Je  regardai  longtemps  les  murs  et  le  chemin,  — 

Et  je  ne  t'ai  pas  dit  quelle  ardeur  insensée 

Cette  inconstante  femme  allumait  en  mon  sein  ; 

Je  n'aimais  qu'elle  au  monde,  et  vivre  un  jour  sans  elle 

Me  semblait  un  destin  plus  affreux  que  la  mort. 

Je  me  souviens  pourtant  qu'en  cette  nuit  cruelle 

Pour  briser  mon  lien  jejis  un  long  effort. 

Je  la  nommai  cent  fois  perfide  et  déloyale. 

Je  comptai  tous  les  maux  qu'elle  m'avait  causés. 

Tiélas  !  au  souvenir  de  sa  beauté  fatale. 

Quels  maux  et  quels  chagrins  n'étaient  pas  apaisés  ! 

Le  jour  parut  enfin.  —  Las  d'une  vaine  attente. 


^^nL'"'®"  *•  °^  MU88ET'8"LE8  NUITS"  (JUtES  MEYNIAL, 
PARIS),  PRiNTED  IN  TYPE  DE8IQNED  BY  ADOLPHE  QIRALDON 
0A8T  BY  LA  MAISON  DEBERNY 


i88 


Deux  causes  essentielles  ont  produit  cet  effet.  D'abord, 
et  bien  visiblement,  une  morbidesse  native  le  prédestinait 
aux  émotions  aiguës,  voluptés  ou  tourments  :  la  frénésie 
d'aimer  trépide  en  ses  premiers  poèmes,  tout  comme  la 
fureur  de  se  tourmenter  exaspérera  les  derniers.  Donc,  à 
corps  perdu,  l'adolescent  s'est  rué  à  la  joie  :  iL  y  tord  et  use 
ses  nerfs,  si  bien  qu'il  en  arrive  avant  L'heure  à  L'épuisement 
des  énergies  vitales,  qui  sera  la  seconde  cause  de  son  abat- 
tement. A  cette  étape  de  sa  vie,  pour  que  la  crise  se  mani- 
feste, iL  sufira  de  quelque  amour  trompé,  événement  banaL, 
prévu,  et  dont  iL  devisait  naguère  sans  amertume,  mais  qui, 
cette  fois,  coïncide  avec  un  état  de  réceptivité  anormale; 
la  volonté  ne  réagit  plus,  et  le  blessé,  beaucoup  moins 
blessé  que  malade,  accepte  son  sort,  adopte  sa  destinée, 
concentre  en  elle  ses  facultés  pensantes  comme  ses  facultés 
nerveuses,  et  délibérément  se  couche  sur  son  lit  d'incu- 
rable, pour  crier  jusqu'à  ce  qu'iL  en  meure. 

A  parler  franc,  et  pour  tout  dire,  Musset  avait  reconnu 
dans  sa  douleur  la  source  même  de  son  génie  ;  ce  besoin 
de  sou^rance,  qui  déjà  lui  était  devenu  naturcL,  allait  ainsi 
lui  devenir  précieux.  Est-ce  un  jugement  téméraire,  de  con- 
sidérer que  cet  amoureux  au  désespoir  ait  eu  la  prétention 
de  s'ériger  en  personnage  de  légende  et  d'incarner,  dans  la 
mémoire  des  hommes,  le  type  de  L'amant  au  dix-neuvième 
siècle?  Les  grandes  passions,  en  somme,  sont  assez  rares; 
L'amour  totaL,  exclusif,  absolu,  ne  se  rencontre  guère  que 
dans  les  livres  ;  chaque  siècle  à  peine  nous  en  donne  un  : 
Héloïse  et  Abeilard,  Dante  et  Béatrice,  Laure  et  Pétrarque, 
Roméo  et  Juliette,  puis,  toute  seule,  Manon  Lescaut  ou 
M"^  de  Lespinasse,  et  Musset  tout  seuL...  Pourquoi  pas?  IL 
s'égale,  en  pensée,  aux  illustres  romans  d'amour;  à  lui  seuL 
iL  sera  le  poème  et  le  poète  tout  à  la  fois.  L'œuvre  vécue, 
une  monographie  du  désespoir  chanté,  l'inoubliable,  l'unique, 
et  sans  que  même  un  nom  de  femme  s'accroche  à  L'auréoLe 
du  sien...  Oui,  pourquoi  pas  ?  Et  poétiquement,  avec  une 
complaisance  d'exception,  iL  s'aide  à  la  douleur.  Guérir?  IL 
ne  le  voudrait  pas!    Au  besoin,  des  poisons  L'empêcheront 


PAGE  FROM  A.  DE  MUSSET'S  "LES  NUITS"  (JULES  MEYNIAL. 
PARIS).  PRINTED  IN  TYPE  DESIQNED:bY  ADOLPHE  QIRALDON 
CA8T  BY  LA  MAISON  OEBERNY 


189 


DE  DAPHNIS  ET   CHLOÉ 


CSirf^--^- 


45 


du  trespas  de  leur  maistre»  Apres  que  Dorcon 
fut  enterré  Chloé  mena  Daphnis  en  la  caverne  des 
Nymphes,  où  elle  le  nettoya,  et  quant  et  quant  pour 
la  première  fois  en  présence  de  Daphnis  lava  aussi 
son  beau  corps  d'eïïe-mesme,  blanc  et  poly  comme 
albastre,  et  qui  n*avoit  que  faire  d^estre  lavé  pour 
sembler  beau,  puis  en  cueillant  ensemble  des  fleurs 
que  portoit  la  saison,  en  firent  des  chappeaux  aux 
images  des  Nymphes,  et  attachèrent  contre  la 
roche  la  fluste  de  Dorcon  pour  offrande,  puis  cela 
faict  retournèrent  vers  leurs  chèvres  et  brebis,  les- 
quelles ils  trouvèrent  toutes  tapies  contre  la  terre 
sans  paistre  ny  besler,  pour  Fennuy  et  le  regret 
qu*elles  avoyent,  ainsi  qu*il  est  à  présumer,  de  ne 
veoir  plus  ny  Daphnis  ny  Chloé,  mais  aussi-tost 
qu*elles  les  apperçeurent,  et  quVux  se  prindrent  à 
les  sifler  comme  de  coustume,  et  à  joiier  du  fla- 
geollet,  elles  se  levèrent  incontinent,  et  se  prindrent 
à  pasturer  comme  devant,  et  les  chèvres  à  sauteler 


PAGE  FROM  "  DAPHNIS  ET  CHLOÉ."     PRINTED  IN  "  JENSON  " 
TYPE  BY  L.  PICHON,   PARIS,    WITH  WOODCUT  BY  CARLÈQLE 

190 


BOOKBINDINQ  IN  LEVANT  MOROCCO.    WITH   INLAY  AND  TOOLINQ 
DESIQNED    BY   ADOLPHE    GIRALDON,   EXECUTED    BY  G.  CANAPE 


191 


BOOKBINDING   IN   LEVANT  MOROCCO,  WITH   INLAY  AND  TOOLING.     BY  G.  CANAPE 


BOOKBINDINGS  IN  LEVANT  MOROCCO,  WITH   INLAY   AND  TOOLING.      BY  CHAMBOLLE-DURU 


192 


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195 


BOOKBINDING   IN    PARCHMENT,  TOOLED   AND  COLOURED 
BY  ANDRÉ   MARE 
(In  the  possession  of  Mons.  Paul  Aaam) 


BOOKBINDING   IN   PARCHMENT,  TOOLED  AND  COLOURED.     BY  ANDRÉ  MARE 
(In  the  jiossession  qf  Mons.  L.  Vauxcelles) 


196 


(In  the  possession  oj 

Madame  d'Akman.) 


BOOKBINDING  IN    PARCHM  ENT,  TOOLED 
AND    COLOURED.      BY    ANDRÉ    MARE 


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200 


AUTRICHE 


L'ART  DU  LIVRE  EN  AUTRICHE.  PAR 
A.  S.  LEVETUS 

COMME  les  autres  pays,  l'Autriche  a  passé,  pour  tout  ce  qui 
concerne  le  livre,  par  des  phases  brillantes,  suivies  d'une 
période  d'inactivité  qui  risquait  d'aboutir  à  la  décadence.  Au- 
trefois, diverses  imprimeries  ont  publié  nombre  d'ouvrages  de 
haute  valeur  artistique  au  point  de  vue  de  la  typographie,  de  l'illus- 
tration et  de  la  reliure  ;  il  existe  encore  bien  des  exemplaires  qui  en 
donnent  la  preuve.  D'une  manière  générale,  les  imprimeurs  autri- 
chiens n'ont  jamais  été  très  nombreux,  et  ce  pays  n'a  jamais  été  très 
producteur  en  matière  de  livres  ;  Vienne  même,  à  cet  égard,  ne  peut 
être  comparée  à  Nuremberg,  Augsbourg  et  Leipzig.  Sous  l'impératrice 
Marie-Thérèse,  l'art  du  livre  fut  florissant,  car  cette  souveraine,  qui 
avait  des  goûts  très  artistiques,  accorda  beaucoup  de  privilèges  à  l'in- 
dustrie du  livre,  et  elle  appréciait  beaucoup  les  volumes  de  valeur.  Son 
fils,  l'empereur  Joseph  II,  suivit,  dans  sa  jeunesse,  une  mode  de  l'époque 
qui  voulait  qu'on  pratiquât  un  métier  :  il  choisit  celui  d'imprimeur, 
et  s'en  rendit  parfaitement  maître.  Il  accorda  également  certains  privi- 
lèges  aux    imprimeurs    et 

donna  à  leur  art  toute  sorte    i  | 

d'encouragements.        Pen-    |  | 

dant  la  seconde  moitié  du 
XVI IP  siècle,  l'art  du  livre 
prit  un  développement  con- 
sidérable. On  inventa  de 
nouveaux  caractères,  la  gra- 
vure sur  bois  céda  la  place 
à  la  gravure  sur  cuivre,  la 
qualité  du  papier  s'améliora, 
la  reliure  devint  magni- 
fique comme  cuir  etcomme 
dessin,  et  tout,  jusqu'aux 
pages  de  garde,  atteignit  la 
plus  haute  perfection.  Mais 
une  réaction  devait  se  pro- 
duire inévitablement,  en 
Autriche  comme  dans  les 
autres  pays,  car  l'époque  du 
modernisme  était  arrivée. 
Le  papier  à  la  main,  qui 
avait  son  principal  entrepôt 
en   Moravie   depuis   1520, 


MILOS  TIRÂNEK 

)0]MYA 
POTULKY 


PÉCÎVOLNZCH  SM£RD 
A  NAKLADEM  SPOLKU 
VYTVARNYCH  UMELCO 
•MANES  VPRAZEIQOÔ 


TITLE-PAGE     DESIGNED    BY    R.    RUZICKA.        PUBLISHED    BY    THE 
MANES  SOCIETY,   PRAGUE 


203 


époque  où  fut  fondée  la  première  papeterie  à  Gross-Ullersdorf,  devint 
moins  bon  ;  la  machine  à  imprimer  remplaça  la  presse  à  bras  ;  les  belles 
reliures  en  cuir  façonnées  à  la  main  durent  céder  la  place  à  des  produc- 
tions d'un  caractère  plus  commercial.  M  Mais  en  Autriche,  comme 
ailleurs,  l'art  du  livre  devait  avoir  sa  renaissance.  William  Morris 
fut  l'initiateur  de  ce  mouvement,  car  la  renommée  de  la  "  Kelmscott 
Press"  arriva  jusqu'à  Vienne.  Les  hommes  de  la  nouvelle  école  :  Alfred 
Roller,  Josef  Hoffmann,  Koloman  Moser,  Myrbach,  Rudolf  von 
Larisch  et  d'autres,  ont  répandu  les  enseignements  nouveaux.  Le  mo- 
ment était  propice,  le  besoin  de  réformes  dans  tout  ce  qui  se  rattache 
à  l'industrie  du  livre  fut  admis  parmi  les  questions  à  l'ordre  du  jour 
lorsque  l'on  aborda,  en  1897,  le  problème  général  de  l'enseignement 
artistique  ;  mais  la  renaissance  de  l'art  du  livre  ne  date  réellement  que  du 
commencement  de  ce  siècle.  Il  ne  faut  pas  croire  qu'avant  cette  grande 
réforme  on  n'avait  tenté  aucun  effort  pour  relever  l'art  ;  bien  loin  de 
là.  Il  y  a  vingt-cinq  ans,  on  prit  les  devants  en  fondant  l'Institut  d'é- 
tudes et  d'essais  pour  l'art  graphique  ;  et  dès  le  début,  sous  la  direction 
du  Conseiller  aulique  Eder,  on  y  fit  d'excellente  besogne.  L'Imprimerie 
de  la  Cour  et  de  l'Etat  avait  déjà  été  fondée  quatre-vingts  ans  aupara- 
vant. Mais  le  grand  élan  fut 
donné  il  y  a  une  douzaine 
d'années,  lorsque  des  hom- 
mes formés  avec  les  idées 
nouvelles  en  art  décoratif 
furent  pris  comme  profes- 
seurs dans  les  divers  éta- 
blissements. JfTL'art  du  livre 
en  Autriche  n'a  donc  que 
depuis  peu  de  temps  son 
aspect  moderne  ;  mais  le 
développement  en  est  des 
plus  intéressants.  On  en  a 
pris  les  éléments  fonda- 
mentaux dans  les  meilleurs 
héritages  du  passé  ;  et,  avec 
l'appoint  de  ces  qualités  de 
raffinement,  de  goût  et  de 
sérieux,  on  est  arrivé  à  des 
résultats  fort  satisfaisants  ; 
d'abord,  dans  l'enseigne- 
ment de  l'écriture  orne- 
mentale, avec  le  professeur 
Rudolf  von  Larisch.     Il  a 


TITLE-PAGE  DESIGNED  BY  VLADImIr  2UPANSKY.  PUBLI8HED  BY 
THE  MANE8  SOCIETY.  PRAGUE 


204 


exposé  ses  principes  dans  un  livre  qui  est  d'une  grande  valeur  pour  tous 
ceux  qu'intéresse  ce  sujet.  Ce  qu'il  cherche,  c'est  à  faire  contribuer  la 
forme  et  l'espacement  des  lettres  à  leur  harmonie  ;  même  la  lettre  la  plus 
simple  doit  être  décorée.  Il  n'attache  pas  une  importance  extrême  à 
la  création  de  formes  nouvelles,  il  insiste  plutôt  sur  le  rapport  de  la  lettre 
au  mot  et  du  mot  à  la  phrase.  Celles-ci  doivent  s'unir  de  la  même  façon 
que  les  parties  constitutives  d'un  ouvrage  d'architecture  parfait  ;  car, 
de  même  que  l'architecture  est  la  base  de  tous  les  arts,  de  même  c'est 
sur  l'établissement  du  texte  que  doit  reposer  le  style  de  l'illustration 
d'un  livre.  Cette  théorie  est  confirmée  par  les  enseignements  que  l'on 
tire  de  l'examen  des  premiers  livres  imprimés  et  surtout  de  ceux  qui 
datent  de  la  fin  du  XVP  siècle.  On  y  voit  que  le  but  visé  a  été  de  réaliser 
l'harmonie  entre  les  caractères,  l'ornementation  et  l'illustration.  C'est 
aussi  le  but  visé  par  ceux  qui  cherchent  à  créer  des  livres  artistiques, 
bien  différents  de  ceux  que  l'on  publie  ordinairement.  Malheureuse- 
ment, ils  sont  peu  nombreux  en  Autriche.  Mais  beaucoup  de  nos  ar- 
tistes travaillent  à  l'illustration  de  livres  pour  les  éditeurs  allemands, 
et  autres.  A  Vienne,  Artur  Wolf  a  publié  quelques  très  beaux  ouvrages 
illustrés  par  Franz  von  Bay- 
ros,  Ferdinand  Staeger  et 
autres  artistes;  leslivres  d'en- 
fants de  la  collection  Kone- 
gen,  illustrés  par  Marianne 
Hitschmann  -  Steinberger, 
sont  pleins  de  charme, 
et  montrent  bien  le  senti- 
ment de  la  vie  ;  les  livres 
pour  enfants  de  Gerlach  et 
Wiedling  ont  été  illustrés 
par  divers  artistes,  notam- 
ment le  professeur  Czeschka, 
Karl  Fahringer,  F.  Staeger, 
Franz  Wacik,  Mlle  Frim- 
berger.  Mlle  C.  Hassel- 
wandera  donné  d'excellentes 
illustrations  pour  histoires 
enfantines  ;  C.  Kôystrand 
s'est  acquis  la  réputation 
d'un  dessinateur  fin  et  en- 
joué ;  Ferdinand  Staeger  est 
un  des  meilleurs  illustra- 
teurs du  journal  'Jugend  de 
Munich  ;    il  est  un  artiste 


aiSABETH  RARRETT-BROWNlNa 

K)RTUGAISKË 


'KLUB  ŒSKY  VTRAXEx^lpOe 


TITLE-PAGE 


DESIGNEO     BY    J.     BENDA.       PUBLISMED      BY    THE 
iENSKY   KLUB.  PRAGUE 


205 


ie  niuttcr  €rde  wat  alfo  Don  |c 

gefTôcte  £icbe  barg.  6ic  unglûcf' 
ltci)cn  U)t<i)te  untcc  ôen  T^dame' 
tindetn,  n>el<^c  tDun|<i)  undÇoff' 
nung  tâuf<i)t,  ôffnen  fii)  unter 
fol<^en  Um|iândcn  dcn  tDcg  dO' 
i)in  durd)  @trt(f  und  t>ol<i^,  durt^ 
6Ui  und  6tft,  dut  4  &arrfu<^t  und  6lutt>u|Ten;  odet 
fonflmie  ouf  cine  unbcqueme  fitt.  ^ber  die  ^ei/lcr 
bedûrfcn  oU  tet  ïlmftânàl\d\ttiten  nî<^t  und  genU' 
j^en  ûbetôfcd  des  Dortcild,  da^  |ie  na^  6clieben  in 
die  <2>ber»clt  3utû(fF«t)rcn  fônnen,  tpcnn  fie  Que* 
getroÇt,  odet  i|re  £cidenf<tiaft  ouegctobt  l^abcn,  da 
dcn0tctblid)cn  dct  tDcg  3ut  Rurf  f  cbr  ouf  cœig  »ct» 
fd)l»fftn  ift.  Dec  unmutepoUc  <&n0mc  Dcrliej^  die 
<Dbetn)elttnitôcni<(nt|<i)lii0,ntctricdccôa87agc8' 
liâ^t  3U  fijautn;  do<^  die  œo^ltdtige  3cit  Dettt>i|<l)te 
na<^  nnd  na<^  die  Cindrii<f  e  feinee  6came;  gleic^' 


PAGE    DESIQNED    BY    HEDWIQ     8CHMIEDL.   FOR  THE    IMPERIAL 
GRAPHISCHErLEHR-UND  VERSUCHSAN8TALT,  VIENNA 


plein  de  variété  et  de  vita- 
lité ;  Wenzel  Oswald  et 
Gustav  Kalhammer,  anciens 
élèves  de  l'Ecole  impériale 
d'art  industriel  (Kunstge- 
v^^erbe),  ont  un  style  essen- 
tiellement décoratif;  et  Da- 
gobert  Pèche,  qui  est  sorti 
de  l'Académie  impériale,  a 
également  un  style  haute- 
ment décoratif.  Alfred  Keller 
exerce,  comme  ce  dernier, 
la  profession  d'architecte, 
mais  il  s'occupe  également 
d'illustration  ;  il  se  distingue 
surtout  dans  le  dessin  au 
trait.  Jtf  Quelques  artistes  au- 
trichiens excellent  aux  des- 
sins de  reliures,  et  l'on  peut 

dire  en  toute  sécurité  que  leur  œuvre  a  acquis  une  réputation  qui 
durera.  Il  suffit,  pour  justifier  cette  assertion,  de  citer  des  noms  comme 
ceux  du  professeur  Josef  Hoffmann,  de  Koloman  Moser,  de  Czeschka  ; 
Anton  Hofer  et  Rudolf  Geyer,  tous  deux  anciens  élèves  de  l'Ecole 
impériale  d'art  industriel,  ont  également  donné  de  très  beaux  ouvrages 

que  resteront.  Tous  ces  ar- 

I I    tistes  ont  créé  des  reliures 

\  qui,  comme  dessin,  comme 
\  matière  et  comme  exécu- 
;  tion,  satisfont  à  tout  ce 
\  qu'on  peut  demander.  M 
Dans  le  dessin  de  caractères 
I  d'imprimerie,  on  est  arrivé 
I  à  d'excellents  résultats.  L' 
I  "antique  Czeschka",  créé 
!  par  le  professeur  Czeschka, 
I  est,  dans  sa  simplicité,  ex- 
I  trêmement  beau.  Il  a  été 
\  acheté  par  MM.Genzsch  et 
\  Heyse,  de  Hambourg,  et 
i  e  st  reproduit  p.  21 1.  J^  La 
I  fonte  nouvelle  du  Dr  Ru- 
dolf Junk  se  distingue  par 
les    mêmes    qualités,   bien 


Mq2&i/E<l1^U<QOOTi»1.<DEfM 
{^M  TDOPHOMiU/  HDMLE/MM 

g   ■llgaHPtïJgiHOAHZqiMI 

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TUiEREUIAULEn  UI1DZUIlTI»QUHQ<Dy 
ûEPnCKE/  EmiÛEiKlAUEH  NliTiiCM  EUli 
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PAGE     DESIQNED     BY    BERTA      BINDTNER,    FOR    THE     IMPERIAL 

QRAPHISOHE  LEHR-UNDVERSUCHSANSTALT,  VIENNA 
206 


iSopisy      , 

JOSEFAMÀNESA 
HENRIETTE 

Z  RITTERSBERGÙ 
AjINDRLSCE 

E  RITTERSBERGÙ 
<SLAViNSKÉ>    , 


COVER   DESIGN    BY   F.   KYSELA,   FOR  NOVA   EDICE,  PRAGUE 


qu'elle  diffère  notablement, 
comme  forme,  de  celle  du 
professeur  Czeschka.  Celle 
de  M.  Mader,  quoique 
moins  claire,  présente  de 
l'intérêt;  le  professeurHoff- 
mann  y  a  assorti  des  bor- 
dures et  des  vignettes.  Mlle 
Schmidt  peut  également 
compter  parmi  les  artistes 
qui  ont  créé  des  caractères 
typographiques  nouveaux 
et  intéressants.  Ces  fontes 
ont  toutes  été  employées 
par  l'Imprimerie  de  la  Cour 
et  de  l'Etat.  M  Parmi  les 
provinces,  la  Bohème  oc- 
cupe le  premier  rang  dans 
l'art  du  livre,  ce  qui  n'a  rien 
d'étonnant,  si  l'on  songe 
que  Prague,  Pilsen,Kutten- 
berg  et  autres  villes  remon- 
tent à  une  époque  lointaine. 
Dans  la  décoration  du  livre 


et  l'art  graphique  moderne, 
beaucoup  d'artistes  tchèques 
se  sont  distingués.  Les  di- 
verses reproductions  que 
nous  donnons  d'ouvrages 
montrent  qu'ils  ont  bien  l'in- 
spiration de  véritables  ar- 
tistes. La  collaboration  que 
les  éditeurs  offrent  aux  ar- 
tistes est  de  bon  augure,  et  les 
années  qui  vont  suivre  ver- 
ront, sans  aucun  doute,  de 
nouveaux  développements. 
Le  fait  même  que  le  mouve- 
ment moderne  a  donné  lieu 
à  tant  de  bonnes  productions 
permet  de  compter  beau- 
coup sur  son  avenir. 


qtn,  mit  alten  £umpen  btàtât,  0(0  mon  p/Iegf  in 

die  Crbfen  ju  fTcUen,  die  genâ|<i)igen  0pa^en  domit 
3U  (a>cu<f)cn.  tDorûber  ^d)  die  Çettcn  oon  ^itffy 
betg  ba$  trunôerten,  lichen  fie  in  aller  0tilJe  àtn 
0trot)tnann  obnet^men  und  breiteten  au8,  der  gtù^t 
tDind  i)abe  3uc  nodjtjeit  den  leid|ten  0<^ncidec 
oom  6ai0en  ûbcr  die  ^cenje  getoel^et. 


47 


TAILPIECE  DESIGNED  BY  HEDWIQ  SCHMIEDL,  FOR  THE  IMPERIAL 

GRAPHISCHE   UEHR-UND   VERSUCHSANSTALT,  VIENNA 


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ORNAMENT  BY  WENZEL    OSWALO 


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BOOKBINDING   IN   RUSSIAN   LEATHER,  WITH   INLAY  AND  TOOLING.       DESIGNED 
BY  HENRYK  UZIEMBLO.   EXECUTED  BY   ROBERT  JAHODA 


BOOKBINDING    IN   RUSSIAN   LEATHER,  WITH    INLAY  AND  TOOLING.       DESIGNED 
BY  HENRYK  UZIEMBLO,   EXECUTED  BY  ROBERT  JAHODA 


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LEATHER    BOOKBINDINQ,   WITH    INLAY   AND   GOLD 

TOOLING.     DESIGNED  BY  PROF.  JOSEF  HOFFMANN 

EXECUTED   BY  THE  WIENER   WERKSTAETTE 


BOOKBINDINQ  IN   BUCKSKIN,  WITH   INLAY  AND  TOOLING.     DESIGNED   BY   PROF.   JOSEF  HOFFMANN 
EXECUTED  BY  THE  WIENER  WERKSTAETTE 


2l6 


PAPER   COVER   DESIGNED  BY  DORA  GROSS 


PAPER    COVER    DESIGNED    BY   HANSI    BURGER-DIVECKY,   PRINTED    IN 
THE   IMPERIAL  GRAPHISCHE  LEHR-UND-VERSUCHSANSTALT,  VIENNA 


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TAILPIECE  AND  COVER  DESIGN 
BY  HEDWIG  SCHMIEDL 


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BORDER  AND  END-PAPER  DESIGNS  BY  ALFRED 
KELLER.      FOR   L.  STAAKMANN.   LEIPZIG 


221 


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INITIAL  LETTER  AND   BORDER   DESIGNED  BY  PROF.   C.  G. 
CZESCHKA.     FOR  GENZSCH   AND  HEYSE,   HAMBURG 


223 


ORNAMENTS  AND  TAILPIECES  BY  WENZEL  OSWALD 
224 


ORNAMENTS   BY  GUSTAV   KALHAMMER 
225 


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DECORATIVE  ILLUSTRATIONS  BY  FERDINAND  STAEGER 
226 


DECORATIVE  ILLUSTRATIONS   BY  FERDINAND  STAEGER 

227 


DECORATIVE  ILLUSTRATIONS  BY  ALFRED  KELLER.  FOR 
R.  H.  BARTSCH'S  "BITTERSUSSE  LIEBESGESCHICHTE  " 
PUBLI8HED   BY  L.  STAAKMANN,   LEIPZIG 

228 


DECORATIVE  ILLUSTRATION  BY  ALFRED  KELLER 

FOR     "DAS     BUCH      DER     KLEINEN     KLEINEN  '• 

PUBLISHED  BY   L.  STAAKMANN,  LEIPZIG 


DECORATIVE   ILLUSTRATION   BY 
C.   HASSELWANDER 


DECORATIVE   ILLUSTRATION   BY  C.   KOYSTRAND 
FOR    "PIERROT    ALS    SCHILDWACHE  "         PUB- 
LISHED  BY  S.  CZEIQER 


INITIAL'LETTER  BY  QUSTAV  MARISCH 


229 


DECORATIVE  ILLUSTRATIONS  BY  MARIANNE   HITSCHMANN-STEINBERGER 
FOR  "KONEQEN'S    KINDERBÙCHER."     PUBLISHED    BY    KONEGEN,  VIENNA 


230 


L'ART  DU  LIVRE  EN  HONGRIE 

1E  développement  de  l'art  en  Hongrie  atteignit  son  apogée  au 
XV^  siècle.  L'influence  de  la  Renaissance  italienne  pénétra  en 
ce  pays  plus  tôt  qu'ailleurs,  car  Mathias  Corvin  réunit  à  sa 
-^  cour  un  grand  nombre  d'artistes  et  d'humanistes  italiens,  et 
acquit  quantité  de  livres  et  de  manuscrits  ornés  de  belles  peintures. 
Les  quelques  trésors  qui  restent  de  sa  bibliothèque,  et  qu'on  appelle 
corvinas^  sont  de  magnifiques  exemples  d'illustrations  delà  Renaissance, 
exécutées  surtout  par  des  miniaturistes  italiens,  car  il  semble  que  le 
monarque  n'ait  pas  employé  d'artistes  hongrois.  Les  luttes  politiques 
et  les  guerres  mirent  fin  au  développement  de  l'art  ;  puis  vint  la  domi- 
nation des  Turcs,  qui  détruisirent  ou  laissèrent  perdre  les  œuvres  d'art 
existantes.  J^  Il  y  a  bien  des  raisons  qui  expliquent  la  longue  période  de 
décadence  par  laquelle  passa  ensuite  l'art  du  livre  et  de  l'illustration. 
Jusque  vers  la  fin  du  XIX*"  siècle,  les  classes  cultivées,  en  Hongrie,  em- 
ployaient le  latin  pour  la  conversation  ;  le  latin  était  également  la  langue 
administrative  et  officielle  de  ce  pays.  Les  jeunes  gens  allaient  en  Alle- 
magne et  en  Italie  pour  compléter  leurs  études.  Par  suite,  les  influences 
étrangères  dominaient,  et  l'on  ne  publiait  en  Hongrie  que  des  livres 
très  bon  marché.  La  typographie  hongroise  ne  pouvait  rivaliser  avec 
celle  des  autres  pays,  l'art  du  livre  était  dans  une  situation  inférieure, 
et  l'on  n'employait  les  artistes  hongrois  que  pour  des  travaux  peu  im- 
portants. M  Les  livres  que  l'on  a  publiés  en  Hongrie  depuis  quelques 
années  montrent  une  supériorité  marquée  sur  ceux  que  l'on  produisait 
auparavant.  Cela  est  dû  pour  une 
bonne  part  àl'enseignement  donné  par 
l'Ecole  nationale  des  Arts  et  Métiers 
de  Budapest,  où  l'on  peut  étudier  la 
typographie,  et  où  l'on  a  introduit  des 
caractères  dont  le  style  est  basé  sur 
l'art  national.  Il  y  a  une  classe  spéciale 
d'écriture  artistique,  où  l'on  prend 
pour  modèles  les  meilleurs  des  vieux 
manuscrits  qui  réunissent  les  qualités 
désirables  :  lisibilité  et  élégance  des 
formes.  Trois  excellents  exemples  des 
travaux  des  élèves  sont  reproduits 
pages  237  à  239.  -^  La  Hongrie  a  la 
bonne  fortune  de  posséder  nombre 
d'excellents  décorateurs  de  livres,  bien 
que  quelques-uns  se  soient  établis  à 
l'étranger,  et    que  leur   œuvre   n'ait 


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TITLE-PAGE    WRITTEN     IN     CORK.        BY     BLASIUS 
BUSAY   (ARTS  AND   CRAFTS    SCHOOL,   BUDAPEST) 


231 


] 


INITIAL  LETTER 
AGY.  PUBLISHED 
PRINTINQ  OFFICE 


guère  conservé  un  caractère  purement  national.  Un  des  plus  remar- 
quables d'entre  ces  derniers  est  Franz  von  Bayros,  de  famille  hon- 
groise mais  né  en  Croatie  :  son  œuvre  ne  présente  aucune  affinité  avec 
l'esprit  de  sa  nation.  Pleine  de  délicatesse  et  de  raffinement,  et  éminem- 
ment décorative,  elle  a  une  grâce  qui  rappelle  le  charme  poétique 
des  fêtes  galantes  ;  et  cependant,  par  son  habileté  technique  et  sa 
subtile  intelligence  des  exigences  du  noir-et-blanc,  elle  est  d'un  senti- 
ment bien  moderne.  Nous  reproduisons  quelques  charmants  spécimens 
de  l'œuvre  de  cet  artiste.  M  Très  différentes  comme  conception  et 
comme  traitement,  mais  d'un  caractère  plus  national,  sont  les  illustra- 
tions décoratives  dessinées  par  Charles  Kos  (p.  236)  pour  son  poème 
"  La  Mort  d'Attila  ".  Parmi  les  meilleurs  décorateurs  de  livres  se  trou- 
vent encore  Willy  Pogany,  Alexander  Nagy  et  Kriesch  Kôrôsfôi  ;  ces 
deux  derniers  sont  à  la  tête  du  fameux  groupe  artistique  de  Godôllô. 
Nagy  est  un  maître  de  la  ligne,  il  est  doué  d'une  imagination  poétique, 
et  il  réussit  admirablement  en  adoptant  les  formes  si  particulières  à  la 
Hongrie.  Le  bandeau  d'en-tête  reproduit  p.  232  caractérise  son  art. 
Un  frontispice  traité  d'une  façon  curieuse  par  Blasius  Busay  est  égale- 
ment reproduit  ;  le  modèle  original  a  été  exécuté  sur  du  liège  brûlé. 
232 


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TITLE-PAQE   DESIQNED  BY   FRANZ  VON   BAYROS 
PUBLISHED    BY    ARTUR    WOLF.  VIENNA 

233 


DECORATIVE  ILLUSTRATIONS  BY  FRANZ  VON   BAYROS 
PUBLISHED  BY  ARTUR  WOLF,  VIENNA 


234 


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ILLUSTRATION   BY  CHARLES   Ko'S 

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239 


ORNAMENT    BY    FRANZ    VON    BAYR03,    FOR        DIE 
SECHZEHNTE    EHEFREUDE."  PUBLISHED     BY 

ARTUR  WOLF,  VIENNA 


240 


SUÉDE 


L'ART    DU    LIVRE  EN   SUÈDE.     PAR 
AUGUST  BRUNIUS 

EN  SUEDE,  comme  ailleurs,  la  seconde  moitié  du  XIX*  siècle  a 
ramené  une  période  d'éclat  pour  l'art  du  livre,  au  point  de 
vue  de  la  typographie,  du  papier  et  de  la  reliure.  Néanmoins, 
'  la  décadence  avait  été  plutôt  moins  grave  que  dans  les  autres 
parties  de  l'art  appliqué.  Deux  maisons  d'édition,  P.  A.  Norstedt  à 
Stockholm  et  Berling  à  Lund,  ont  maintenu  l'art  du  livre  à  sa  hauteur. 
D'autre  part,  on  avait  adopté  un  style  plus  artistique,  entre  1870  et  1880, 
en  appliquant  les  procédés  traditionnels,  en  imitant  les  manuscrits 
gothiques,  ou  en  s'inspirant,  d'une  façon  sans  doute  un  peu  arbitraire, 
de  l'art  décoratif  de  la  Scandinavie  antique.  La  renaissance  qui  se  mani- 
festa chez  nous  au  commencement  de  ce  siècle  amena  d'abord  une  re- 
crudescence d'intérêt  pour  les  arts  décoratifs,  et  surtout  pour  l'art  des 
tissus  de  l'époque  des  Vikings  et  des  Sagas.  L'esprit  de  la  vieille  Scan- 
dinavie nous  anima  de  nouveau,et  l'apogée  de  ce  mouvement  fut  marqué 
par  un  véritable  événement,  la  fondation  du  Musée  du  Nord  à  Skansen, 
par  Artur  Hazelius.  Précisément  à  ce  moment  l'industrie  du  livre  se 
régénérait  en  Europe.  Les  idées  nouvelles  que  William  Morris  avait 
mises  en  avant  avec  tant  d'énergie  subjuguaient  toute  une  génération. 
M  Pour  créer  un  mouve- 
ment dans  lequel  l'art  et  sa 
pratique  ont  également  leur 
part,  il  faut  un  idéaliste  pas- 
sionné. Cet  idéaliste,  ce  fut 
Waldemar  Zachrisson,  im- 
primeur à  Gôteborg  (né  en 
1861).  Il  travailla  en  Suède 
et  dans  les  meilleures  im- 
primeries de  Hambourg,  de 
Leipzig,  de  Vienne,  de  Ber- 
lin et  de  St.  Pétersbourg,  et 
affina  son  goût  en  étudiant 
sans  cesse  les  chefs-d'œuvre 
du  passé  et  les  belles  im- 
pressions anglaises  et  améri- 
caines de  Morris  et  de  De 
Vinne.  Dès  qu'il  put  s'éta- 
blir, il  s'efforça  de  relever 
le  niveau  de  tout  le  métier. 
Il    fonda    un    groupement 

dl^  f  ■•  mue  rrwm       n  moi' 

hommes   compétents,   la    by  artur  sahlén 


i£Bagîasas!S!ï5 


9(  \S20>ta.Ut,  mèjligtn  k  1523,  atia* 

i<i  i  ©Wttféping,  trolfgcn  af  2(nf6j)ln««- 
blfpfn  ^ant  58ra|ï,  f tt  litft  trrchtl,  font 
till  firtflânHate  |îct  „p«<bntfrn'  £)lo«u« 
Ulcici.'  Stpttmtt  ml)î^u6<  fmtlfrt- 
_  ti6  ©Bftaf  ^afa,  f)Btlt«n  it  1526  |litt- 
■"*  ligen  aaf  ixfaUnin^  om  brt  nrtfàaganïf. 
Otfatta  t)Atm  (ïall  f)o  tarit  ni^ra  anfl6tl(aa  ffrtftfr 
riftatt  mot  £ut^et  o<^  rtfotmattcnen,  fom  bifftp  SBtaff 
littt  trpda  ot§  utfjrtlDa  1  lanKt.  £tt  pupptnJbtuf, 
uppràttaSt  fit  m)<imttt  tifning  dt  1523,  bief  pâfomma 
«ina  itfMagDt.  95oftrç(fcrttt  fJtflçttoJt*  ftbnmna  ttU 
@Hn». 

CS3t6  ndmntK»  ttçrffti  fcaix  tmtUtxtii  en  mingt 
ffrifttr  bltfeit  Btglfna,  titt  f)BiIta«  ntflprfd  hâfnttt 
an»ànbt<.  (Sâlnnta  ear  »Hi?toria  s.  Xicoiai».  ntalf- 
»en  tilt  misne  af  blffop  TOcc(au<  (^«Ige  'JUii  tal- 
la»),  fitfebb  meb  rtt  tUelblab  t  tràfnia  fJteflâllaab» 
<n  6t(ï«p  tncï  Uitfa.  SXtta-  fnitt  r>at  tnMt  c0 
partert  (>ur<t.  €tt  pat  antta  trifnitt,  fom  anoinbt* 
ttB  betta  trçdcrf,  toro  aungftu  «Katia  mrt  Stfu*- 
bornet  famt  «t  mintre  ©ku  »aptn. 
CSXt  &v  fannclift,  att  Ulrici  fiilf  fnfilat  mt»  ttifnttt*- 
fcnftcn  0*  utfirt  trifnitten  vil  Ktta  txxxtni.  €f1»t 
de  1527  âtcrtinna  »i  fjcnoin  fom  bottrçtfate  i  «Ra(m». 
C©ufiaf  Wafa,  fora  »ar  mwttt  Intrefferab  af  M- 
ttnrtetttenften,  uppràttabt  flàlf  âr  1625  „nnb«t  (Mr 
betoftJiflO"  ftt  trî>ctfrt  (  @tott()e(m,  ï«  febtnnera  f.  f. 


PAGE  FROM 


A  HISTORY  OF  8WE0ISH  WOODCUTS."    ORNAMENTS 
PRINTED     BY      NORSTEDT    UNO     SÔNER 


243 


Société  des  Imprimeurs  suédois,  qui  travailla  à  l'établissement  du 
Musée  d'art  industriel  de  Stockholm  et  de  l'Ecole  technique  d'art 
industriel  à  Gôteborg.  Il  s'efforça  de  toutes  sortes  de  manières,  par 
des  affiches  artistiques,  par  des  articles  dans  les  journaux  profession- 
nels, de  préparer  les  éléments  nécessaires  au  relèvement  du  métier  ; 
et  le  caractère  éminemment  pratique  de  ses  idées  assura  le  succès  de 
ses  efforts.  M  En  ces  derniers  temps,  le  trait  dominant,  dans  le  dé- 
veloppement de  l'art  du  livre,  a  été  une  tendance  accentuée  à  donner  un 
caractère  national.  Les  difficultés,  à  cet  égard,  étaient  considérables. 
Jusqu'à  présent,  nous  n'avons  pas  encore  de  caractères  dessinés  par  un 
artiste  suédois,  mais  ceux  que  nous  avons  sont  basés  sur  une  prédilection, 
qui  remonte  à  loin,  pour  le  "  romain  ".  Dès  1 5  50  le  romain  avait  été  in- 
troduit en  Suède.  Au  cours  des  XVIP  et  XVIIP  siècles  le  goût  de  nos 
ancêtres  se  porta  surtout  sur  les  modèles  hollandais  et  français.  Le  ro- 
main que  l'on  emploie  maintenant  en  Suède,  et  qui  est  fabriqué  à  Ham- 
bourg, rappelle  la  fonte  de  Caslon,  mais  avec  un  style  un  peu  plus 
moderne.  On  l'appelle  "romain-moyen-âge"  ;  il  a  beaucoup  d'avan- 
tages, il  est  facile  à  lire,  et  il  a  une  simplicité  sans  prétention.  Sa  légèreté 
donne  peut-être  parfois  aux  pages  un  aspect  gris  et  monotone.  Il  pré- 
sente une  ressemblance  certaine,  mais  aussi  des  différences,  avec  les 
fontes  anglaises.  M  Une  des  caractéristiques  de  la  typographie  suédoise, 
c'est  qu'elle  produit  son  meilleur  effet  et  paraît  le  plus  originale  dans  les 
publications  d'un  caractère  spécial  et  destinées  à  un  public  restreint.  Le 
reste  de  nos  productions  est  d'une  qualité  sensiblement  inférieure.  Pour 
des  lecteurs  anglais  ou  français,  nos  textes  présentent  un  singulier  défaut 
d'unité,  au  point  de  vue  typographique.  Le  format  et  la  disposition 
sont  très  variés,  de  même  que  les  papiers  de  couleur  pour  couvertures, 
qui  sont  tantôt  bons  et  tantôt  mauvais.  Cependant,  depuis  quelques 
années  un  progrès  se  manifeste,  un  meilleur  goût  apparaît.  Un  fait 
heureux,  à  cet  égard,  c'est  la  publication  des  classiques  suédois  édités  par 
la  Société  littéraire  de  Suède,  et  imprimés  chez  Albert  Bonnier.  Un 
style  pur  et  sévère  s'y  combine  au  choix  excellent  des  matériaux  ;  et  la 
typographie  y  est  l'objet  du  plus  grand  soin.  Une  semblable  entreprise 
fait  honneur  à  un  pays.  Les  mêmes  qualités  de  style  caractérisent  l'édi- 
tion suédoise  de  1'"  Histoire  des  Peuples  du  Nord  "  par  Olaus  Magnus, 
que  publie  une  autre  société, la  "Corporation  Michel".  Cette  œuvre 
fut  écrite  en  1550  par  le  dernier  archevêque  catholique  de  Suède,  qui 
fut  un  des  plus  grands  voyageurs  et  un  des  plus  intéressants  écrivains  de 
la  Renaissance.  Le  texte  de  la  présente  édition  est  illustré  de  vieilles 
gravures  sur  bois,  exécutées  d'après  les  dessins  de  l'auteur  même.  Deux 
volumes  de  ce  magnifique  ouvrage  ont  été  imprimés  par  Almqvist  et 
Wiksell  à  Uppsala.  Jtf  De  même,  à  la  grande  Exposition  des  métiers, 
tenue  à  Stockholm  en  1 909,  on  a  pu  voir  quatre  éditions  de  classiques  ; 
244 


les  exemplaires  ont  été  donnés  pour  une  loterie.    Ces  quatre  volumes 
avaient  été  établis  et  imprimés  par  quatre  maisons  différentes  :  résultat 
qu'on  n'aurait  pu  obtenir  dix  ans  plus  tôt.  Jff  Cet  aperçu  de  l'art  du  livre 
à  notre  époque  serait  incomplet  si  nous  n'y  mentionnons  une  imprimerie 
qui  s'est  placée  au  premier  rang.  Les  frères  Hugo  et  Cari  Lagerstrôm 
se  sont  sérieusement  occupés  de  relever  le  niveau  de  l'imprimerie.   Ils 
ont  fait  leur  apprentissage  en  Allemagne,  en  Angleterre  et  en  France, 
et  ont  travaillé  quelques  années,  l'un  à  Stockholm,  l'autre  à  Copenhague, 
avant  de  fonder  leur  maison,  en  1903.   Ils  ont  également  joué  un  rôle 
important  dans  l'évolution  générale  des  arts  et  métiers.  Ils  ont  créé  une 
revue,  r Art  de  P imprimerie  dans  les  pays  du  Nord,  et  ont  fondé  deux 
sociétés,  dont  l'une  est  la  Corporation  Michel,  que  nous  avons  déjà  citée. 
Le  docteur  Isak  Collijn,  bibliothécaire  érudit,  en  a  été  le  troisième  fon- 
dateur. JS  La  première  publication  imprimée  par  les  frères  Lagerstrôm 
était  une  sorte  de  prospectus  typographique.   Parmi  les  huit  volumes 
d'Auguste  Strindberg,  il  y  a  un  ouvrage  de  chimie  intitulé  "Antibar- 
barus  ".    La  décoration  a  été   exécutée  par  un  jeune    artiste,  Artur 
Sjôgren,  qui  a  une  sérieuse  connaissance  de  la  typographie  suédoise 
ancienne.  Le  livre  a  été  tiré  avec  soin,  et  à  petit  nombre  d'exemplaires, 
sur  papier  àla  main  ;  nous  donnons  un  fac-similé  de  quatre  de  ses  pages. 
Depuis,   les  frères    Lager- 
strôm ont  publié  nombre  de 
livres,  grands  et  petits,  tou- 
jours à  tirage  limité,  mais  à 
un  prix  peu  supérieur  à  celui 
des  livres  ordinaires.   Leurs 
publications   ont    bien   cet 
esprit   de  conciliation  que 
l'on  observe  dans  celles  de  la 
Société  Médicis,  en  Angle- 
terre. JS  Le   public   biblio- 
phile, en  Suède,  a  une  pré- 
dilection   pour    les    vieux 
livres,  et  n'est  guère  enclin 
à  servir  de  clientèle  à  une 
maison    d'éditions  de  luxe 
modernes.    Cependant    les 
frères  Lagerstrôm  ont  im- 
primé quelques-uns  des  plus 
beaux  livres  qu'il  y  ait  chez 
nous,  avec  ou  sans  décora- 
tions :    deux    ouvrages    de 
mémoires    historiques    du 


FÔRTAALET  ELLER  INGÂNG: 

EEN  ALLMENNELIGH  PRACTICA  ELLER  VÀDER- 

BOOK/  EFFTER  THE  GAMBLE  OCH  VIJSE 

ALBERTI.  ALKINDl,  KALI,  OCH  PTOLOMEI  LÂR- 

DOM,  STÀDZE  VARANDES  AHR  IFrA  AhR 

ET  ÂR  ITT  VIST  OCH  SANTORDSPRÀK 
som  allmcent  slycs:  Dhet  »r  een  godh 
Vân  som  varaar  ecn  arnian  fôr  Olyckan 
och  Skadan  fflr  An  dcn  kommer.  Ther- 
fôrc  ar  cen  gladh  och  godh  tlende  v»l 
vSrd  at  man  henné  fôrkunnar.  EfRer  thet 
alla  Practikor  och*Prophetier/  icke  alle- 
nast  «re  Bkriffnc  aff  then  Helgc  Andes  uppenbarelse/  uthan 
och  andre/  hvilket  een  part  eendels  afriing  Himmelens  Lopp/ 
aff  Planeternes  och  andra  Siiemors  beskidelse'  och  een  part 
eendels  aff  14ng  FOrfahrenheet;  aff  Himmelens  T«ckn  och 
mânga  Omstândigheeter  «re  uthdragne  och  begrundade/ »re 
ther  Mrordnat  och  i  vïrcket  stJUte/  at  vij  dher  aff  om  Lycko 
och  olycko  om/  Vider  och  Ovâder  tilfSrenne  eller  framfOre 
4th  medh  goda  tiender  och  aann  Budhskap  undervijste/  skulle 
yàmade  varda;  och  s»  stâdze  och  altijdh  om  Lycko  och  Olycko 
fOrorsakas  at  fruchta  och  troo  des  alzmtchtige  gode  Oudh. 
iS4  »r  thet  ritt  och  tllbOrligit,'  ja  Christeligh  Kârleek  och 
PUcht  fordrar  thet  ock  s4  medh  sigh/  at  man  gladeligh  och 
medh  Tacksayelse  anammar  alla  Praktiker  eller  Prophetier/ 
som  are  genom  then  H  And»  Ullkenna  giffnc'  jemvfti  aff  an- 
drom/  bide  konstrijke   naturlige  Stiemoklkare/  och  andre 


PAGE     FROM     "BONDE-PRACTICA."       INITIAL    LETTER    BY    LEON 
WELAMSON.        PRINTED    BY    BRODERNA  LAGERSTRÔM 


245 


temps  de  Charles  XII  ;  une  série  de  petits  ouvrages  dont  le  texte  appar- 
tient à  la  littérature  suédoise  ;  et  enfin  une  réimpression  d'un  ouvrage 
qui,  bien  que  n'ayant  pas  d'équivalent  dans  les  autres  littératures,  pré- 
sente un  certain  intérêt  pour  le  public  étranger.  C'est  une  sorte  de 
manuel  d'histoire  naturelle  et  d'hygiène  à  l'usage  des  paysans,  et  dont 
certaines  parties  sont  en  vers.  Il  contient  un  grand  nombre  d'observa- 
tions basées  sur  l'astrologie,  et  le  ton  en  est  assez  enjoué.  Ce  livre,  qui 
fut  publié  pour  la  première  fois  en  1662,  nous  montre  les  idées 
qu'avaient  jadis  les  Suédois  sur  la  vie  et  sur  l'éducation.  Un  jeune 
artiste,  Léon  Welamson,  a  dessiné  pour  la  nouvelle  édition  de  ce 
curieux  ouvrage  des  illustrations  pleines  de  simplicité  et  de  vigueur, 
et  qui,  sans  être  des  imitations,  sont  exécutées  dans  le  style  d'autrefois. 
C'est  un  chef-d'œuvre  de  la  typographie  suédoise.  JC  Les  illustrations 
et  les  vignettes  jouent  un  grand  rôle  dans  l'art  du  livre  moderne.  Les 
livres  illustrés  ont  toujours  été  en  faveur,  et  beaucoup  de  nos  meilleurs 
artistesont  débuté  comme  illustrateurs.  L'éminent  peintre  Cari  Larsson 
est  un  illustrateur  bien  suédois.  Il  orne  ses  propres  textes  de  com- 
positions en  blanc  et  noir  ;  mais  il  reste  attaché  aux  principes  d'autre- 
fois, en  ce  sens  qu'il  ne  se  préoccupe  pas  beaucoup  de  la  décoration. 
OUe  Hjortzberg  est  presque  un  jeune.  Il  a  subi  en  partie  l'influence 
des  décorateurs  de  livres  anglais  modernes,  et  ses  ouvrages  peuvent  satis- 
faire les  critiques  les  plus  exigeants.  Il  a  acquis  une  singulière  érudition 
dans  le  langage  des  anciens  symboles  chrétiens,  et  il  en  a  tiré  parti,  pour 
ses  ornementations  de  livres,  avec  le  plus  grand  succès.  Actuellement  il 

est  occupé  à  décorer  richement  une 
"Bible  de  l'Etat",  la  "Bible  de 
Gustave  V",  gigantesque  entre- 
prise, où  l'artiste  et  l'imprimeur  se 
surpasseront.  M  Si  Olle  Hjortz- 
berg et  Artur  Sjôgren  observent 
scrupuleusement  la  technique  du 
livre,  Einar  Nerman,  un  de  nos 
plus  jeunes  artistes,  a  plus  d'indé- 
pendance. Il  a  illustré  plusieurs 
livres  d'enfants,  et  publié  égale- 
ment quelques  caricatures.  Ses 
dessins  ont  un  peu  du  style  rococo, 
ils  unissent  aussi  l'élégance  à  une 
spirituelle  hardiesse,  ce  qui  dénote 
l'influence  de  la  France.  Ses  lignes 
courbes  ont  un  caractère  d'espiè- 
glerie sans  précédent  dans  l'art 
suédois  ;  et  ses  ouvrages  soutien- 


SVERIGE5  KVRKOR 

K0N5THI5T0RISKT  INVEKlARIUrt 

MED  5TOD  AV  K.VnT  MUT-  O  ANT;  AKAÛ 
UTOIVET  AV^IQUHD  CURMAN 
.^      OCn  JOMNNYROOSVAL 


VÂSTERGOTLAND 

,CkANDI.  I-AFTI.        «^ 

KÂLLANDS  ttARAD 

NOQaA  DELEN 

bcarbeh:  AV 

£.FlSCHEft 


FAPER   COVER    PRINTED    BY    N0R8TEDT    UND    8ÔNER 
246 


nent  la  comparaison  avec  les  meilleures  productions  de  l'étranger.  Ses 
illustrations  du  conte  bien  connu  d'Andersen,  "  Pierre  le  gardeur  de 
porcs"  (p.  256),  sont  d'une  pure  originalité.  M  Enfin,  quelques  mots 
sur  la  reliure  suédoise  moderne.  Depuis  le  XVP  siècle  jusqu'à  présent, 
nos  productions  en  ce  genre  ont  été  inspirées  de  modèles,  tantôt  alle- 
mands et  tantôt  français  ;  mais  à  certaines  époques,  nos  spécialistes  ont 
donné  des  créations  assez  remarquables  et  assez  originales  pour  qu'on 
puisse  les  considérer  comme  vraiment  suédoises.  Le  milieu  du  XVIIP 
siècle,  en  particulier,  a  été  une  véritable  époque  de  floraison  pour  notre 
reliure.  Cent  ans  plus  tard,  cet  art  commença  à  tomber  en  décadence  ; 
mais  après  quelques  dizaines  d'années  seulement,  les  premiers  signes 
d'une  renaissance  se  manifestèrent.  Ce  fut  lorsque  Gustaf  Hedberg 
revint, en  1 886,  de  Paris  et  de  Londres,  où  il  avait  longtemps  étudié.  Il  a 
particulièrement  réussi  à  obtenir  de  riches  effets  avec  des  moyens  simples. 
Son  ingéniosité  et  son  talent  pour  donner  de  l'originalité  même  à  une 
reliure  simple  sont  des  qualités  qu'il  a  en  commun  avec  les  grands  artistes 
de  tous  les  temps.  M  Bien  que  la  bonne  clientèle  soit  peu  nombreuse,  il 
y  a  deux  artistes  suédois  qui  consacrent  tous  leurs  efforts  à  cet  art.  Mme 
Eva  Sparre  est  à  présent  notre  plus  grande  artiste  en  reliure,  car  ses 
ouvrages  sont  tout  à  fait  personnels,  ils  ne  se  rattachent  à  aucune  tradi- 
tion, et  tout  y  est  original  :  la  composition,  l'exécution  et  surtout  les 
effets  de  couleur.  Elle  n*a  pas  produit  beaucoup,  mais  tous  ses  ouvrages 
se  distinguent  par  leur  caractère  personnel,  par  la  sobriété  de  leur  déco- 
ration et  le  goût  exquis  avec  lequel  les  matériaux  sont  employés.  Mlle 
Greta  Morssing  est  aussi  une  remarquable  artiste  dans  cette  spécialité. 


INITIAL  LETTERS  DESIGNED   BY  ARTUR  SJÔGREN 


HALFTITLE  PAGE   TROM   GUSTAV  VS   BIBLE.     DESIGNED   BY 
OLLE    HJORTZBERG.  PRINTED  BY  BRÔDERNA   LAGERSTRÔM 

248 


^MSVAFLETSNATUR 

SÂSOM  FOSSILT  HARZ 
>UTTRYCKT  I  FORMELN 

CH^o=cH^HO=CH^H'o 

TILL  SVAFLETS  ONTOGENI 
ellerHÂRLEDNINGSHISTORIA 

AN  VID^ 

hâller  att 

Svaflet  âr 

ettdanent 

ochdâjag 

frâgarhvad 

manmenar 

medettele« 

ment,  sva« 

ras:  —  en 

kropp  som 

annu  icke 

'âr  sonderdelad.  Man  definierar  sâiunda 

med  en  négation  och  definitionen  âr  sâliin* 

da  vârdelôs  likasom  begreppet  élément. 

CJag  pâstod  dàremot  med  en  viss  het 

stâmdhet  att  Svaflet  varett  sammansatt 


âmne  af  analpg  konstitution  med  ett  fos* 
sUt  Har2,ettMineralharz,ett  Brandharz, 
med  ett  ord:  att  Harz  sâiunda  innehblle 
KoI,  Vâte,  Syre  eller  var  ett  CHO  utan 
att  jag  ville  âtaga  mig  bestamma  for* 
eningens  proportioner.  Och  dâ  man  ut# 
fordrade  mig  att  framlâgga  Kolet,  Vatet 
och  Syret  svarade  jag:  vi  tro  ej  pâ  den 
absoluta  idendteten  utan  nôja  oss  med 
analogier  ledande  till  hôg  grad  af  sanno* 
likhet.  I  min,egenskap  afÀistoteles  ISurt 
junge  tror jag  icke  sa  mycket  pâ  kroppar* 
nas  konstitudva  olikheter  utan  mera  pâ 
egenskapemas  differenser  under  vissa 
gifna  fôrutsattningar.  I  min  egenskap  af 
monist  har  jag  tUls  vidare  bundit  mig 
vid  antagandet  att  alla  âmnen  och  alla 
krafter  âro  fôrvandta  och  om  de  àro  har^ 
ledda  urett^de  uppstâttgenom  fôrtatning 
och  fôrtunning,  genom  kopulation  och 
korsning,  genom  arf  och  omvandling, 
genom  urval  och  kamp,  addition  och  sub« 
sdtudon  och  hvad  mera  man  vill  fôreslâ, 
men  att  jag  dârvid  ej  sa  strangt  antagit 
den  lagbundna  ordningen,  ândamâlsen* 
ligheten  och  dylika  svâfvande  begrepp, 
hvilka  jag  dock  fortfarande  skulle  vilja 


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RATIONS   BY  ARTUR  SJOQREN.     PRINTED  BY   BRODERNA   LAQERSTROM 


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RATIONS   BY    ARTUR    8J0QREN.    PR.NTED   BY  BR^DERNA    LAGERSTR^M 


ÔM  SVAFLETS  NATUR 


hâlla  svâfvande  tills  begreppen  bliuit 
fullt  utredda,  eller  hvad  battre  âr,  af# 
lâgsnade  ur  terminologien. 

AG  ATERVÀNDER 
1  nu  till  Svafletoch  staller 
upp  min  posid  va  analogi 
med  ett  harz  emot  den 
Lpoedska  eller  metafy^ 
siska  liknelsen  med  in* 
terwisbegreppet  élément,  intérims  eme* 
dan  man  tillâgger  de  vikdga  orden  >  'ânnu 
icke>  dll  ordet  sônderdeladt. 
CXikasom  ett  Harz,  CHO,  âr  Svaflet 
vid  vanlig  temperatur: 
Kristallinskt  eller  amorft; 
Smâltbart; 
Olôsligt  i  vatten; 

Loslig^  i  Kolsvaila,Terpentin,  kolvâten 
,.  etc.; 
Brannbart; 

Icke  ledare  af  elektricitet; 
Negadvt  elektriskt  genom  gnidning; 
Smak-  och  lukdôst; 
Sprôdt; 
Gifver  syror  ÇBemstenssyra,  Sylvîus? 

syra); 
Gifver  med  alkalier  Harsâpor  (=Svafvel? 

lefrar); 
Gifver  som  syror  salter  med  metaîloxi* 

der,dârVâtet  substitueras  af  metallen. 
dNu  mâste  dessa  likheter  tagas  med  ett 
visst  ôfverseende,  ty  detfinnes  lukteuide 
harzer  och  icke  luktande,  kristalliniska 
och  amorfa,  och  Svaflet  sjalft  âr  en  sâdan 
kameleont  att  det  endast  kan  i  ett  visst 
gifvet  moment  gripas  och  stallas  înfcr 
jâmfbrelseprismat. 
CMen  jag  gâr  vidare:  vi  veta  att  bar?' 


zema  dllhora  en  naturlig  familj  som  bôrs 
jar  med  de  âtheriska  oljoma,  stracker 
sig  ofver  terpendneroch  camphrar  samt 
stôrtar  â  andra  sidan  ner  dll  Kautschuck 
och  Guttapercha.  De  âtheriska  oljoma 
àro  ju  kolvâten,  hvilka  uppgifvas  lukta 
genom  sin  stôrre  vâtehalt,  dâ  syrerika 
anses  lukta  mindre.  Och  de  hafva  alla,  lik> 
som  Terpendnoljan  och  Lînoljan  egens 
skapen  att  fôrharzas  genom  uptagande 
af  Syre. 

ICJag  sàtter  digeln  ttfjrer  eld«i  och  lâter 
S\^et  smalta.  Detfîyter  bemstens-gult 
w'd  II f  och  nu  forst  luktar  det,  men  ej  af 
S vafvel  utan  af  Terpendn  eller  Harz  nâr* 
mast  dockBonvax  (=Vax  ochTerpeSntin). 
Temperaturen  sdger,  fargen  gâr  utât 
spektrums  roda  ânda,  och  blir  orange, 
passerar  hasdgt  det  rôda,  sa  hasdgt  att 
orange  l%ger  ag  pâ  det  rôda  och  ger 
blandfargen  rôdbnint  vid  I6o^  En  €6r* 
fatnining,  om  kemîsk  eller  fysisk,  dler 
bâda,  har  âgt  mm  och  nu  framtrader.  en 
campherlukt.  Nâr  jag  forsîagângenob» 
serverade  detta,  trodde  jag  ej  mitt  kanskè 
âldsta  och  kanske  darfor  fmast  utveck^ 
lade  sinne,  utan  dllkallade  min  làbora» 
torieiarare,  hvilken,  jag  sager  det  till 
hans  heder,  konstaterade  ^tum,  och 
det  utan  att  han  ville  fôrringa  vârdet  af 
min  iakttagelse  genom  att  tala  om  Ibr* 
orening^.  Och  jag  har  sedan  flerfaldiga, 
gânger  upprepat  forsôket  i  narvaro  af 
trovârdiga  vittnen. 

ICHvad  har  nu  skett  med  Svafieti  digeln? 
Eîi  lâng  historia  som  har  î  forkortning  kan 
uttryckas  sa,  dock  med  starka  réserva* 
tioner.  Af  vârmen  dissorierades  Svaflet 
och  bief  ett  ânnu  tamligen  syrerikt  Harz, 


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UETTER  BY  ARTUR  SJOGREN.     PRINTED  BY  BRODERNA  LAQERSTROM 


het  ledes  ôfver  gibdande  kol,  man  fàr 

KoIsyra;men  ommanledersvafvelângor 

ôfver  glëdande  kol,  fâr  man  Kolsvafla. 

Ôfver  Kolsvaflans  natur  kâmpades  blo* 

digt  fôre  midten  af  detta  ârhundrade,  och 

redan  lângt  fore  trodde  Lampadius  att 

Kolsvaflan  bestod  af  Svafvel  och  Vâte. 

Om  han  sagî  Kol  och  Vâte  hade  jaghaft 

stôd  fôr  min  mening  att 

Kolsvaflan  âr  ett  kolvâte 

analogt  med  Benzoll^» 

C  HvarfbrjagtrorattKols 

svaflan  âr  en  benzol  ?  Dâr? 

for  att  jag  tror  Svaflet  be* 

stâ  af  Kol,  Vâte  och  Syre, 

finner  jag  det  ytterst  lo* 

giskt  att  nâr  svafvelângor 

(icke  Svafvelsyrlighet!) 

ledas  ôfver  glôdande  kol, 

dessa  ângor  mâste  berôf? 

vas  sitt  Syre  och  bli  frân 

CHOettCH  (harzemas 

sônderdelningsprodukter 

tillhôra  ju  mest  benzolse? 

rien!).  Och  nâr  Kolsvaflan 

besitter  nâstan  alla  en  ben$ 

zols  egenskaper,  finner  jag  mig  berâtti^ 

gad  godkanna  antagandet.  Absolut  ren 

Kolsvafla  âr  svafvelfri,  luktar  âtheriskt, 

behagligt  (mark  viâl)  som  Benzol  ;  har  en 

mycket  lâg  kokpunkt,  âr  ytterst  lâtt  am 

ândlig,  âr  olôslig  i  vatten,  âr  starkt  Ijus» 

brytande,  Ibser  harzer,  fetter,  olja,  Kaut^ 

schuk,  Svafvrel  etc.  alldeles  som  Benzol. 

Ja  dess  fysiologiska  verkningar  âro  âfven 

desamma,dâdess  ângor  gersvindel,kon» 

gestioner,  krâkningar  etc.  (se  Eulenberg: 

Gewerbehygiene)  alldeles  som  Benzol. 

ce  Ur  oren  Kolsvafla  fâlles  Svafvel  i  sol^ 


KS^  Mark  hârtill  att  Benzolens, 
C«  Ha,  atomsumma  âr  77,83 
under  det  Kolsvaflans  âr 
75,93.  Hur  skall  jag  krângla 
mig  ur  detta,  utan  att  vâld; 
fora  sifTror?  Jo,  Benzolen  har 
en  kârna,  som  upptrâder  vid 
olika  subsdtutionstillfallen, 
och  denna  heter  Ce  H4  samt 
har  Kolsvaflans  atomsumma 
(molekiilarvikt)  75,8a.  Och 
nâr  den  upptrâder  i  harzer^ 
nas  sonderdelningsproduk:^ 
terResorcin.Phtalsyra  etc., 
sa  synes  Kolsvaflan  sâsom 
en  Svaflets  sonderdelnings^ 
produkt  hjâlpa  mig  betyd^ 
ligt  vid  bevisandet  af  Sva£; 
lets  analogi  med  ett  harzl 


Ijuset,  det  vet  jag,  men  skulle  âfven  Svaf» 
vel  fâllas  ur  ren  Kolsvafla,  dâ  âr  jag  nôd^ 
sakad  tillgripà  sâsom  nôdfallsforklaring 
min  fbrsôksteori  om  ancestrala  énerver, 
hvilken  jag  velat  spara  till  ett  senare 
bref,  men  nu  finner  râdligast  présentera 
och  sa  formulera:  Kropparsom  en  gang 
utgjort  komposanter  i  en  fôrening  bi* 
behâlla  fbreningsenergien 
âfven  sâsom  skilda. 
lE  Exempel:  —  Antag  att 
Svafvel  âr  Kol,  Vâte,  Syre 
i  vissa  fbrhâllanden.  Lât 
det  glôdande  kolet  disso^ 
ciera  dessa  och  borttaga 
Syret,  sa  bibehâUa  i  det  nu 
supponerade  âterstâende 
kolvâtet  Kolet  och  Vâtet 
sin  ârfda  benâgenhet  att 
medettnyttSyre,urluften 
hamtadt  till  exempel,  âter 
bilda  Svafvel  och  ej  nâgot 
annat  C  O  H,  sâsom  Cel* 
lulosa,  Socker,  Starkelse, 
Linolja,  Alkohol  eller  dyl. 
IC  CoroUarium:  Dârfor  âr 
Svaflets  ifriga  upptrâdande  i  djur  och 
vâxtkroppar  beroende  af  en  Svaflets  bild? 
ning  af  Kol,  Vâte  och  Syre,  antingen 
dessa  forr  gjort  sin  metempsykos  i  svaf* 
velsyrade  salter,  vâtesvafla  eller  svafvel* 
alkalier  etcetera. 

ce  Jag  har  nu  kommit  sa  lângt  att  jag  i 
fjârran  ser  Kolsvaflan  som  ett  kol\^te, 
men  mâste  bekânna  att  jag  haft  ôgon* 
blick,  dâ  jag  trott  den  vara  en  alkohol, 
icke  dârfor  att  den  i  farmakopéema  lange 
kallades  Svafvelalkohol,  utan  af  andra 
grunder.  Hvad  som  passerar  i  det  glô$ 


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BARU8."    PRINTED    BY    8r6deRNA     LAQERSTr6m 


BOOKBINDING   IN    NIGER    MOROCCO.WITH    INLAY 
AND  GOLD  TOOLING.     BY  SRETA   MORSSINQ 


BOOKBINDING  IN     NIGER   MOROCCO,  WITH   INLAY 
AND  GOLD  TOOLING.     BY  GRETA   MORSSING 


BOOKBINDING   IN    RED   MOROCCO,   WITH    INLAY 
AND  GOLD  TOOLING.      BY  GRETA   MORSSINQ 


BOOKBINDING   IN  TOOLED   LEATHER 
BY  COUNTESS   EVA  SPARRE 


253 


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255 


HEADPIECES  BY  EINAR  NERMAN  FOR  HANS 
ANDERSEN'S  "  PER  SVINAHERDE."  PUBLISHED 
BY  P.  A.  NORSTEDT  UND  SÔNER 


256 


AMÉRIQUE 


L'ART  DU  LIVRE  EN  AMERIQUE.  PAR 
WILLIAM  DANA  ORCUTT 

LART  du  livre  en  Amérique  a  reçu  une  impulsion  considérable 
à  la  suite  du  mouvement  produit  en  Angleterre  par  l'œuvre 
de  William  Morris.  Auparavant,  la  typographie  américaine 
■^  ne  présentait  aucune  originalité  ;  les  plus  beaux  ouvrages 
étaient  tout  à  fait  inspirés  des  meilleures  productions  anglaises  de 
l'époque.  L'apogée  fut  atteint  entre  1860  et  1870  ;  et  l'on  ne  saurait 
citer  de  meilleurs  exemples  de  ce  genre  orthodoxe  que  la  "  Vie  de 
Prescott  ",  tiré  par  l'Imprimerie  de  l'Université  en  1 864.  Après  1 870, 
et  jusqu'à  la  renaissance  amenée  par  Morris,  de  bons  volumes  sor- 
tirent des  imprimeries  de  l'Université,  Riverside  et  De  Vinne,  mais 
la  qualité  générale  baissa.  La  transformation  de  l'industrie  du  livre 
en  art  du  livre  date  de  l'apparition  des  volumes  Kelmscott.  M  Chose 
assez  naturelle,  l'enthousiasme  que  provoqua  l'œuvre  de  Morris  eut 
d'abord  pour  effet  la  création  d'une  série  de  monstruosités  ;  mais  les 
erreurs  même  que  commirent  ses  zélés  disciples  furent  un  enseignement, 
et  amenèrent  un  état  de  choses  qui  finit  par  avoir  d'excellents  résultats. 
Ceux  qui  copiaient  Morris  échouèrent  ;  ceux  que  son  aversion  pour  les 
chemins  rebattus  encourageaient  aux  idées  personnelles  surent,  tout  en 
maintenant  les  principes  essentiels  qui  ont  toujours  été  la  solide  base  des 
œuvres  des  maîtres-imprimeurs,  les  adapter  aux  conditions  d'aujour- 
d'hui, et  tirer  de  leurs  expériences  personnelles  l'originalité.  L'œuvre  de 
Morris  apprit  aux  hommes  à  penser,  à  abandonner  la  recherche  du  pim- 
pant et  permit  à  l'imprimerie  de  devenir  un  art.  M  L'œuvre  de  Cobden- 
Sanderson  contribua  beaucoup  à  ramener  la  typographie  américaine 
à  un  état  plus  calme,  après  l'enthousiasme  fébrile  qu'avait  amené 
l'époque  de  Morris.  Ceux  qui  étudiaient  la  typographie  comprirent 
enfin  que  William  Morris  était  un  grand  décorateur  plutôt  qu'un 
maître-imprimeur  ;  que  c'étaient  ses  magnifiques  tirages,  et  l'har- 
monie générale  de  tous  les  éléments  constitutifs  des  volumes,  plutôt 
que  ses  caractères  trop  ornementés,  qui  représentaient  son  apport  à 
l'œuvre  d'embellissement  du  livre.  Lorsque  la  Doves  Press,  continuant 
l'œuvre  de  Morris,  adopta  un  caractère  plus  classique,  inspiré  d'un 
modèle  italien  du  X V^  siècle,  l'Amérique  s'empressa  de  suivre  ce  mouve- 
ment en  abandonnant  sa  tendance  au  gothique  qui  avait  eu  son  point  de 
départ  dans  les  fontes  de  la  Kelmscott  Press.  Pendant  les  dix  années  qui 
suivirent,  on  fondit  des  caractères  plus  originaux  et  meilleurs,  et  l'on 
publia  des  volumes  où  l'art  de  la  typographie  était  porté  à  un  point 
qu'elle  n'avait  jamais  encore  atteint.  Jff  Parmi  les  caractères  correspon- 
dant à  l'époque  dite  de  l'influence  gothique,  les  "Renner",  employés  à 
l'imprimerie  De  Vinne,  sont  des  meilleurs.  Théodore  L.  De  Vinne,décédé 

259 


récemment,  était  le  doyen  des  maîtres-imprimeurs  d'Amérique  ;  c'est  à 
lui  que  sa  "  Press  "  doit  la  réputation  dont  elle  jouit  à  juste  titre.  D'une 
compétence  et  d'une  habileté  consommées,  il  s'est  exprimé  tout  entier 
dans  ses  livres.  On  aura  une  idée  de  sa  sérieuse  formation  professionnelle 
si  l'on  examine  la  façon  dont  il  a  transformé  le  modèle  de  Renner  en  lui 
donnant  une  rigidité  des  caractères  modernes.  La  page  qui  est  repro- 
duite ici  (p.  264),  tirée  d'une  des  nombreuses  et  magnifiques  publica- 
tions du  Club  Grolier  imprimées  par  la  De  Vinne  Press,  montre  à  la 
foisle  type  Renner  et  l'adaptation  moderne  qu'en  a  donnée  M.  De  Vinne. 
Le  trait  oblique  de  Ve,  la  courbe  fantaisiste  de  V/i  et  la  boucle  inutile  au 
sommet  du^,  tous  ces  éléments  sont  étrangers  au  modèle,  et  donnent  au 
caractère  moderne  un  aspect  recherché  qui  nuit  à  l'aspect,  par  ailleurs 
plein  de  dignité.  M  La  Gilliss  Press,  qui  actuellement  ne  fonctionne  pas, 
a  contribué  pour  sa  part  à  la  renaissance  de  l'imprimerie  en  Amérique. 
Ses  tirages  limités  des  livres  de  William  Loring  Andrews,  et  ses  autres 
éditions  non  mises  dans  le  commerce,  dénotent  la  perfection  du  travail  et 
l'harmonie  de  la  conception  plutôt  que  l'originalité  du  traitement.  Au 
lieu  d'être  imprimés  avec  des  caractères  composés  spécialement,  ces 
volumes  doivent  leur  richesse  à  la  décoration,  dont  la  qualité  artistique 
est  tout  à  fait  supérieure.  J^  A  la  Merrymount  Press,  D.  Berkeley  Up- 
dike  a  imprimé  un  certain  nombre  de  volumes  qui  ont  fait  sensation 
dans  la  typographie  américaine,  grâce  à  la  sincérité  avec  laquelle  ce 
maître  a,  ainsi  qu'il  l'avait  annoncé,  "  entrepris  un  travail  moderne  avec 
l'esprit  qui  régnait  aux  beaux  jours  de  l'imprimerie  ".  Deux  modèles 
spéciaux  de  caractères  ont  été  dessinés  pour  la  Merrymount  Press,  et 
tous  deux  sont  parmi  les  plus  heureux  qu'on  ait  créés  en  Amérique.  Le 
modèle  "  Montallegro  ",  composé  par  Herbert  P.  Horne,  de  Londres, 
est  employé  pour  les  volumes  de  la  "  Bibliothèque  d'humanités  "  publiés 
par  M.  Updike,  et  dont  une  page  est  reproduite  ici  (p.  265) .  Au  sujet  de 
ce  caractère,  X<iAthénée  de  Londres  dit  :  "Nous  sommes  portés  à  trouver 
que,  non  seulement  c'est  la  meilleure  de  toutes  les  tentatives  entreprises 
à  la  suite  de  la  renaissance  de  l'art  d'imprimer  amenée  par  Morris,  mais 
encore  que  cette  fonte  est  supérieure  à  toutes  celles  du  quinzième  siècle 
dont  l'étude  a  donné  lieu  à  cette  renaissance.  Elle  est  .  .  .  absolument 
exempte  d'affectation  ...  et  les  proportions  des  lettres  présentent  une 
telle  harmonie  que  chaque  page  est  une  œuvre  de  beauté.  Nous  regret- 
tons qu'il  ait  été  réservé  à  un  imprimeur  américain  de  créer  une  fonte 
aussi  admirable.  .  .  .  C'est  la  première  fois,  à  notre  époque,  que  l'on  pro- 
duit une  fonte  qui  satisfait  à  la  fois  aux  exigences  pratiques  et  esthé- 
tiques. M.  Horne  a  résolu  un  problème  qui  s'était  posé  depuis  que  l'on 
avait  recommencé  à  considérer  l'imprimerie  comme  un  art".  M  Le  carac- 
tère "  Merrymount",  dessiné  par  Bertram  Grosvenor  Goodhue,  est  in- 
spiré de  modèles  du  XV^  siècle,  et  a  été  l'objet  d'appréciations  favorables. 
260 


La  "Sainte  Bible"  et  la  "Vie  de  Benvenuto  Cellini  ",  dont  nous  repro- 
duisons des  pages  (p.  269), donnent  une  idée  des  caractères  employés  et 
des  méthodes  typographiques  appliquées  dans  cette  imprimerie.  Jf 
L'auteur  de  cet  article  n'aurait  pas  osé  ajouter  son  modèle  "  Huma- 
nistic"  si  ce  dernier  n'avait  été  considéré  par  les  spécialistes  en  typo- 
graphie comme  un  essai  tenté  d'une  manière  toute  particulière.    Les 
caractères  primitifs  étaient,  comme  l'on  pense  bien,  imités  de  la  calli- 
graphie de  l'époque  ;  mais  l'art  de  l'écriture  n'atteignit  son  apogée 
qu'après  la  découverte  de  l'imprimerie,  avec  les  manuscrits  du  temps 
des  humanistes.     Ce  caractère  est  donc  inspiré,  non  pas  d'un  modèle 
primitif,  mais  de  l'écriture  manuscrite  lorsqu'elle  avait  atteint  son  plus 
haut  point.    Les  pages  représentées  ici   (pp.  266  et  267)   sont  em- 
pruntées aux  "Triomphes  de  Pétrarque",  imprimés  à  la  University 
Press.   En  examinant  ces  pages  on  pourra  voir  que  le  principe  sur 
lequel  est  basé  ce  modèle  diffère  essentiellement  de  celui  d'après  lequel 
sont  établis  les  caractères  courants  d'aujourd'hui  :    c'est-à-dire  que  les 
lettres  montantes  sont  courtes  et  les  lettres  descendantes  longues.    Le 
dessin  des  lettres  suit  de  très  près  celui  des  lettres  écrites  à  la  main,  mais 
il  est  exempt  des  légères  irrégularités  qu'elles  comportent, et  qui  seraient 
déplaisantes  dans  une  page  imprimée.  Au  lieu  d'un  seul  caractère  pour 
chaque  lettre,  il  y  en  a  plusieurs,  ce  qui  donne  plus  de  variété  ;  le  com- 
positeur est  exercé  à  les  choisir   tout  comme  s'il  écrivait.    Charles 
Eliot  Norton  dit  à  ce  sujet  :    "  La  plupart  des  caractères  modernes 
n'ont  ni   fraîcheur  ni    personnalité  ;    la   nouvelle    fonte,    à   laquelle 
on   a   donné   le    nom    d'    '  Humanistic  ',    contraste  avec   les  formes 
sèches    et    raides    auxquelles    nous    sommes    habitués.     Il    y    a   une 
aisance  charmante  et  une  grâce  peu  commune  dans  ses  lignes,  qui 
sont  directement  inspirées  des  lettres  à  la  main,  tout  en  répondant 
aux  conditions  de  rigidité  qu'impose  l'impression."  JS  Parmi  les  im- 
portantes publications  imprimées  à  la  University  Press  se  trouvent  les 
volumes  décorés  par  Bertram  Grosvenor  Goodhue  et  Will  Bradley, 
deux  artistes  dont  l'œuvre  en  ce  genre  occupe  une  place  à  part.     Beau- 
coup de  créations  de  Goodhue  accusent  l'influence  de  Morris,  comme 
on  le  verra  sur  la  page  tirée  d'  "Esther"  (p.  268)  ;  mais  son  originalité 
comme  compositeur  est  bien  mise  en  évidence  avec  la  bordure  et  la 
lettrine  des  "Poésies  de  Hérédia"  qui  sont  reproduites  sur  la  même 
page.  M  Les  ouvrages  de  Bradley  sont  ceux  de  l'artiste  décorateur  le 
plus  versatile  que  l'Amérique  ait  jamais  eu.    Dans  quelques-uns  on  re- 
trouve l'influence  de  Beardsley  ;  mais  aucune  influence  ne  pouvait 
dominer  complètement  un  génie  aussi  original.    Les  deux  spécimens 
reproduits  ici  (pp.  270  et  271)  représentent  les  aspects  extrêmes  de  son 
art  :  l'un  est  dessiné  avec  une  délicatesse  et  une  exactitude  de  ligne  qui 
se  traduisent  par  une  exécution  admirable  ;  l'autre,  plus  hardi  et  plus 

261 


massif,  donne  l'impression  d'une  gravure  sur  bois.  JC  Aucun  artiste  n'a 
autant  contribué  au  progrès  de  la  typographie  américaine  que  Bruce 
Rogers.  Son  caractère  "Montaigne"  est  de  beaucoup  le  meilleur  et  le 
plus  pratique  ;  et  ses  créations  pour  la  Riverside  Press  se  distin- 
guent par  une  originalité  et  une  constante  supériorité  sur  celles 
de  tout  autre  imprimeur  américain.  Il  a  su  mieux  que  tout  autre, 
grâce  à  sa  science  des  caractères  et  à  son  talent  de  compositeur,  ex- 
primer les  principes  fondamentaux  des  maîtres-imprimeurs  d'autrefois, 
mais  en  les  adaptant  aux  conditions  de  notre  temps.  Sa  monumentale 
édition  in-folio  de  Montaigne,  dont  des  pages  sont  reproduites  ici(pp.  272 
et  273),  montre  une  harmonie  d'effet  très  appropriée  à  la  nature  du  texte 
et  à  son  époque.  Le  caractère  est  inspiré  d'un  vieux  modèle  français  ; 
pour  la  décoration  et  les  lettrines,  M.  Rogers  a  interprété  librement  les 
dessins  originaux  de  Tory,  dont  il  a  su  admirablement  conserver  l'esprit. 
Jf  Au  cours  des  cinq  dernières  années,  la  Plimpton  Press  a  beaucoup 
contribué  à  relever  le  niveau  de  l'impression  et  de  la  reliure,  en  rejetant 
fréquemment  l'usage,  observé  par  les  éditeurs,  de  fabriquer  les  volumes 
par  parties,  pour  ainsi  dire.  Il  en  est  résulté  un  changement  qui  a  amé- 
lioré la  qualité.  Lorsque  la  composition,  le  tirage  et  la  reliure  sont  exé- 
cutés séparément  par  différentes  maisons,le  résultat  de  cette  division  des 
responsabilités  est  un  abaissement  de  la  qualité.  Au  contraire,  avec  la 
méthode  de  "fabrication  complète  ",  la  marche  des  opérations,  jusqu'au 
choix  du  papier,  du  dessin  de  la  couverture  et  des  illustrations,  est 
déterminée  par  une  seule  personne.  Ainsi  l'imprimeur  est,  pour  un  bon 
nombre  de  ses  clients,  un  producteur  expérimenté,  et  il  peut  ainsi  con- 
server des  modèles,  et  réaliser  des  économies  en  achetant  les  fournitures 
par  grandes  quantités,  et  en  combinant  des  types  de  textes  et  d'illus- 
trations dans  la  fabrication.  M  L'influence  qu'un  éditeur  peut  exercer 
sur  l'art  du  livre  nous  est  montrée  par  la  série  de  classiques  publiée  par 
M.  Thomas  B.  Mosher,  sous  une  forme  ravissante,  et  à  des  prix  abordables 
pour  tous.  Ces  volumes  sont  certainement  des  témoignages  de  son  bon 
goût  et  de  son  savoir  plutôt  que  des  succès  pour  l'imprimeur  ;  car  M. 
Mosher  y  a  mis  sa  marque  personnelle  dans  le  choix  des  caractères,  des 
marges,  du  papier  et  du  format  général  de  ses  publications.  M  On  ne 
saurait  trop  estimer  les  importants  résultats,  en  ce  qui  concerne  le  pro- 
grès de  la  typographie,  que  représentent  les  deux  revues  ThePrintingArt 
(L'Art  de  l'impression)  et  The  Graphie  Arts  (Les  Arts  graphiques).  Leurs 
numéros  mensuels  ont  montré  aux  imprimeurs  ordinaires  comment  on 
peut  produire  de  l'ouvrage  qui  sorte  de  l'ordinaire,  en  leur  mettant  sous 
les  yeux  des  exemples  concrets  des  meilleures  combinaisons  comme 
caractères,  comme  papiers  et  comme  harmonies  de  couleurs.  Elles  ont 
été  extrêmement  instructives,  car  elles  ont  montré  aux  imprimeurs 
ainsi  qu'aux  clients  de  ces  derniers  comment  on  pouvait  obtenir  les 
262 


effets  désirés.  M  Parmi  ses  propres productionsJ'Amériquen'apas  beau- 
coup de  papiers  pour  impressions  très  originaux  ;  le  "Vieux  Stratford" 
est  la  seule  exception  importante.    On  ne  fabrique  actuellement,  aux 
Etats-Unis,  pas  de  papier  à  la  main,  principalement  à  cause  de  l'élévation 
des  salaires.  Aussi  est-il  plus  avantageux  de  l'importer  d'Angleterre,  de 
France  et  d'Italie.   Mais  le  "Vieux  Stratford"  est  un  produit  unique, 
on  l'emploie  beaucoup  pour  les  volumes  de  luxe,  et  pour  ceux  où  Ton 
exige  des  qualités  de  durée.  Par  contre,  pour  les  papiers  de  couverture, 
l'Amérique  a  une  production  extraordinaire,  qui  dépasse  tout  à  fait  celle 
des  autres  pays;  et  la  variété  de  choix  qu'elle  offre  aide  considérable- 
ment l'imprimeur  à  obtenir  des  résultats  artistiques.  M  La  reliure  fine, 
en  Amérique,  est  actuellement  pratiquée  par  un  petit  nombre  de  travail- 
leurs isolés, pour  la  plupart  élèves  des  grands  relieurs  anglais  et  français  ; 
et  Ton  peut  dire  que  leur  principal  titre  d'originalité  consiste  en  ce 
qu'ils  unissent  la  méthode  anglaise  de  fabrication  et  la  décoration  artis- 
tique des  Français.  La  "  Club  Bindery  "  (Atelier  de  Reliure  "  Club") ,  qui 
florissait  à  New  York  du  vivant  de  M.  Robert  Hoe,  ne  peut  guère  être 
considéré  comme  un  établissement  américain,  car  ses  meilleurs  ouvriers 
ont  été  appelés  de  l'étranger.     Depuis  la  mort  de  M.  Hoe,  l'établisse- 
ment a  cessé  d'exister,  et  les  plus  beaux  ouvrages  d'aujourd'hui  sont  faits 
par  des  femmes.  Elles  ont  beaucoup  de  talent,  mais  par  contre  le  prix 
de  la  main-d'œuvre  est  extrêmement  élevé,  et  de  plus  tous  les  cuirs  sont 
importés.  La  cherté  qui  en  résulte  oblige  naturellement  les  collection- 
neurs américains  à  continuer  d'envoyer  leurs  volumes  à  l'étranger  s'ils 
veulent  de  belles  reliures.  M  Parmi  les  artistes  dont  les  ouvrages  sont  les 
plus  estimés,  on  peut  mentionner  Miss  Sears  et  Miss  St.  John,  de  Boston, 
et  Miss  Lahey,  de  New  York.  JS  Pour  les  reliures    ordinaires,  les 
reliures  de  commerce,  on  travaille  de  plus  en  plus  à  la  machine  ;  mais 
cela  n'a  nullement  entraîné,  dans  les  bonnes  maisons,  un  abaissement  de 
la  qualité.    Les  livres  ordinaires,  en  Amérique,  soutiennent  générale- 
ment bien  la  comparaison  avec  ceux  des  autres  pays  ;  mais  il  est  parfaite- 
ment vrai  que  l'augmentation  croissante  des  prix  de  revient,  dans  toutes 
les  phases  de  l'industrie  du  livre,  oblige  parfois  les  éditeurs  américains  à 
faire  des  économies,  et  à  accepter  des  ouvrages  inférieurs  comme  qualité 
à  ce  qu'ils  auraient  accepté  il  y  a  quelques  années.   Mais  la  critique  qui 
ressort  de  cette  constatation  ne  porte  pas  sur  le  travail  des  Américains, 
elle  porte  sur  les  conditions  qui  créent  cet  état  de  choses.    Pour  les 
couvertures,  les  lettres  simples  sont  toujours  employées  pour  les  romans 
et  les  ouvrages  sérieux,  mais  on  apporte  plus  de  recherche  aux  modèles 
pour  petits  volumes  "de  saison"  ou  pour  ceux  dont  le  lancement  doit 
être  sensationnel.   Quelques  spécimens  caractéristiques  sont  reproduits 
pp.  275  et  276. 

263 


Note 


8  COLOPHONS  IN  METRE 

and  set  bis  colophon  entirely  in  capital  letters.  To 
call  attention  to  the  information  in  this  colophon 
he  put  a  broad  blank  between  each  line  so  that  the 
composition  should  bave  a  proper  relief  of  white 
space  and  be  made  more  readable. 

Hère  it  may  be  remarked  that  Jenson's  beautiful 
roman  type  could  be  used  to  advanta^e  only  in  large 
and  high-priced  books  which  were  slow  of  sale.  To 
insure  a  readier  sale  for  subséquent  books  he,  and 
Franz  Renner  too,had  toprint  tbem  upon  new types, 


Rubertus  celeber  finxit  non  parua  mînorum 
Gloria  me  fratrum  Paulo  régnante  fecûdo. 
8  Quarto  fed  Sixto  uenics  Halbrûna  alemânus 

Francifcus  Formis  ueneta  me  preffit  in  urbe 
Mille quadringentis  &  feptuagmta duobus  . 

Trom  a  book  by  Roberto  de  Litio.    Franz  Ronner,  Venice,  1472. 


much  smaller  in  size,  and  of  the  condensed  gothic 
face  or  style  then  in  favor  as  the  only  proper  char- 
acter  for  service  books  of  dévotion  or  of  theolo^. 
There  were  many  printers  in  Italy  during  the  last 
quarter  of  the  fifteenth  century  who  were  not  content 
with  the  mean  position  and  scant  wording  of  the  tra- 
ditional  colophon.  Some  of  them  tried  to  vary  the 
usual  form  of  words,  and  to  make  the  colophon  more 
attractive  by  putting  it  in  mètre.  Franz  Renner  and 
the  brothers  Speyer  of  Venice,  Ulric  Hahn  of  Rome, 
and  others  gave  to  the  reader  colophons  in  mètre 
that  call  for  merciful  criticism.  They  did  their  best. 


PAGE  FROM  "TITLE-PAGES"  (THE  GROLIER  CLUB)  PRINTED   IN 
THE  "RENNER"  TYPE  DESIGNED  BY  THEODORE  LOW  DE  VINNE 

264 


II 

THOUGHTS  ON  ART 


* 


HE  painter's  work  will  be  of  lit-  Paint- 
tle  merit  if  he  takes  the  paint-  i"g 
ing  of  others  as  his  standard,  ^^' 
but  if  he  studies  from  nature  ^""^^ 
he  wilI  produce  good  fruits;  as  ^  ^" 
is  seen  in  the  case  of  the  paint-  ç 
ers  of  tïïeage after the  Romans,  who  continued  to  vr 
imitate  one  another  and  whose  art  consequently 
declined  from  âge  to  âge.  After  thèse  came  G  iotto 
the  Florentine,  who  was  born  in  the  lonely  moun- 
tains,  inhabited  only  by  goats  and  similar  ani- 
mais; and  he,  being  drawn  to  his  art  by  nature, 
began  to  draw  on  the  rocks  the  doings  ot  the 
goats  of  which  he  was  the  keeper;  and  thus  he 
likewise  began  to  draw  ail  the  animais  which  he 
met  with  in  the  country  :  so  that  after  long  study 
he  surpassed  not  only  ail  the  masters  of  his  âge, 
but  ail  those  of  many  past  centuries.  After  him 
art  relapsed  once  more,  because  ail  artists  imi- 
tated  the  painted  picftures,  and  thus  from  cen- 
tury  to  century  it  went  on  declining,until  Tomaso 
the  Florentine,  called  Masaccio,  proved  by  his 
perfecft  work  that  they  who  set  up  for  them- 
selves  a  standard  other  than  nature,  the  mistress 
of  ail  masters,  labour  in  vain. 

59 


MERRYMOUNT  PRESS:   PAGE   FROM   "THE   HUMANISTIC   LIBRARY"   PRINTED 
IN  THE   "MONTALLEQRO"  TYPE  DESIQNED  BY   HERBERT  P.   HORNE 


265 


THE    TÎLIUMTHS    OP 
-p'ELÂNCESCO    TETÎLAÎLCH 

TLOÎLENTINE    TOET    EAUU.EATE 

TÎLANSLÂTED  BY  HENB-Y  BOYD 

WITH    AN   INTÎLODUCTION 

BY  DOCTOIL   G.U1D0  BlAÛI 

Ll  B  ÎLAILIAN    Oî    THE 

ILOYAL    MEDICEAN 

EAUÎLEKTIAN  ElBUARY 

ÎLOÎLENCE 


IMPILINTED  î=01L  L.1TTT_E   BILOWN   AND 

COmtANY    BOSTON    MASSACHUSETTS 

BY  THE  UN1VER.S1TY  PR.ESS  CAMBE.1DGE  U-S-A- 


TITLE-PAQE  FROM  "THE  TRIUMPHS  OF  FRANCESCO  PETRARCH  "  (LITTLE, 
BROWN  AND  CO.  AND  JOHN  MURRAY)  PRINTED  IN  THE  "  HUM  ANISTIC  " 
TYPE  DESIQNED  BY  WILLIAM   DANA  ORCUTT 

266 


HEÎLE  AUSTICIOUSLY  BEÛINNETH 
THE    TTLIUMTH    OV    LOVE 

BY    fîLANCESCO    TEtîLAîLCH 
PLOÏLENTINE   TOET  LAUILEATE 

PAB.T  ONE  OF  THE  TR.1UHPH  OF  EOVE 

Nel  tempo  cbs  rinnouaL  i  miei  eospiri 

HE  PATAL  MOILK 
1K&  DAWN'D  TH  AT 
BÏLOUGHT  AGAIK*  THE 
SAD  M  EMOÎLIAL  OV 
MY    ANCIENT    TAIN 

Tbatt  day,  tbe  source  oi  lotijj-protracted  woe^, 
Wben  I  beaan  tbe  plaoues  oi  \x>ve  to  knovu, 

Hyperion's  tbrone,  alona  tbe  a2:ure  field, 
13etween  tbe  spletidid  boms  of  Taurua  whccVi; 

And  from  ber  ôpotise  tbe  Queen  of  Morn  tuitbdreiv 
Her  sandaU,  qemmJi  tuitb  frost-beôpangled  detv, 

Sad  recollectxon,  riômg  ivitb  tbe  morn, 
Of  my  disastrou5  loue,  repaid  tvitb  scorn, 

*  The  anniuersary  of  April  6,  ivben  bis  passion  for  1-aura  commenced. 


PAGE  FROM  "THE  TRIUMPHS  OF  FRANCESCO  PETRARCH"  (LITTLE. 
BROWN  ANDCO.  AND  JOHN  MURRAY)  PRINTED  IN  THE  "  HUMANISTIC  " 
TYPE   DESIQNED  BY  WILLIAM   DANA  ORCUTT 


267 


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ANDREW  CAMPBELL 

TO  fiilly  appreciate  the  extent  of  Ihe  sen-ices  rendered  by  Andrew  Campbell, 
founder  of  the  Campbell  Company,  to  the  printing  art,  it  is  only  necessary  to 
imagine  for  a  moment  what  the  présent  state  of  that  art  would  be  were  it  not 
for  two,  at  least,  of  the  many  inventions  and  devices  of  which  he  was  the 
originator.  The  Two-Revolution  Press  and  the  use  of  "  hard  packing"  are  due 
entirely  to  his  ingenuity.  It  was  Andrew  CampbelPwho,  impressed  by  the  idca  that 
speed,  as  well  as  impressional  power,  might  be  made  a  concomitant  of  a  Cylinder  Press, 
invented  the  "  two-revolution  "  machine,  the  principle  of  which  is  now  in  such  universal 
use  that  the  class  has  become  the  standard  one  of  the  world.  It  was  Andrew  Campbell, 
agpin,  who  conceived  the  idea  that  a  better  resuit  could  be  obtained  if  to  the  printing 
surface  were  opposcd  a  hard  in  place  of  a  soft  and  yielding  packing.  To  put  tliis 
revolutionary  idea  into  effeet  necessitated  the  strengthening  of  the  machine  to  such  an 
extent  as  to  enable  it  to  adequately  withstand  the  increased  pressure  requisilc,  and  to 
build  a  machine  of  this  nature  cost  Campbell  a  hard  struggle  and  the  work  of  a 
number  of  years.  Eventually,  however,  he  was  victorious  ;  and  as  a  resuit  the  rubber 
blanket  and  the  felt  sheet  are  to-day  relegated  to  use  upon  newspaper  presses  alone. 
But  thèse,  though  the  chief,  are  not  the  only  advantages  the  printing  trade  owes  to 
Andrew  Campbell.  It  was  he,  for  instance,  who  invented  the  front  fly  delivery  and 
was  the  fîrst  to  deliver  the  printed  sheet  in  such  a  fashion  as  to  obviate  the  possibility 
of  the  freshly  inked  surface  corning  into  contact  with  any  part  of  the  machine.         i 

Of  Campbell's  carly  history.little  that  is  definite  is  known.  He  is  believed  to  hâve 
been  born  in  Missouri,  and  as  a  lad  to  hâve  been  apprenticed  to  a  blacksmith.  It  is 
known  that  later  on  he  appeared  in  New  York  and  worked  as  a  machinist  in  the 
printing-press  manufactory  of  A.  B.  Taylor.  It  was  while  he  was  employed  there 
that  Moses  Beach  of  the  Sun  offered  a  prizç  for  a  -successful  cylinder  press  adapted 
for  use  by  small  newspapers.  It  was  this  offer  that  led  Campbell  to  inventarûl  to 
successfiilly  develop  his  Country  Press,  which  has  subsequently  become  famous,  and  of 
which  there  are  nearly  5000  in  use  to-day. 


jg^^mc:^^/^^ 


PAGE   DESIGNED  BY  WILL  BRADLEY 
FROM   "THE  CAMPBELL  BOOK" 


270 


y4  hutorrof  NlwYo  tu^ 

fitutCSTl-*  Confàinin^  the  second parf  of  ù\e  reijn  of  TlTElk. 
THEHEADSTROHSfi  dnd  his  aallanf  ac^eVimenfs  on  fhe  Ddaœare. 

.Chaptep^I"^  In  which  îs  exhibifed  diwarlikg.  porfra'if  of 
the^r^af^  Peter^t-  and  how  (jeneral  Van  To^enbur^h 
distinguished  himself  cit  *For€  Casimir     *-^^  *^^   ^-^^ 

ITHERTO,  most  venctable  and  courtc- 
ous  reader,  hâve  I  shown  thee  the  ad- 
ministration of  the  valorous  Stuyvesant, 
undcr  the  mild  moonshine  of  peacc,  or 
rathcr  the  grim  tranquillity  of  awful 
expectation  ;  but  now  the  war-drum 
rumblcs  from  afar,  the  brazen  trumpct 
brays  its  thrilling  note,  and  the  rude 
clash  of  hostile  arms  speaks  fearful 
prophecies  of  coming  troubles.  The 
gallant  warrior  starts  from  soft  repose, 
from  golden  visions,  and  voluptuous 
I  case;  where,  in  the  dulcet,  »<  piping  time  of  peace,"  he  sought  sweet 
solace  after  ail  his  toils.  No  more  in  beauty's  syren  lap  reclined,  hc 
vveaves  fair  garlands  for  his  lady's  brows;  no  more  entwines  with  flow- 
crs  his  shining  sword,  nor  through  the  livelong  lazy  summer's  day  chants 
forth  his  lovesick  soûl  in  madrigals.  To  manhood  roused,  he  spurn^ 
the  amorous  flûte;  doffs  from  his  brawny  back  the  robe  of  peace,  and 
clothes  his  pampered  limbs  in  panoply  of  steel.  O'er  his  dark  brovv, 
where  late  the  myrtle  waved,  where  wanton  roses  breathed  enervatc 
love,  he  rears  the  beaming  casque  and  nodding  plume;  grasps  the 
bright  shield  and  shakes  the  ponderous  lance;  or  mounts  with  eagcr 
pride  his  fiery  steed,  and  burns  for  deeds  of  glorious  chivalry  ! 
But  soft,  worthy  reader  !  I  would  not  hâve  you  imagine,  that  any  />reux 
chevalier,  thus  hideously  begirt  with  iron,  existed  in  the  city  of  New- 
Amsterdam.  This  is  but  a  lofty  and  gigantic  mode  in  which  heroic 
writers  always  talk  of  war,  thereby  to  give  it  a  noble  and  imposing 
aspect;  equipping  our  warriors  with  bucklers,  helms,  and  lances,  and 
such  like  outlandish  and  obsolète  weapons,  the  like  of  which  perchancc 
they  had  never  seen  or  heard  of;   in  the  same  manner  that  acunning 


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BORDER   AND  INITIAL  LETTER  DESIGNED  BY  WILL 
BRADLEY.      FROM   "THE  CAMPBELL  BOOK" 


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INITIAL  LETTERS    DESIGNED    BY    BRUCE    ROGERS.      FROM 
"ESSAYS.OF  MONTAIGNE"  (HOUGHTON.  MIFFLIN  AND  CO.) 


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Z  Holme,  Charles  (éd.) 

276  L»art  du  livre 

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